Sommaire
Le groupe de travail PP
C’est ainsi, qu’au début des années 2000, s’est créé le «groupe de travail planches permanentes» réunion à peu près tous les 18 mois des maraîchers qui se sont lancés dans cette aventure, des techniciens qui suivent le processus : nous échangions, en salle avec photos et sur le terrain, sur nos méthodes, nos résultats, nos projets, nos échecs, etc…
Pour avoir la certitude que les planches restent toujours exactement au même endroit au fil des ans, plusieurs solutions différentes ont été mises en oeuvre sur les fermes : installation de «bornes» régulièrement réparties, de bandes fleuries pluri-annuelles, etc…
Et puis il a fallu modifier nos matériels, bien évidemment pas adaptés à cette nouvelle technique puisque travaillant tous à l’origine la largeur du tracteur voire plus, donc la planche de culture et aussi le passage de roues, chacun tentant de l’adapter à ses propres conditions et objectifs : type de terre, avec ou sans cailloux, largeur des planches, hauteur souhaitée de la butte, etc… Le tout bien sûr en fonction de la qualité de son atelier et de ses compétences de bricoleur.
Sur notre ferme
Bandes fleuries
La conversion au travail en planches permanentes a été facilitée par l’implantation des bandes fleuries qui nous ont permis, du jour au lendemain, de «figer définitivement» la place de chaque planche permanente : plus de risque de les «glisser». Et modification de l’ordre de travail des planches en abandonnant le «travail à la suite» au bénéfice de la «logique symétrique» pour minimiser au mieux les glissements.
Supprimer des bêches
N’ayant jamais labouré de sa vie, le Biau Jardinier pas eu besoin de sevrage ni de revendre une charrue. Il a commencé l’aventure de la conversion en planches permanentes plutôt simplement : en supprimant les pelles extérieures de la bêcheuse alternative, qui travaillaient le passage de roues. Cette simple modification a permis d’avoir de meilleures allées permanentes : stables, donc fiables. Mais pour ce qui concerne la fabrication des outils nécessaires, le début a été très très très laborieux. Gravement incompétent en mécanique, il a pas mal souffert.
Récup. à butteuse
Il a aussi utlisé de vieux outils, facilement trouvés d’occasion, qui avaient été utilisés un peu partout à une époque pas si lointaine :
Cadre à barres
parfois appelé «cadre Gard» (du nom de son fabricant), ou «barbentane», outil répandu dans le Sud, tant chez pas mal de maraîchers que chez ceux qui cultivaient des légumes entre des rangs d’arbres fruitiers - prune par ex - (çà ne s’appelait pas encore «agroforesterie» ou «permaculture» parce que les marchands de communication n’avaient pas encore senti le filon) et bien sûr chez les viticulteurs qui buttaient, débuttaient et griffaient leurs vignes toute l’année avec cet outil simple et polyvalent. Il a un buttoir central et 2 voire 3 paires de charrues. C’est en intervertissant leurs places que les vignerons du Midi chaussent leurs vignes, puis les déchaussent.
Cet outil a l’inconvénient d’être une charrue. Mais comme les socs sont de petite taille et souvent sans versoir ça ne bouleverse pas trop le sol. À noter que sur une charrue, si un versoir n’est pas boulonné d’origne pour un démontage facile, une meuleuse est très capable de le supprimer sans frais en cas de nécessité !. Dans ce cas, ne pas oublier de ranger le bout de ferraille ainsi récupéré dans le stock de «minerai de bricolage». Par contre, l’avantage du cadre est qu’il peut servir à d’autres usages si on remplace les charrues par des dents - existantes - de divers modèles : à ailettes, cotes de melon, etc… Un outil donc assez polyvalent que les jeunes maraîchers en cours d’installation auraient grand bénéfice à aller chercher dans les zones où ces outils étaient très communs il y a seulement 20 ou 30 ans. Mais il faut se déplacer, ce qui est bien abordable quand on est équipé d’un fourgon pour vendre sur ses marchés. Mais le Biau Jardinier a eu souvent la tristesse de constater que les jeunes installés étaient parfaitement convaincus qu’ils n’avaient pas le temps de se déplacer ailleurs pour s’y former, se renseigner, s’équiper, échanger avec des collègues. Et cela lui semble dommageable. Ma foi…
Butteuse à asperges
outil anciennement utilisé par les producteurs spécialisés du département, notamment dans les sables de Sassenay, à l’époque où ils étaient nombreux, c’est à dire avant le grignotage par les maisons individuelles.
Ce modèle correspondait bien à notre objectif de ne pas monter de buttes trop hautes parce que nos sols de Val de Seille n’en ont pas besoin. et il avait le mérite d’exister (il avait suffi d’aller le chercher chez son ancien propriétaire), de n’avoir pas coûté grand chose, et d’avoir permis la rencontre d’un professionnel avec qui les échanges ont, comme le plus souvent dans ce genre de circonstances, été fructueux.
Les inconvénients de ce modèle étaient : des disques de trop petit diamètre, et matériel conçu pour du plus petit travail dans des terres plus légères. L’arrivée du nouveau tracteur, plus puissant lui a été fatale… (à force de casse, de pièces tordues).
Fouilleuse à cultibutte
Le biau jardinier a aussi modifié quelque vieil outil existant dans sa cour pour en faire un ovni à planche permanente.
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À partir du chassis monopoutre d’une vieille «fouilleuse» de la première génération, la fameuse bêcheuse alternative a pu enfin être remisée quasi définitivement sous l’auvent, tout au fond. Tranquille.
Cette fouilleuse, le biau jardinier l’avait achetée d’occasion dans la fin des années 70 à un agriculteur bio en fin de carrière qui n’en avait plus l’usage. L’outil disposait d’un jeu de dents rigides avec soc (dites dents «déchaumeuses») ,
et un jeu de dents rigides sans soc (dites dents «sous soleuses»).
Pour la petite histoire, ou pour les amateurs d’archéologie humaine et/ou mécanique, on peut voir par ce LIEN quel fut le succès de la descendance mécanique de la fouilleuse.
Pour l’adapter à notre projet de planches permanentes, il a donc fallu :
- ajouter des poutres pour espacer assez les dents et limiter le bourrage
- ajouter des disques de buttage pour le travail superficiel des allées, remonter la terre fine de l’allée, et former le bord de planche,
- installer des réglages fiables :
roues de jauge avec leur réglage vissant repris d’une ancienne effeuilleuse à betterave fourragère,
chandelle pour le réglage du rouleau arrière qui permet de tarer la profondeur de travail sur la planche.
Mais faute de compétences, les réglages en question étaient trop laborieux pour que la solution soit viable à long terme : il fallait modifier le réglage par boulons de chaque disque d’allée lors de chaque modification du réglage de la profondeur du travail des dents droites ou de l’utilisation avec les dents à ailettes.
De plus, le Biau Jardinier savait bien d’expérience que les dents rigides ne sont pas les mieux adaptées au type de travail que nos sols demandent. Elles étaient disponibles sur la ferme et ont donc été utilisées, mais faute de mieux ; raison qui ne suffisait pas à en justifier agronomiquement l’utilisation…
Bref, les dents souples manquaient cruellement pour ameublir la planche en apportant la garantie de travail seulement en surface dans les allées aussi !
C’est le charme de l’expérimentation : on se rend très bien compte de ce qui ne va pas…
Et cela nous a permis de démarrer le travail en planche permanente ; et de profiter précocément de beaucoup des avantages de cette pratique. C’était déjà pas mal !
Mais le Biau Jardinier était bien incapable de concevoir et réaliser seul les modifications nécessaires, et bien que tout cela ait quand même permis d’avance dans la pratique des planches permanentes, cela a aussi confirmé qu’il avait vraiment besoin de se former en conception de plan, soudure, perçage, etc…
Bricovibro à vibroplanche
Une fois la planche montée à la butteuse, puis ameublie sur tout son profil par la fouilleuse, la finition se faisait au vibro.
Le modèle dispo sur la ferme, très classique, a d’abord été réduit en largeur pour s’adapter au format de la planche,ainsi que en longueur pour éviter de trop «pulvériser» la surface de la planche. Des disques réglables par boulon ont été fixés à l’avant du bâti pour remonter la terre. Pour limiter les retombées de terre fine dans l’allée, le Biau Jardinier avait fait avec ses «compétences» en soudure : une planche fixée aux dents du bord avec 2 bouts de fil de fer ! Quelques années plus tard, investisement dans deux toles pliées soudées aux dents extérieures (et miracle, çà tenait environ la saison !).
L’ajout d’un vérin hydraulique au rouleau arrière de finitiion a facilité le réglage.
Toujours les même inconvénients : difficulté à modifier le réglage de profondeur des disques avant et problèmes pour maîtriser le binage de l’allée.
C’est cet outil qui a ensuite été complété par un bâti support à l’avant et une herse étrille à la fin de l’outil pour servir aussi au semis des engrais verts. Et quand le Biau Jardinier a suivi la première formation à l’autoconstruction d’un vibroplanche, il a pu :
adapter le semoir à engrais vert sur un outil spécifique qui a été auto-construit en stage
donner ce vibro bricolé à un collègue que cet outil séduisait : recyclage.
