Colza OGM, les faucheurs volontaires en action

Communiqué de presse.

Lundi 28 novembre matin près de Dijon, soixante-dix Faucheuses et Faucheurs Volontaires ont neutralisé deux plate-formes d’essai de colza contenant des variétés rendues tolérantes à des herbicides (VrTH) issues de mutagénèse, une technique définie comme OGM par la directive européenne 2001-18, mais exclue de son champ d’application, ce qui exempte ces variétés de toute évaluation, traçabilité et étiquetage. Ces OGM se retrouvent donc cachés dans nos champs et nos assiettes.

Nous sommes aussi intervenus sur une plate-forme d’essai de Dijon-Céréales et leur avons livré une partie de notre récolte.

Reportage de FR 3 Bourgogne 28 11 2016

Depuis les premiers tournesols mutés il y a 8 ans, les Faucheurs Volontaires dénoncent le développement de ces cultures. De nombreuses démarches et mobilisations citoyennes ont fait valoir nos droits de paysans et de consommateurs à produire et à consommer sans OGM, et à sauvegarder notre patrimoine commun.

Mais l’industrie semencière continue de passer en force avec la complicité des Pouvoirs Publics, au mépris du bien commun.

Il ne nous reste que la désobéissance civile, et entre autres cette action aujourd’hui que nous assumons et revendiquons pleinement.

Nous avons ramené une partie de notre récolte de ce colza modifié à son promoteur, la coopérative Dijon Céréales. Dijon Céréales doit non seulement mettre un terme à ses essais, mais également ne plus préconiser et commercialiser les semences VrTH.

Nous demandons expressément au gouvernement la mise en place d’un moratoire sur ces variétés mutées rendues tolérantes à des herbicides.

A l’heure où se profilent d’autres OGM issus de nouvelles techniques de modification génétique, le groupe Limagrain-Vilmorin investit les lieux de décision pour que ces nouveaux OGM et leurs brevets se retrouvent eux aussi cachés dans nos jardins, nos champs et nos assiettes.

Le gouvernement doit prendre position et agir pour que ces nouveaux OGM soient soumis au principe de précaution.

Non au passage en force des OGM cachés et de leurs brevets !

Oui à la préservation de nos systèmes agraires existants, de notre santé et de notre environnement !

Oui à une alimentation choisie et de qualité !

Les Faucheurs Volontaires.
Dijon - 28 novembre

les 70 faucheurs volontaires signataires remettent la liste que chacun a signée

Pourquoi les faucheurs volontaires disent : Non aux VrTH* ! (* variétés rendues tolérantes aux herbicides)

Depuis les années 90, la grande majorité des OGM sont des plantes génétiquement manipulées pour être tolérantes à un herbicide. On le sait : le fabricant vend à la fois l’OGM et l’herbicide associé, le but affiché étant de faciliter le travail de l’agriculteur et d’augmenter les rendements.

Les premiers OGM étaient obtenus par la technique de la transgenèse c’est à dire par transfert d’un gène (en fait, une construction génétique) d’une autre espèce dans la plante cultivée. Ainsi celle-ci absorbe l’herbicide sans que cela ne la tue puisque le gène inséré lui apporte cette résistance, ce qui n’est pas le cas des mauvaises herbes qui meurent (en théorie mais en réalité, peu à peu, des résistances s’installent)  exemple du soja Round up Ready américain importé et qui nourrit les animaux d’élevage français.

Une autre de ces plantes GM est le colza qui a été cultivé en France dans les années 90. Il s’avère que celui-ci se croise facilement avec un grand nombre d’autres brassicacées, sauvages et cultivées. Le gouvernement français alerté par la profession agricole (et des fauchages !) avait alors interdit la culture des colzas transgéniques tolérants aux herbicides en raison des risques de dissémination irréversible du caractère de tolérance à herbicide introduit dans la plante GM.

D’autre part sous la pression des Faucheurs Volontaires et autres mouvements et face au rejet des OGM transgéniques par la société, les cultures de ces OGM en France ont été supprimées. Le moratoire sur le maïs Mon 810 étant redemandé et reconduit chaque année.

Cependant pour répondre aux besoins de l’agriculture industrielle, une nouvelle technique : la mutagenèse provoquée (par des agents mutagènes) a permis d’obtenir artificiellement des variétés de plantes tolérantes aux herbicides (colza, tournesol et dans une moindre mesure maïs) qui sont cultivées en France.

Ces plantes mutées VrTH brevetées sont issues de manipulations génétiques et définies comme OGM par la directive européenne 2001/18 mais exclues du champ d’application de celle-ci. De ce fait elles ne sont pas évaluées et étiquetées en tant qu’OGM. Ce qui est contraire au principe de précaution puisque ces plantes gorgées d’herbicides sont à l’origine d’huiles alimentaires que nous retrouvons dans nos assiettes. ( les polluants se fixent dans les graisses.)

Elles ont été exclues du champ d’application de la directive au motif que la mutagenèse a été traditionnellement utilisée depuis plusieurs décennies et que sa sécurité est avérée.

Les Faucheurs volontaires réfutent cet argument parce que :
[-]   les variétés mutées (non VrTH) utilisées depuis 50 ans sont des OGM qui n’ont jamais été évalués, et on a caché leur mode d’obtention artificiel aux paysans

[-]   il est démontré aujourd’hui que les VrTH mutées ont plus d’effets non intentionnels que les variétés obtenues par transgenèse, elles sont donc encore moins sûres,

[-]   la culture des VrTH ne réduit pas la quantité d’herbicides, notamment puisqu’elle permet en plus l’usage de nouveaux herbicides; et elle génère des résistances qui amèneront inévitablement les utilisateurs à augmenter les doses et à utiliser d’autres toxiques.

Nous rappelons aussi que pour le colza, les risques de dissémination du caractère de tolérance sont les mêmes que pour le colza transgénique.; les brassicacées (chou, radis, navet, moutarde, colza, etc…) s’interpollinisent très facilement. Ce sont de plus des graines rondes qui «voyagent» très facilement (il suffit pour s’en convaincre d’observer la flore «spontanée» sous les glissières d’autoroute dans les régions de grande culture…)

Nous dénonçons le passage en force des semenciers, nous dénonçons le fait qu’ils veulent nous fgaire prendre cette mutagenèse provoquée comme similaire d’un phénomène naturel : il y a tromperie des paysans et des consommateurs. Ces VrTH sont des OGM cachés. Nous dénonçons l’irresponsabilité des politiques.

Un moratoire a été demandé au gouvernement par des organisations regroupées sous le nom d’Appel de Poitiers. Après plusieurs requêtes, le conseil d’État a décidé de renvoyer 4 questions à la Cour de Justice Européenne qui en est donc saisie. Ces questions sont relatives à la réglementation des OGM mutés y compris par les nouvelles techniques et notamment vis à vis du principe de précaution.
 

Non aux OGM qu’ils soient transgéniques ou mutés

Non aux OGM cachés

Non au brevetage du vivant

Oui à une agriculture respectant l’environnement et nourissant sainement ses consommateurs comme ses producteurs.

 

Radio Bresse 29 11 2016

 

 


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