de «la médiathèque des Biaux Jardiniers» est de fournir, en complément de toutes les infos régulièrement publiées sur le blog et dans le livre de visite de la ferme, un accès à
Des sources fiables, dont plusieurs téléchargeables, souvent validées par des pratiques paysannes. Des titres de livres ou de films, des vidéos, des liens vers des sites, des émissions radio, etc…des brochures techniques ou pas, divers documents d’analyse, d’actualité, de réflexion, des chiffrages, des reportages, etc…
Les Biaux Jardiniers précisent :
Évidemment… tout n’est pas terminé… et le chantier reste en cours…
… les Biaux Jardiniers complètent peu à peu, en fonction de leurs disponibilités !La bibliothèque des Biaux Jardiniers est divisée en plusieurs chapitres :
Et non pas le petit livre rouge du grand timonier (…). En guise d’introduction générale, et écrit à destination de tout un chacun par 3 piliers de la Bio en France, «le» petit bouquin très efficace, complet et accessible, démonstration étayée d’une vision de l’agriculture à partir de ce qu’elle produit : l’alimentation (*). Une démarche globale directement issue de la bio des années 70.
(*) «Manger est un acte agricole» Wendell Berry (=> lien 1 + lien 2)
Pourquoi, une «bibliothèque paysanne» ? Ben oui, pourquoi donc un paysan se mêlerait de bibliothèque ? D’abord, c’est pas son métier !
Pourquoi donc se mêlerait il de répondre à la demande de toutes ces personnes en quête d’information sur leur nourriture et la façon dont elle est produite et en attente d’information complète et de réelle transparence, ou de celles envisageant de «changer de vie» par une installation en agriculture ?
Dans notre contexte contemporain de diffusion large et rapide apportée par internet, les Biaux Jardiniers se désolent d’entendre régulièrement dans les conversations sur l’agriculture en général et l’agriculture Biologique en particulier, voire dans les débats autour de l’agriculture, des diverses pollutionjs subies, etc… des points de vue à la fois très très tranchés et très peu fondés sur une réelle connaissance du terrain comme des règlementations. Points de vue cependant affirmés avec aplomb… Il semblerait que cela vienne en partie du succès de vidéos le plus souvent aussi belles que courtes (mais il existe aussi, dans le genre, des films plutôt longuets…), la plupart vantant - et bien évidemment vendant ! - des méthodes miraculeuses accompagnées de stages, livres, recettes de développement personnel, consolation de papillon, etc…
Pendant les dernières décades du XX ème, le sujet paysan de l’agriculture et de l’agriculture bio, ne touchait pourtant qu’une toute petite minorité…
Quand ils se sont installés en bio contrôlée, seules 2 000 fermes étaient recencées en Bio en France (SOURCE), et les Biaux Jardiniers faisaient partie des moins de 200 titulaires de la mention Nature et Progrès…). Nous étions, (de même que nos collègues en Bio à cette époque) le plus souvent considérés avec mépris, bien évidemment, par l’agriculture officielle, ses salariés et ses pratiquants. Mais aussi par les milieux associatifs ou politiques «progressistes» du haut des certitudes que leur apportait leur capacité d’analyse ou leur culture écologique livresques. Nous étions considérés comme des petits malins - voire des «ennemis de classe» - qui vendaient «aux bourgeois» (= les autres), à un prix inaccessible au salarié (= le militant progressiste parlant) ; nous profitions du manque de concurrence… qui rend la vie moins chère (au militant progressiste parlant…).
Cette répartition des rôles n’étonnera que ceux qui ne se souviennent pas que la disparition de la paysannerie française des années 1960/1970 a été pensée, organisée et réalisée par les modernisateurs progressistes des mouvements catholiques, par des techniciens illuminés par les visions de confort, de modernisation des archaïsmes, (avec l’aide de l’efficacité de la chimie notamment) etc….(Il suffit souvent à bien des administratifs de se penser au dessus du vulgaire pour simultanément se prétendre l’avant garde qui éclaire le bas peuple… et quand de plus la progression de carrière en dépend…)
C’est sans doute une des conséquences positives de la crise de la vache folle, du démontage du Mac Do de Millau, de l’incarcération des Bové, Riesel, etc… 20 années après la dénonciation de l’utilisation des hormones de croissance dans l’élevage du veau par Bernard Lambert et les collectifs de paysans-travailleurs. En effet depuis le début des années 2000, nombre de graves évènements ont fait prendre conscience aux consommateurs, et parmi eux aux progressistes, que les paysans étaient des travailleurs. Des travailleurs éventuellement même organisés, voire notamment syndiqués ! Donc prendre conscience du rôle déterminant des paysans dans la marche de la société (et par ex que la qualité de l’eau potable pouvait être déterminée par la qualité de l’agriculture). Et que la qualité de l’agriculture pouvait devenir une revendication de l’ensemble de la société, donc aussi des consommateurs.
Pour beaucoup de ces progressistes, ce fût une révélation ! aussi brutale que bien tardive : ce qu’ils mangent n’était pas uniquement un objet de consommation avec un prix bas !… Le prix bas devenant d’ailleurs un genre de revendication politico-syndicale (donc progressiste elle aussi) permettant une plus grosse consommation de loisir, vacances de rêve et voyage lointain, de sortie culturelle en longs festivals ou autre camping-car, etc…etc…: c’était aussi une nourriture, une alimentation ; produite par des travailleurs ; dans un milieu.
Prise de conscience que l’action de production de ces travailleurs agissait sur le milieu de vie de tous, urbains compris.
…mais… les paysans bio en général, et les paysans-maraîchers bio en particulier, ne consacrent (généralement) que TRÈS peu de temps - et de moyens - à la diffusion du résultat de leur expérience, à l’explication de leur pratique et de ce qu’est leur vie réelle comme leurs choix collectifs,
… mais… leurs structures professionnelles ont elles aussi bien peu de moyens pour faire connaître la réalité ! Ça n’est d’ailleurs pas directement leur mission que de faire de la pédagogie pour non agriculteurs : leurs premiers rôles sont l’échange, l’organisation collective des paysans et leur défense syndicale.
Se généralisent alors chez les consommateurs, maintenant flattés par la publicité sous le nom de «consmm’acteurs», bien des idées fausses, (par exemple faisant croire à un parallèle possible entre jardinage amateur et production maraîchère professionnelle ; ou entre éteindre la lumière en sortant et engagement citoyen ; voire entre soutien financier de fin d’année déductible du revenu imposable (quand on a la chance de l’être…) et désobéissance civile ! Et tout cela de façon fondamentalement individuelle. Ou bien le point de vue moraliste consistant à penser que si un agriculteur «traite» (avec son «gros tracteur») c’est parce que c’est un méchant qui fait du mal…
Conclusion :
honnête ( = vérifiée par le temps et / ou l’enquête sur le terrain) est donc inégal.
Les Biaux Jardiniers, de leur coté, au delà de la relation suivie avec leurs abonnés, de l’organisation au jardin de portes ouvertes (sans vente liée), voire de journées d’information technique pour professionnels (que les structures du réseau peuvent inciter à organiser chez nous) tentent de décrire sur ce site et diffuser (gratuitement) leur réalité paysanne concrète, de partager celles de leurs pratiques Bio qui «fonctionnent» et par là d’offrir non seulement à leurs abonnés de paniers mais à tout visiteur de ce site, un ensemble d’éléments suffisamment détaillés et expérimentés. (Voir aussi notre livre «visitez la ferme»).
…par l’évolution de la pyramide des âges et de la pénibilité des métiers, de plus en plus nombreuses sont les personnes ayant suivi des études supérieures et qui terminent leur carrière professionnelle en bonne santé physique comme intellectuelle et financière. Et qui ont donc tous moyens pour militer bénévolement dans le mouvement associatif.
D’autre part, par la décentralisation de l’état national, de nombreuses régions ont fait le choix choix de gestion politique de financer des postes de salariés dans des structures dites «de la société civile» lesquelles associations ont choisi pour développer leur appareil afin de répondre à la demande politique énoncée. Et donc par conséquent aussi d’en dépendre.
Il y a donc de plus en plus d›«associations» chargées de développement rural, local, durable (etc)
Ces structures, convaincues de leur savoir par donc leur seule existence même, non seulement diffusent énormément d’information ou analyse faussées par le simple fait qu’elles leur semblent validées par l’air du temps, le buzz, mais surtout (et le danger est identifié) jouent le même rôle que leur ascendants progressistes des années 1960 / 1970. Et parlent de fait au nom des producteurs eux-mêmes.
Faute de «faire de l’humanitaire» pour «aider ceux qui ne sont pas développés», on adopte le même genre de pratique paternaliste, condescendante du citoyen éclairé par les «lumières» qui va expliquer ce qu’il doit penser et faire au travailleur concerné qui ne leur semble pas assez intelligent pour autogérer lui même sa situation ! Avec la meilleure volonté et les meilleures intentions du monde ! (meilleures intentions dont nous savons que l’enfer est pavé).
Ainsi donc s’est à nouveau développé tout un secteur para-agricole progressiste visant à moderniser l’agriculture pour la rendre durable et «locale» (1). Souvenons nous que les chambres d’agriculture ont installé le même type de réseau de développement dans les années 60/70 ! Qui n’a jamais rencontré de ces «militants» au choix : naturalistes (avec treck - pédestre, évidemment à l’autre bout du monde), de l’écologie (n’ayant que fort rarement risqué le moindre capteur solaire sur le toit de sa maison pour sa douche), du développement local et de la relocalisation (n’ayant jamais entamé la moindre action productive de nourriture ou autre nécessité), etc… tous avec très peu d’analyse concrète globale des divers éléments des situations qu’ils «jugent» avant d’y intervenir.
Un des problèmes supplémentaires étant que les quelques décideurs de ces structures sont fréquemment de ceux qui ont eu, du temps de leur jeunesse, l’envie de s’installer…et n’ont jamais pris le risque de franchir le pas !
Les comités de soutien ou groupes d’appui à tel secteur, telle personne ou telle idée ont souvent réussi à se substituer au secteur, à la personne ou à l’idée. ET souvent les mêmes retraités plongés dans ce «bénévolat» se plaignent avec tristesse que «les jeunes ne se bougent pas» ou «les gens concernés ne viennent pas»… Mais comment le feraient ils dans ce contexte ?
D’autres ont même eu l’idée, en tentant de se positionner comme passage obligé entre les «consomm’acteurs» et les paysans, de s’instituer comme gardiens du temple de l’éthique agricole solidaire et équitable… tentative qui a heureusement fait long feu : les mangeurs, et peut être surtout les paysans, ont eu l’expérience de ces intermédiaires qui, en concentrant entre leurs mains l’offre «éparpillée» et la demande «éparpillée», se sont fait trop de gras sur notre dos (nos dos).
Nombreux d’ailleurs sont les jeunes maraîchers (réellement installés sur des fermes viables ET vivables) qui se sentent méprisés par tous ces discours militants progressistes, vidéos et films sur transition lente, permaculture miraculeuse, «agriculture urbaine» (sic) et autres gadgets incitant au rêve et au repli individualistes et dépolitisés, les prêches vaguement moralisateurs des «philosphes de vie» faisant riche carrière sur «l’humilité» et / ou les méthodes «agricoles» merveilleuses. Qui se sentent mépriosés par ces personnes et structures qui, en parlant et agissant en leur nom de la sorte, nient les compétences (pas uniquement professionnelles) que ces jeunes paysans bien réels développent…et en groupe !
____
(1) «agriculture locale» quelle expression bizarre, et bizarre que ce qui est au fond un pléonasme ait un tel succès médiatico-commercial, alors que toute agriculture travaille son territoire local, comme tout agriculteur travaille sur son lieu, alors que ce peut être la consommation d’un territoire (et de ses habitants) qui se trouve (le plus souvent) ne pas être du tout «locale»… Là aussi, les pros de la comm› auront réussi, par le langage à mettre le monde à l’envers ! au moins dans les esprits !! La sémantique n’est toujours pas neutre.
Cette partie de la médiathèque des Biaux Jardiniers est divisée en deux sections pour plus de facilité.
Un chapitre séparé y propose une rapide histoire de l’Agriculture Biologique, de son organisation et de son développement.
Les personnes qui :
peuvent bénéficier d’une «formation accélérée» grâce à un documentaire ET une vidéo que les Biaux Jardiniers se font un plaisir de signaler ici :
un DVD docu de 3 * 52 minutes et une vidéo de 17 minutes.
Consacrer 3 fois une heure à regarder l’incontournable DVD de Karine Bonjour et Gilles Perez «Les paysans 60 ans de révolutions», avec le commentaire de Emmanuel Laurentin. Une histoire de l’agriculture française - et de ses travailleurs - de 1945 à nos jours . Un DVD de 3 film de 52 minutes. Le site du producteur est ICI
Les Biaux Jardiniers ont l’impression qu’il n’est pas possible de faire plus complet en faisant aussi court, pas possible de faire plus précis tout en faisant aussi fluide et clair, pas possible de faire plus tolérant en faisant aussi critique, pas possible de faire aussi humain en faisant aussi technique. Bref un film transmettant information et réflexion, construit à partir de vécus de terrains (témoignages de paysans et de syndicalistes, films institutionnels anciens).
À ne surtout pas manquer si on souhaite comprendre (à partir de notre histoire et de l’analyse concrète) l’état actuel de l’agriculture française
épisode 1 «la révolution» extrait Jean Huillet
épisode 2 «la frustration» extrait
épisode 3 «la mutation» extrait
Rencontres «Osons la Bio» 2011 : Rapide (1/4 d’heure) vidéo exposant le point de vue des paysans du réseau FNAB sur les politiques agricoles menées par les divers ministres depuis 20 ans et explication de la mission de service public des agriculteurs biologiques. Rappel du président FNAB «es qualité» : sur les 20 dernières années, seuls les ministres Le Pensec et Barnier avaient osé mettre en place un début de politique de soutien à la Bio.
Le président de la FNAB s’adressant aux représentants des candidats à la présidentielle de 2012 : «vous êtes pas au niveau !»… «L’agriculture biologique n’est pas une priorité pour le ministre de l’agriculture, même si il adore manger bio, et j’en suis très fier».
Réactualisation 2018 : on peut constater que Le Foll s’est parfaitement abstenu de toute réorientation vers la Bio tout en raffolant d’éléments de langage du genre agroécologie, et que la politique de Travert a entamé la casse de la bio existante.
Deux études compètes par la même équipe, à presque 30 années d’nitervalle ; une forme de bilan (?) donc
Pourquoi faut il pleurer les paysans ? Yves Dupont
Pourquoi la modernité détruit elle les paysans ?
vidéo de la conférence de François Jarrige «les ravages de la modernisation» lors des journées 2016 de l’Atelier Paysan :
Des textes qui ne datent pas du jour (1969…), mais une analyse dont on ne peut pas dire qu’elle ait vieilli.
L’énergie fossile utilisée au transport international des denrées agricoles n’est au fond qu’une «petite» partie de toute l’énergie nécessaire à la production de l’agriculture conventionnelle : une démonstration que les militants «progressistes» omnubilés par «le local» auraient pu étudier avant d’être si bavards, mais elle n’est accesible à tous que depuis seulement 40 années…
Sans doute pas toujours le plus facile d’accès, mais certainement le livre qui fait le «tour du sujet».
a écrit la première dénonciation fondée de l’empoisonnement par les pesticides de synthèse, récemment réédité. La chercher en occasion pour bénéficier d’une édition AVEC la préface de Roger Heim (lien)
Audition du Pr R Barouki, directeur de recherche à l’INSERM
à l’assemblée nationale le 17 décembre 2017
Cet article est issu du site de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique FNAB.
Si l’histoire officielle de l’agriculture biologique commence en France en 1980 avec la reconnaissance dans la loi d’orientation agricole d’une agriculture «n’utilisant pas de produits chimiques de synthèse», l’agriculture biologique a fait son apparition en France au début des années 1950, avec le refus de l’intensification agricole et de l’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques. Depuis, cette date, son histoire – ainsi que celle des acteurs qui la composent – a été particulièrement riche.
Naissance de l’agriculture biologique
Plusieurs courants d’idées ont contribué à la naissance de l’agriculture biologique, système global de production agricole (végétaux et animaux) qui privilégie les pratiques de prévention et de gestion dans le respect des équilibres naturels plutôt que le recours à des interventions et facteurs de production d’origine extérieure issus de la chimie de synthèse. Citons entre autres les travaux sur l’agriculture biodynamique de Steiner (Allemagne), ceux d’Howard sur l’agriculture organique (Grande Bretagne) et ceux de Rusch sur l’agriculture biologique (Suisse).
Après s’être développée en Autriche, en Allemagne ou encore en Suisse et en Angleterre dès les années 1920, l’agriculture biologique fait son apparition en France au début des années 1950.
Très vite, apparaissent deux approches :
Les deux courants étaient fortement liés au refus de l’intensification agricole amorcée dans les années 1950 (et donc à l’utilisation excessive de pesticides de synthèse et d’engrais chimiques).
Deux raisons principales à ce refus :
Au début des années 1960, des alertes sont données quant aux conséquences sur la santé et l’environnement de l’agriculture intensive et des pesticides. Le livre de Rachel Carson Printemps silencieux en 1962 a un retentissement considérable.
La mise en pratique de l’agriculture biologique au début des années 1960 fait de la France un pays pionnier en la matière : le Groupement d’Agriculture Biologique de l’Ouest (GABO) est créé en 1958, il devient l’AFAB (Association Française d’Agriculture Biologique) en 1961. Deux tendances s’y dessinent :
A partir de 1968, avec le rejet par les mouvements contestataires de la société de consommation et de l’économie productiviste, naît une prise de conscience en faveur du respect de l’environnement et le souhait d’une nouvelle qualité de vie. Des projets alternatifs naissent avec une sensibilisation croissante à l’écologie. Dans les années 1970 avec un contexte de prise de conscience des limites des ressources de la planète et de crises pétrolières, alors que l’agriculture productiviste est vivement critiquée pour sa forte consommation d’énergie fossile et de plus en plus pour son caractère polluant, l’agriculture biologique commence à apparaître comme une alternative intéressante.
de structuration et recherche de garanties
Au début des années 1970 les notions de cahier des charges, de garantie et de contrôle se développent afin d’assurer une qualité définie pour le consommateur.
Lors du 1er congrès de l’agriculture biologique à Bordeaux en 1969, ses membres soutiendront le premier projet de cahier des charges en posant les bases écrites des règles de conduite d’une agriculture dite « biologique ». En 1972, le 1er cahier des charges Bio français est présenté par Nature et Progrès. Nature et Progrès impulse la création de la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (IFOAM) en 1972 avec la déclaration de Versailles. Son objectif est de coordonner les organisations actives dans le secteur Bio. Elle se dotera d’un cahier des charges «cadre» qui sert de référence au niveau mondial en tant que normes minimales que doivent respecter toutes les organisations adhérentes.
Pendant cette période, le mouvement io français se scinde en une plus d’une dizaine d’organisations ayant leur propre cahier des charges, favorisant une image «marginale» du secteur.
En France, les acteurs de l’agriculture biologique cherchent à se rassembler, en premier lieu au sein de syndicats professionnels.
La FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France) est créée en 1978 par des agriculteurs biologiques, pour porter une voix spécifique à la profession. Il s’agit de réunir les producteurs biologiques dans chaque département, au travers des GAB et GRAB, et de fédérer l’ensemble de la production indépendamment des appartenances à telle ou telle marque (à l’époque 16 marques privées structurent la Bio). A sa création, elle a pour objet «l’étude et la défense des intérêts économiques, matériels, juridiques et moraux de la profession d’agrobiologiste dont elle assure la représentation nationale et internationale».
A cette époque, l’agriculture biologique n’a pas encore réellement acquis de reconnaissance institutionnelle, mais cela ne tarde pas.
Des marques privées aux cahiers des charges français : la légitimation de la bio
Le nombre de marques privées diminue à partir de la validation par l’État français de cahiers des charges publics par production dans les années 1990 (les Cahiers des Charges Français ou CCF). Cette démarche publique permet un premier essor de l’agriculture Bio nationale. A noter que le logo national français de l’agriculture biologique (logo AB) est directement associé depuis 1985 aux cahiers des charges nationaux.
Cet encadrement réglementaire par la voie de cahiers des charges publics est original en Europe. En effet, la plupart des autres pays européens maintiennent des cahiers des charges privés, qui se regroupent parfois sous un chapeau organisationnel commun. Notons que, de façon privée ou publique, la plupart des pays de l’Union Européenne se sont dotés de règles de production supplémentaires, précisant ou renforçant le degré d’exigence pour leurs propres productions biologiques nationales (Autriche, Belgique, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni…).
Les années 80 et la consolidation du réseau FNAB…
.… en 1985, 35 groupements d’agriculteurs biologiques sont constitués le plus souvent à une échelle départementale et adhèrent à la FNAB. Les années 1990 verront sa reconnaissance institutionnelle : en 1991, sous la présidence de Jean-Pierre Bouchet, la FNAB est reconnue par le Ministère de l’agriculture comme une organisation professionnelle à vocation syndicale, au même titre que les autres syndicats de l’agriculture conventionnelle.
Les permiers règlements européens de la bio : une base commune
En 1991, le premier règlement européen sur les productions végétales biologiques est publié. Il s’impose alors sur l’ensemble du territoire européen et remplace ainsi les dispositions publiques nationales en la matière. Les 12 cahiers des charges français concernant l’élevage resteront en vigueur jusqu’à l’application, en 2000, du Règlement Européen des Productions Animales Biologiques, qui vient compléter le règlement de 1991 sur les productions végétales.
Tous les cahiers des charges ont donc disparu au 24 août 2000, date d’application du règlement n° 1804/99 sur l’élevage biologique. Ce texte reste en deçà des dispositions nationales publiques ou privées des différents pays européens. Texte socle, il ne reprend que des éléments communs aux pratiques d’élevage biologique de l’époque. En effet, l’agriculture biologique, mouvement de terrain avant tout (les pratiques Bio étant historiquement définies localement par des producteurs, des consommateurs et des transformateurs), connaît des variations assez fortes selon les pays et les conditions pédoclimatiques, du Danemark à la Grèce, notamment en élevage (accès à l’extérieur des animaux plus ou moins étendu, importance différente accordée au bien-être animal, visions divergentes de l’emploi des produits vétérinaires allopathiques…).
Si les opérateurs Bio d’Allemagne ou du Royaume-Uni voient dans ce projet de règlement une opportunité d’améliorer les échanges commerciaux tout en conservant leurs spécificités (protégées par leurs marques privées : Soil Association, Bioland…), les acteurs de la filière bio française protestent contre le nivellement par le bas qui leur serait imposé. Pour respecter la diversité des pratiques sur le territoire communautaire, un droit de subsidiarité nationale sur ce règlement (c’est-à-dire la possibilité d’ajouter des compléments ou des mesures plus strictes sur la base du texte européen) est inscrit dans le texte final. L’État français, après débat avec l’ensemble de la profession, choisit cette orientation : il s’agira du cahier des charges français dit CC REPAB F.
Les «compléments» français reprennent à l’origine une grande partie des dispositions précédemment inscrites dans les différents cahiers des charges français, en maintenant des exigences Bio d’un niveau au moins équivalent à celui des autres Signes de Qualité français. Le respect du CC REPAB F, texte officiel et obligatoire en France, est alors directement lié au droit d’usage du logo AB pour les produits animaux. La France se dote également d’outils spécifiques pour l’explication de la réglementation, à destination des organismes certificateurs et de tous les opérateurs bio : les «guides de lecture» pour les productions végétales d’une part, et pour les productions animales d’autre part.
Un développement rapide de l’élevage Bio en France suivra la publication du CC REPABF. Il se manifeste notamment par le doublement des effectifs bovins et ovins bio entre 1999 et 2001 et par un accroissement de + 18% du nombre de fermes engagées en élevage bovins allaitants, etc. Ce développement accru se trouve également favorisé d’une part, par la mise en place concomitante des CTE Contrats Territoriaux d’Exploitation, outils du développement agricole dont environ 35% des exploitations engagées en conversion bio en 2001 ont bénéficié, et d’autre part par l’augmentation de la demande des consommateurs (notamment suite à certaines crises alimentaires) d’autre part.
et le développement de la Bio
À partir de 1995, la FNAB redéfinit dans un sens positif son rôle et ses actions avec une nouvelle stratégie consistant à miser sur l’ouverture. Après consultation dans les régions, le Conseil d’Administration se donne pour but de faire sortir la Bio de sa marginalité, de la développer et de faire en sorte que les producteurs maîtrisent ce développement. La consolidation du réseau des GAB/GRAB et l’arrivée de nouveaux paysans permettent une reconnaissance accrue.
En 1998, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche lance le premier plan pluriannuel de développement de l’agriculture biologique (PPDAB). En ayant été force de propositions, la FNAB est reconnue comme l’interlocuteur des pouvoirs publics pour l’élaboration du premier Plan Pluriannuel de Développement de l’Agriculture Biologique.
et nouveau dispositif réglementaire européen : la fin de la spécificité française ?
En 2004, dans son plan de développement de l’agriculture biologique, la Commission Européenne pointe du doigt les règles nationales (publiques ou privées), coupables selon elle d’entraver les échanges entre États membres et donc le développement de l’agriculture biologique. Ce plan prévoit ainsi une révision du règlement européen de l’agriculture biologique s’inscrivant dans un triple objectif énoncé de simplification, d’harmonisation réglementaire et d’arrêt des distorsions de concurrence.
Ce processus a trouvé sa conclusion avec la mise en application au 1er janvier 2009 d’un nouveau dispositif réglementaire, présentant une architecture générale revue : un texte «cadre» définissant les grandes lignes des règles de l’agriculture biologique, et plusieurs règlements d’application fixant les éléments techniques, le tout constituant un dispositif d’un abord peu aisé et complexe. Aucune possibilité de subsidiarité n’étant ouverte conformément à la volonté annoncée de la Commission, l’essentiel du contenu du CC REPAB F a disparu à la même date, excepté les parties non couvertes par le nouveau règlement européen (cahiers des charges de quelques productions comme les lapins ou les escargots, certaines définitions et le cadre de certaines dérogations). En revanche, un guide de lecture national a été conservé, mais épuré de tout ce qui aurait pu être interprété comme une sur-réglementation nationale.
Les éleveurs bio français ont considéré ce changement comme un brusque amoindrissement des exigences réglementaires, car, si le nouveau dispositif reprend à peu de choses près les règles techniques du précédent règlement européen (REPAB), il n’intègre plus les ajouts nationaux (CC REPAB F).
Au niveau européen, les pratiques des éleveurs bio restent variées, notamment en raison de l’existence de règles privées.
Suite à une vaste consultation des citoyens européens, la Commission Européenne a proposé un nouveau texte en mars 2014. En effet, constatant une dynamique de développement du marché supérieure à celle de la production Bio, le commissaire européen Dacian Ciolos a lancé cette nouvelle révision qui devait être l’occasion de renforcer les principes de l’agriculture biologique, réduire les dérogations et rassurer le consommateur. Début 2017, le texte est en cours d’examen par le Conseil des ministres et le Parlement Européen.
La vidéo Fnab «Nourrir le monde avec l’Agriculture Bio»
On peut écouter les 5 émisssions «un autre jour est possible» (France Culture) avec Silvia Perez-Vitoria sur le thème «retour à la terre, un défi du XXI ème siècle, Elle intervient les 12 à 15 premières minutes.
La synthèse écologique
L’agroécologie bases scientifiques
La fécondité du sol
«quand t’as lu çà, tu comprends que c’est pas possible de ne pas choisir entre chimie et bio, que tu ne peux pas faire un peu des deux» avait dit le pote Yvon après avoir lu ce cadeau 2/3 ans avant de s’installer
Les 3 fiches fumure de Dominique Massenot sont ICI
«Denis La France est au maraîchage biologique du Québec ce que la racine est au légume» (dixit le ministre de l’agriculture du lieu).
LIEN vers l’Institut Technique de l’Agriculture Biologique
et en cliquant sur sa couverture ci dessous, on accède au guide ITAB des produits utilisables en BIO (et ses tableurs associés) validé par les administrations
LIEN vers l’institut de recherche de l’AB en Suisse
Grab (Bio)
LIEN vers le Groupe de Recherche en Agriculture Biologique (Avignon).
LIEN vers le Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes
LIEN vers la base de données Éphytia
LIEN vers le site de l’Atelier Paysan
Rentre dans le petit sac qu’on emmène au jardin !
Rentre dans le sac qu’on emmène au jardin !
Nouvelle édition (2008) encore moins maniable, éditée par Koppert, fournisseur d’auxiliaires. Grosse banque de photos et d’infos sur la biologie des ravageurs et auxiliaires. Reste au bureau…
Plantes attractives pour les abeilles
Céline
Christophe Bonneuil et Isabelle Goldringer, Fondation Sciences Citoyennes
Pierre-Henri Gouyon, membre du conseil scientifique du CRIGEN
SUD Recherche EPST – Branche INRA
Guy Kastler, Confédération Paysanne
Marc Dufumier professeur à AgroParisTech
Isabelle Stengers, Estelle Deléage
suivre ce LIEN pour lire I.Stengers E.Deléage «ralentir les sciences…»
B Moulia, Directeur de Recherches INRA, Membre de la Commission Recherche de la Cgt Inra :
Yves Chilliard, Directeur de Recherches INRA, Membre de la Commission Recherche de la Cgt Inra,
Jean Louis Durand, Chargé de Recherches INRA, Animateur de la Commission Recherche de la Cgt Inra,
suivre ce LIEN pour lire «le «coût de génie» de l’éduition privée
Édouard Joly : «Günther Anders, une politique de la technique» (Éditions Michalon 2017)
Plusieurs textes publiés entre 1970 et 2003. Traduction française Éditions Wildproject 2019
Bernard Charbonneau
Bernard Charbonneau Jacques Ellul
LIENHuit conférences sur le nouveau régime climatique
Amama, film basque espagnol de 2015
John Berger ? Évidemment John Berger !
dont le fils avait annoncé ainsi la mort le 02 janvier 2017 :
«Mon père John Berger est mort aujourd’hui. Sans peur ni témérité, mais attentif, désireux de connaître la suite de l’histoire. En Écrivain.»
Sa trilogie «Dans leur travail» a été annoncée à sa sortie en 1981 par Gérard Mordillat comme «le plus beau roman, écrit depuis longtemps sur la classe paysanne». Sur la page de garde de chacun des trois volumes : «Moi, je vous envoie moissonner là où vous n’avez pas labouré. D’autres ont labouré et vous êtes entrés dans leur labour. Jean 4.38 Traduction Chouraqui»
Le site Gaston Couté, c’est ICI Beauceron, Gaston Couté ( 1880 - 1911 ) est «le poète de la terre, de la condition humaine et de la liberté» , comme l’a écrit «Le P’tit Crème sur son site (ICI).
Les Biaux Jardiniers proposent ici «la paysanne» (dont extrait ci dessous)
dans sa mise en musique que Jean Foulon et Bruno Ménanger sont venus pour Le P’tit Crème nous chanter lors des 40 ans de Bio des Biaux.
On peut aussi écouter Jean Foulon (Le P’tit Crème» première manière : 1997) chanter «sur la grand› route» ci dessous
Gérard Pierron qui chante saversion de «la paysanne» dite aussi «la marseillaise des paysans» ci dessous
L’amour anarchiste c’est là :
Pour écouter «le fumier» par Bernard Gainier, le «diseux» de Meung sur Loire , il suffit d’aller, évidemment sur la page «matière organique, compost et fumier assaini» du livre de «visiter notre ferme» => LIEN
Un article du Biau Jardinier de passage à Meung sur Loire sur la tombe du grand Gaston, c’est ICI et sur sa statue c’est LÀ
Le film d’animation de Frédéric Back adaptation de «l’homme qui plantait des arbres» avec la voix de Phillipe Noiret :
«La Vie d’un simple», bien heureusement régulièrement réédité depuis deux générations.
Une manière de raconter les formes d’un quotidien
Roman autour de Le Nôtre et la création des jardins de Versailles
2019 mai
Pour lire, suivre le LIEN
2019 avril
Pour lire, suivre le LIEN
____________________
2019 mars
Pour lire suivre le LIEN
____________________
2019 février
Pour lire suivre le LIEN
____________________
2019 février
Pour lire, suivre le LIEN
____________________
2018 novembre
Pour lire, suivre ce LIEN
Jacques Caplat tient un site - accessible ci dessous par le LIEN dans l’image de sa page d’accueil. Fils d’agriculteur, agronome, auteur de livres, Jacques Caplat a été salarié de la FNAB (Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique) en charge des questions réglementaires, et à ce titre notamment animateur du groupe d’exeprt semances potagères biologiques auquel le Biau jardinier canal historiqe a eu quinze années durant un mandat comme exeprt paysan.
Jacques Caplat intervient régulièrement en conférences dans des foires Bio ou autres occasion car c’est un convaincu de l’éducation populaire :
Agnès et Christophe Jouault, maraîchers en Mayenne, tiennent leur blog de vente «des clics au potager» - accessible ci dessous par le LIEN dans l’image de leur page accueil. Nous avons fait leur connaissance quand ils nous ont téléphoné pour visiter notre jardin qu’ils avaient repéré par internet ICI et ICI.
Chantier en cours, port du casque obligatoire…mais nous y travaillons : patience !
