La belle histoire du Biau Jardin de Grannod

Le Biau Jardin de Grannod

Découvrez ici «la belle histoire du Biau Jardin de Grannod», ses travailleur(se)s et leurs méthodes : 9 chapitres qui souhaitent expliquer les 40 premières années de cette aventure agricole et humaine puisque c’est dans la fin des années 70 que Pascal Pigneret a fait un «retour à la terre» en collectif. Le Gaec de Cercot (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun), en Agriculture Biologique dès l’origine et controlé par Nature et Progès, vendait tous ses légumes bio au marché de détail (Le Creusot, Chalon sur Saône, Lyon Croix-Rousse).

Avec sa compagne Françoise et leurs deux jeunes enfants, près de 20 ans plus tard, ils ont déménagé en Bresse louhannaise pour y reprendre en 1996, sur la commune de Sornay, au lieu dit Grannod, une ancienne ferme d’élevage, démantelée et en cours d’abandon, afin d’y cultiver leur Biau Jardin. Ils ont les premières années provisoirement un peu diminué la production de légumes de façon à dégager le temps pour construire maison et grand bâtiment agricole bioclimatiques.

Puis, s’ajoutant à la vente au marché, la vente en paniers par abonnement a débuté en 1999 à Chalon sur saône, Tournus, et à la ferme. Fin 2006, ils ont abandonné totalement la vente sur marché de plein vent pour vendre toute leiur production en paniers par abonnements grâce aux adhérents lyonnais de la Guillamap.

La retraite des Biaux Jardiniers «canal historique» a permis la transmission de la ferme maraîchère à Matthieu, le plus jeune fils, qui s’est installé en janvier 2016.

C’est le début d’une nouvelle ère bio !

Un jardin 100% bio 100% paniers

 

Paysans bio depuis 1979, c’est depuis 2007 que 100% de la production de notre ferme maraîchère (TOUTE en bio) est vendue par abonnement à des paniers de légumes disponibles tout au long de l’année

  • abonnés bourguignons depuis 1999, s’engageant à un panier hebdomadaire par périodes de 8 mois,
  • abonnés lyonnais adhérents de la Guillamap depuis 2007, s’engageant par contrat de 12 mois ou 6 mois. 
  • abonnés lyonnais adhérents de l’amap Alternatibar depuis 2017, s’engageant par contrat de 12 mois ou 6 mois.

Le Biau Jardin de Grannod

En culture biologique controlée depuis 1979, c’est TOUTE (*) notre ferme qui est en bio.

Nous ne vendons plus sur les marchés, nous ne vendons plus à la demande à la ferme, nous ne vendons pas en magasin de producteurs. Nous ne vendons que en paniers par abonnement.

Ce sont donc 100% des légumes du jardin vont dans nos paniers : nos réussites de culture sont donc intégralement réparties entre nos abonnés qui en bénéficient sans augmentation de prix ; et pour nous, quel plaisir de ne jamais rien jeter ! Nos abonnés, par leur engagement, garantissent l’écoulement de toute notre production, ce qui apporte de la sérénité dans la gestion de la ferme. Nous planifions calmement les dépenses, avec l’esprit plus libre pour la production.

Les abonnés à nos paniers apportent donc un soutien concret, réel et efficace à la vie de notre ferme maraichère bio.

Les variétés de légumes sont choisies prioritairement pour leur qualité gustative et leur adaptation à nos conditions locales. Variétés adaptées, donc rusticité des légumes, donc moins de problèmes sanitaires qu’en culture maraîchère intensive. De plus, des locaux adaptés nous permettent de conserver les différents légumes selon leurs exigences particulières.

Plusieurs tunnels élargissent la gamme de salades d’hiver et de légumes de printemps.

La composition variée de nos paniers apporte donc tout au long de l’année une agréable alimentation bio et locale, de saison, diversifiée - et sans achat revente systématique (**), officiel ou parallèle. Pour en voir le détail, on peut consulter la composition des paniers distribués depuis juillet 2008 dans l’onglet «menu de la semaine».

__________

(*) contrairement à ce que la législation tolère

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(**) dans les cas - exceptionnels - contraires, les abonnés en sont informés.

La bio : nos garanties, les règlements

La bio : nos garanties

100% BIO !

Chez nous, TOUTE notre ferme est en bio. Des précisions sur la «mixité» (bientôt ici lien vers artticle «mixité» en cours de rédaction).

Rappel législatif

Dans sa grande prudence, et comme le revendiquaient toutes les organisations professionnelles et/ou associatives de l’Agriculture Biologique des années 80, le législateur a prévu que seuls peuvent faire référence aux termes «agriculture biologique» pour la vente de leurs produits les opérateurs contrôlés. L’essentiel de la facture de certification est d’ailleurs pris en charge par une subvention des conseils régionaux, ce qui est donc parfaitement logique.

L’Agence Bio

est un Groupement d’Intéret Public mis en place par les ministres de l’Agriculture et de l’Écologie du gouvernement Jospin en 2001.

http://www.agencebio.org/
Rapide présentation, LIEN 

La notification de l’opérateur (producteur, transformateur, importateur, etc…) à l’Agence Bio est obligatoire.

Son annuaire officiel (environ 56 000 opérateurs fin 2017) permet d’accéder  :

- dans un premier temps à l’opérateur certifié,

- puis au certificat, qui, SEUL, LISTE de manière exhaustive les produits certifiés en bio par l’OC (organisme certificateur) concerné.

Il y a

double procédure :

notification pour l’opérateur

ET

certification pour le produit.

«Pourquoi ces «complications administratives» ? Parce que la MIXITÉ bio / non bio est possible !

Dans la transparence (l’information est publique).

La responsabilité du consommateur est donc de se renseigner.

LIEN => MIXITÉ

 

L'annuaire de l'agence bio, en un seul lieu, l'accès à tous les opérateurs.

1 - Notification

La notification permet de constater qu’un opérateur s’est engagé dans la production (ou la transformation, ou la vente) de produits certifiés en agriculture biologique (pour tout ou partie de son activité). C’est tout cela. C’est rien que cela. Sur l’annuaire sont inscrits tous les opérateurs en bio. Y sont donc aussi inscrits tous les opérateurs qui sont en «mixité» (LIEN) comme par exemple les magasins ou artisans qui ne vendent pas que du bio. Et les producteurs partiellement en bio, (LIEN). Ceux qui font donc aussi du conventionnel.

Il est possible de faire sur l’annuaire de l’agence bio

- une recherche par opérateur pour lire le certificat de tel ou tel,

- une recherche par production,

- une recherche géographique : par département, voire par code postal ( par exemple dans un lieu où on arrive en vacances).

La transparence mise en place lors de la reconnaissance de la bio donne donc au public les moyens de démarquer le vrai du faux. Il suffit de se renseigner, et après, on sait. Mais il faut prendre le temps de se renseigner…

Notre notification sur l’annuaire officiel :

Mais pour avoir la garantie sur les poduits, cela seul ne suffit pas. Il faut lire le certificat.

2 - Certification

Le certificat donne la liste positive des produits certfiés AB de chaque opérateur notifié : ce qui n’est pas cité n’est donc pas certifié bio. Qui ne veut pas se faire rouler dans la farine doit chercher ce certificat et le lire. Complètement. Le certificat est accessible au public. C’est tout simple : sur le site de l’Agence Bio, on clique sur le lien noté en rouge sur la notification…

..et on accède au certificat de l’opérateur, qui publié sur le site de l’OC (organisme certificateur) qui le contrôle. Chez Écocert, cela se présente sous cette forme :

Le site de l'OC donne accès au certificat en cours de validité, et à quelques archives.

Et par un lien en bas à droite on peut télécharger in extenso le certificat en cours de validité.

Ainisi, chacun peut lire la liste exhaustive des produits issus de culture biologique proposés par l’opérateur.

3 clics pour obtenir la garantie que ce que le consommateur achète est conforme à ce qui lui est annoncé, c’est rapide et peu coûteux finalement ! Et la confiance peut ensuite se construire sur des bases solides : «verba volant, scripta manent» pensaient les romains. («les paroles s’envolent, les écrits demeurent» comprenaient nos ancêtres les gaulois) ; (comme maraîchers, les Biaux Jardiniers suivent eux aussi cette procédure, par exemple lors de l’achat de semence,  plants, etc…).

Parfois…

…il peut arriver que certains certificats ne soient pas accessibles : ainsi averti, le visiteur doit demander explicitement le certificat à l’organisme certificateur (OC) concerné, cela peut éventuellement éviter les confusions. Le certificat - et non la simple attestation de notification -  est non seulement un document public, mais c’est le seul document qui fasse foi lors d’une transaction commerciale. Le cas échéant, le consommateur est fondé à obtenir le certificat et ne pas se satisfaire d’une réponse «en touche», genre cet opérateur est effectivement client chez nous ; pour une raison très simple : la bio telle que pensée par ses pionniers est fondée sur la transparence.

Et seuls les margoulins ont intérêt à maintenir le flou !

Au consommateur de se comporter lui aussi de façon responsable.

Audit

Comme tous les paysans de France effectivement en bio certifiée, nous sommes audités par un des organismes certificateurs agréés par les ministères.

La bio : le double contrôle :

Un «contrôle approfondi» a lieu systématiquement une fois par an. Il comprend, en plus de la visite complète des parcelles, locaux de stockage, etc, un contrôle complet de l’ensemble de la comptabilité, des pièces assurant la traçabilité de nos pratiques. Des prélèvements pour analyse sont régulièrement effectués, sur des légumes destinés à la vente ou des intrants (fumier pas ex), etc…

Des «contrôles inopinés» ont aussi lieu, à l’initiative de l’organisme certificateur. C’est le contrôle à 150 %, ce qui signifie que pour 100 paysans certifiés dans une région donnée, 150 contrôles ont lieu chaque année. Le paysan bio qui vient d’être contrôlé ne peut donc pas se dire qu’il n’aura plus de visite de l’auditeur avant l’année prochaine…

À noter que la certification agriculture biologique est, parmi les signes de qualité - tous gérés par l’INAO ( Institut National des Appellations d’Orgine lien ici) -  le seul à offrir une telle féquence de contrôles.

Notre certificat en cours de validité est ici, cliquer pour le lire confortablement

Chez nous, TOUTES nos productions sont en BIO controlées.

Pour lire quelques infos sur les visites des auditeurs Ecocert au Biau Jardin de Grannod, suivre ce lien, ce lien, ou bien encore ce lien

La bio et ses règlements

En France

Le cahier des charges français réglementant l’agriculture biologique a été élaboré à partir de celui construit dans les années 1970 dans une optique de transparence, collectivement entre producteurs, consommateurs et techniciens agricoles organisés au sein de l’association Nature et Progrès.  La démarche d’officialisation de l’AB entreprise notamment par cette association avait abouti à la reconnaisssance officielle de 1981 (la «possibilité» d’homologation de cahiers des charges définissant une agriculture n’utilisant pas de produits de synthèse, disait la loi d’orientation agricole votée à la fin du septennat Giscard D’Estaing). A suivi la création d’organismes certificateurs acteurs économiques indépendants, la création de la marque AB propriété du ministère de l’agriculture.

Europe

Comme pour toute autre question, l’Union Européenne a entamé une harmonisation entre ses états membres. Pour lire l’ensemble des réglements définissant actuellement les règles de l’agriculture biologique, cliquer  sur le logo bio européen ci dessous :

C’est long et touffu ?

Effectivement. Alors, pour le «grand public», la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) a rédigé une synthèse :

Et le «nouveau réglement»?

En 2014 a été entamée une procédure  d’actualisations des règles européennes définissant la pratique agricole biologique. Ce futur réglement s’appliquera au printemps 2021. Pas mal de rumeurs et autres «opinions» - pas toujours désintéressées - ont abondamment circulé. Les Biaux Jardiniers proposent la vidéo explicative de la FNAB (Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique)

Mais pourquoi donc s'embêter avec des réglements ???

Par honnêteté

Pour une relation commerciale honnête et transparente entre producteur et consommateur. La certification bio est actuellement le seul système supervisé par l’état basé sur le contrôle d’un référentiel précis, qui devient ainsi le contrat commun auquel producteurs comme consommateurs peuvent se référer dans leurs relations commerciales.

Pour SAVOIR vraiment !

Mais comment ?

En effet,

Pour votre santé,

il est parfaitement normal d’exiger - et d’obtenir -  la garantie réelle par le contrôle de structures qualifiées et reconnues utilisant du personnel compétent  - que quand on achète par exemple une carotte, l’on ne se fait vendre avec ni le désherbant, ni le fongicide systémique (véhiculé par la sève pour résister aux pluies) ni les divers insecticides épandus, sur les feuilles comme dans le sol, et parmi les plus toxiques encore autorisés et utilisés en non bio - pour éliminer certains parasites de la carotte.

Pour la santé de la terre

je ne pense pas qu’il soit besoin de citer la longue liste des méfaits de l’agriculture chimique : suffit d’ouvrir de temps en temps un journal ou un bulletin d’information…

Je me permets donc de donner mon point de vue, basé uniquement sur mes compétences et pratiques agricoles et mon expérience des marchés de détail déjà longues, hélas : (privilège de l’âge…) : maraîchage en bio contrôlé depuis 1979 pour la vente directe, et vente en paniers depuis 1999. Donc avant la mode, et j’ai bien conscience que ça peut être un tort, mais je n’y peux rien, c’est comme ça.

«Garanties» fantaisistes

Fermier, durable, de terroir, raisonné, local, intégré, paysan, du coin, naturel…

il y a le choix…

Tous ces qualificatifs (et on peut en trouver d’autres !) cherchent à faire penser au consommateur (celui qui mange) que le produit alimentaire obtenu par le paysan (celui qui produit) serait de meilleure qualité que le produit dit « normal », « standard ».

Une chose est sûre : les produits agricoles étant par définition tous obtenus par des gens que selon les milieux et les époques, on appelle agriculteurs, fermiers, paysans,  l’agriculture française, ne manque pas d’imagination, au moins  pour tenter de faire oublier l’essentiel au consommateur : l’agriculture non bio pollue, et gravement. Seuls ceux qui vivent (tirent profit) de la chimie (fabricants, vendeurs, utilisateurs) essaient de faire croire le contraire.

Le drame est qu’ils y arrivent encore.

Cette arnaque intellectuelle est possible car basée sur un phénomène humain et économique qui ne date pas d’aujourd’hui puisque c’est je crois bien Galbraith, l’économiste américain de l’entre deux guerres, qui écrivait (de mémoire) tant qu’il y aura assez de gens naïfs pour croire que l’on peut faire pour moins cher quelque chose d’aussi bien, il y en  aura des petits malins pour faire fortune en abusant de leur crédulité.

Les consommateurs (égale ceux qui ne produisent pas ce que, donc, ils doivent acheter)- les producteurs sont donc aussi des consommateurs, car ils ne produisent pas tout -  préfèrent globalement se rassurer plutôt que regarder la dure réalité en face en se formant pour être capables de la comprendre.

Tous nous achetons des véhicules de plus en plus écologiques (…), vantés sur fond de vertes campagnes et blondes conductrices : où sont le bitumage, les particules lourdes des diesel, les morts, les estropiés, le bruit, le réchauffement ?

Tous, pour connaître et comprendre le monde (et donc l’agriculture aussi) nous bénéficions d’informations «précises et objectives», apportées par des médias indépendants !!! C’est ainsi que nous apprenons que les trusts de l’agrochimie ne fabriquent plus de produits de traitement, ni de fongicides de synthèse, ni d’insecticides chiumiques, ni même de phytosanitaires, mais des produits pour la protection des plantes, voire pour l’environnement des végétaux… Et on a bien sûr eu un « désherbant  écologique » créé par Monsanto, et très très employé chez les amateurs aussi, d’ailleurs…

Pour ce qui concerne l’arboriculture, le maraîchage, la viticulture (productions qui dans le même temps sont les plus polluantes en non bio et celles qui rencontrent le plus facilement directement le consommateur) de nombreuses idées reçues « traînent »  dans les têtes et sur les marchés sans aucun fondement réel.

Quelques poncifs

aussi fréquents sur les marchés qu’ailleurs.

«Je me sers chez untel, il ne traite que quand c’est nécessaire » (qui donc traite quand il pense que ce n’est pas nécessaire ?)  » et aussi chez Untel parce qu’il ne traite pas trop»  (qui donc traite trop ?)  Avec toujours cette impression qu’un « petit producteur » traite moins qu’un gros… Et pourquoi donc ? En fait, les « gros producteurs » sont souvent mieux formés et plus pointus techniquement, (donc peuvent même être plus économes en interventions)  tant au départ de leur carrière, que parce qu’ils prennent plus de moyens pour se former en cours de carrière, subissent une plus grosse pression de contrôle par le circuit long, etc… Si économiquement la spécialisation rend potentiellement plus fragile (mettre tous ses œufs dans le même panier) il est bien évident que plus l’on est spécialisé, plus on peut facilement être performant dans ce que l’on fait puisque le risque de dispersion est écarté.

«Et je vais aussi chez Untel, il n’est pas bio, mais…» et toute la validité, la précision et l’étendue de la garantie se retrouvent dans la valeur explicite, précise, pédagogique,contractuelle et contraignante… des points de suspension !

«Et Untel ? Il est très sympa : il est presque bio ! » Poncif très en vogue depuis quelques années dans les milieux associatifs progresistes urbains ou péri-urbains qui ont découvert il y a asez peu le rôle et l’importance, voire l’organisation et le dynamisme, de l’agriculture et du milieu rural.

Tous les raisonnements de ce genre sont basés sur l’idée que les traitements chimiques de synthèse seraient faits non pas par nécessité agronomique mais par un genre de méchanceté humaine… Pour certains, le fait qu’un « petit producteur » vienne au marché en bleu de travail, les mains très visiblement jamais protégées par des gants, un sourire avenant, voire pour couronner le tout, un fourgon assez usé pour fumer bien noir, et, bien sûr, un discours du terroir, serait la garantie, non seulement que les légumes en vente ont tous été cultivés par lui (ce qui est très très très rarement le cas), mais qu’en plus, il travaillerait « de façon plus bio » .

Il y a, dans le genre, des spécialistes de la vente d’œufs d’élevage hors-sol présentés en panière d’osier sur de la paille…ce que d’ailleurs rien ne semble interdire.

Au sujet des apports d’engrais (solubles et chimiques bien sûr chez les non bio), sont ils  nombreux les producteurs qui font régulièrement des analyses de sol pour adapter leur fumure de fond, des tests azote systématiques avant d’en remettre un peu pour que ça pousse plus…etc. ?

Cet état permanent de tromperie potentielle dont sont victimes les consommateurs ne perdure que grâce à leur manque de connaissances : il me semble qu’il leur faut donc, avant de prétendre jauger ce qui se passe chez un producteur, se former ( quitte à oser se faire aider ! ) afin d’avoir le minimum de connaissances pour ne pas se faire rouler dans la farine par le flou des affirmations facilement avancées - et rarement contestées -  face à un public trop peu averti.


C’est de mon point de vue le principal intérêt des «  portes ouvertes » sans vente que de permettre au paysan bio d’avoir une action pédagogique qui apporte une réelle formation : encore faut-il bien sûr que tout le monde en accepte les conséquences.

L’agriculture biologique

par contre, se réfère à un cahier des charges précis,  qui définit une pratique agricole agronomiquement cohérente par une liste détaillée d’autorisations et d’interdictions .

Ce cahier des charges est homologué par l’état. Le respect de ce cahier des charges chez chaque producteur est vérifié régulièrement par un des organismes certificateurs agréés par l’état, lors de visites de contrôle (qui peuvent être inopinées). Il y a plusieurs organismes certificateurs ; la qualité de leur travail est supervisée par un organisme d’état.

L’usage du terme « agriculture biologique » pour signifier la qualité d’un produit agricole est donc réservé exclusivement aux produits des personnes notifiées et certifiées en AB.

Tout produit issu de l’agriculture bio doit au minimlum comporter sur son étiquetage le le code de  l’OC (organisme certificateur).

C’est je pense la condition minimum indispensable pour  espérer établir une relation équitable avec le consommateur.

Toutes les appellations folkloriques du genre « presque bio » « qui tend vers le bio » (j’ai même croisé sur un marché « en route vers la bio ») etc… sont non seulement sans valeur mais interdites, raison pourquoi les petits malins  les utilisent plutôt oralement pour enfumer le naïf : aucun producteur ne s’aventure longtemps à donner ce genre de « garanties » par écrit.

Qui paie la facture ?

A noter que les frais de certification, à la charge du producteur bio, sont depuis peu en bonne partie subventionnés par la plupart des Conseils régionaux ( le Conseil régional de Bourgogne à 80% pour les fermes à 100% en bio, tous les Conseils généraux de notre région apportant une aide de complément, sauf celui de la Saône et Loire…).

L’époque du » non pollueur égale payeur » a duré bien trop longtemps, et ces aides publiques nous semblent absolument normales, du moins tant que les agriculteurs en chimie ne seront pas obligés de fournir à leurs clients (grossistes, marché de détail ou amap non bio) et dans un souci de saine transparence,  la liste précise, (et datée, puisqu’il y a des délais avant récolte) des pesticides chimiques de synthèse appliqués sur chacune de leurs productions.

Très rapide petit historique du règlement bio

Cahier des charges et  système de contrôle indépendant existaient bien avant la reconnaissance officielle de l’agriculture biologique (avril 1981) par le gouvernement français. Ils avaient été mis en place par les structures syndicales, professionnelles et associatives de l’agriculture biologique hors de toute emprise commerciale (et je suis très heureux d’y avoir joué mon petit rôle, dit le vieux c…)

(Il est facile de comprendre que c’étaient avant tout les professionnels de l’AB qui avaient intérêt à pouvoir prouver au consommateur la réalité et l’honnêteté de leur pratique, puisque eux seuls n‘utilisent aucun engrais chimique ni pesticide de synthèse, tous les autres agriculteurs en utilisant…et qu’ils ont besoin pour vivre d’obtenir la confiance du consommateur. qui ne peut accepter de financer un surcoût sans un minimum de garanties. Dès ce moment l’acheteur a donc eu la possibilité de demander au « sympathique producteur local qui traite pas » pourquoi il n’était pas contrôlé en bio, ce qui ouvrait, et ouvre encore, d’ailleurs, et à grand volume, le robinet à c…ries).

Bien sûr, tout n’est pas irréprochable dans les règlements, leur application, le contrôle, etc. et je suis le premier à m’élever contre certaines dérives possibles (je dis bien possibles, et non pas probables, avérées, ou inévitables,comme ces gens qui depuis quelques années, et prenant le train en route du haut de certitudes intellectuelles qui ne se sont pas confrontées à une quelconque pratique agricole, se lancent dans de «grands» et « beaux » discours pleins de mots et de grandes idées du genre « plus bio que bio » - on dirait un slogan de lessive ! - , tout en n’en faisant point, tous ces gens qui ont tellement d’éthique qu’ils sont bien évidemment au dessus de tout contrôle indépendant, si vulgaire et subalterne, ces gens qui tout en ayant  bien des compétences, mais non agricoles, affirment tranquillement que » Y n’est pas bio, mais…» ou que » X est presque bio » .

Et ce n’est que portées collectivement par les paysans bio organisés et la partie de la société qui les soutient que des améliorations pourraient être obtenues.

Mais toute cette réglementation a au moins le mérite d’exister, de reconnaître comme légitime, fondée, quantifiable et donc  vérifiable, la pratique agronomique des paysans bio grâce à leurs structures depuis plusieurs décennies.

De plus, cela permet aux organisations de la bio de participer à de nombreuses instances de concertation avec les ministères concernés et leurs administrations  (et je suis très heureux d’y jouer mon petit rôle, radote le vieux c…). Instances de concertation, pas de décision, bien sûr : en démocratie, le pouvoir est confié par le peuple aux élus qui eux, décident.
Cela permet aussi éventuellement d’attaquer les fraudeurs (pour mémoire, toutes les actions judiciaires d’envergure contre les fraudeurs l’ont été par et à l’initiative des organisations bio : quelle est la structure agricole non bio qui peut en dire autant ? ou bien est-ce qu’il n’y a jamais de fraude en agriculture chimique ?).

Surtout, cette action a toujours été portée et défendue par les agriculteurs bio organisés collectivement. On peut donc penser qu’ils sauront la défendre dès que besoin, en sachant se baser sur l’expérience acquise.

Mais une chose est bien certaine :

Si il était plus facile de faire de la bio, il ne se ferait sans doute pas tant de chimie !

Où et comment trouver nos paniers ?

Parce qu’acheter n’est pas un acte anodin…

…s’abonner

au panier du Biau Jardin de Grannod, c’est possible depuis 1999.

C’est pratique

pour se simplifier les courses avec en plus la garantie du frais.

Un assortiment varié de légumes frais vous est disponible toute l’année.

C’est la cuisine bio plaisir

des légumes de saison, sains et savoureux.

Le panier se compose d’une large gamme, régulièrement renouvelée, de légumes de saison, aux variétés anciennes ou modernes choisies pour leur qualité gustative. Maraîchers bio contrôlés depuis 1979, nous cultivons notre jardin selon les règles de l’agriculture biologique (sans engrais chimique ni pesticide de synthèse) certifiée (Ecocert sas).

C’est comprendre ce que l’on mange

chaque semaine, notre site vous informe : composition du panier à venir, vie du jardin et travaux de saison, etc… De plus, des conseils et recettes vous aideront à découvrir de nouvelles saveurs, et vous pourrez vous abonner à cette source d’information.

En Bourgogne

C’est simple

2 formules de paniers suivant la taille de la famille.

L’abonnement est conçu pour fonctionner sur une année complète. Payable d’avance, 59 ou 86 euros pour 4 semaines, il comprend livraison et frais de stockage occasionnés au dépôt.

Longs week-end… ? Vacances … ? L’abonnement au panier de biau jardin sait s’adapter à vos besoins : il suffit de prévenir au plus tard le lundi pour annuler le panier du jeudi suivant en cas d’absence, et l’abonnement se prolonge d’autant.

L’abonnement se renouvelle sans tracas automatiquement : il vous laisse donc toute liberté et respecte votre rythme de vie et de consommation de légumes !

La formule vous tente ??? …nous vous proposons un essai de 4 semaines.

Envoyez nous vos nom, prénom, adresse postale et mail, téléphone, composition de votre famille, ainsi qu’un chèque du montant du formùat de panier choisi, pour essayer pendant 4 semaines. Ensuite, vous pourrez vous abonner en nous faisant parvenir 8 chèques au minimum pour une année (vous vous engagez donc pour au moins 32 paniers par an). Les chèques seront encaissés au fur et à mesure de l’avancement de votre consommation de légumes, un tous les 4 paniers.

C’est la certitude d’être approvisionné chaque semaine sans autre formalité !

À la ferme

301 chemin des Ferdières 71 500 Sornay

le mercredi à partir de 15 heures. Si besoin, nous vous le conserverons en chambre froide pour que vous le preniez le jeudi.

Sur Chalon

à la boucherie Bio dans le cadre rural du Moulin de la Perche Taisey 71 100 Saint-Rémy

le jeudi à partir de 15 heures

En AMAP à Lyon

À la Guillamap

MJC Jean Macé 38 rue Camille Roy 69 007 Lyon

le mercredi de 18 h à 21 heures

Tous les renseignements pour l’adhésion, le contrat, les dates de distribution, etc…sont sur leur joli site : Guillamap.fr

À l’AlternatiBar

Alternatibar 126 montée de la Grande Côte 69 001 Lyon

le mercredi de 18 h 30 à 19 h 30

Tous les renseignements pour l’adhésion, le contrat, les dates de distribution, etc…sont sur leur joli site : amap Alternatibar

En Bourgogne comme à Lyon,

s’abonner au panier de Biau Jardin, c’est relocaliser et resdaisonner sa consommation alimentaire. C’est faire un geste concret pour la défense de l’environnement en soutenant une agriculture biologique à taille humaine, compétente, respectueuse de la nature et de ses rythmes, de ses travailleurs comme de ses consommateurs.

C’est soutenir une petite ferme. C’est un contrat de confiance réciproque entre producteur et mangeur.

Une ferme maraîchère diversifiée

Nous avons vécu 17 années de maraîchage bio sur une ferme devenue trop petite sur une commune où nous n’avions pas de possibilité d’agrandissement. De plus, la route à 3 voies qui traverse la commune devait être transformée en 2 * 2 voies, ce qui ne manquerait pas d’en augmenter les nuisances. Nous avons donc décidé de chercher notre bonheur ailleurs. Après 4 années de vaines recherches dans les Monts du Lyonnais, nous avons pu nous réinstaller en 1996 en Bresse Bourguignonne  grâce à l’investissement de 80 personnes dans un GFA : le Groupement Foncier Agricole  «des Jardins qui Chantent». C’est cette action collective qui nous a permis de trouver assez de surface pour, dans un environnement encore préservé, créer la «ferme jardinière» que nous mettions en valeur à deux (Françoise et Pascal jusqu’à leur retraite) : le Biau Jardin de Grannod. Et qui est cultivé par Matthieu depuis 2016.

 
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Nous bénéficions donc d’un environnement très diversifié avec les 14 hectares très bien groupés de la ferme,

Ce genre de ferme  avec de plus de bonnes terres plates à vocation maraîchère se rencontre beaucoup plus difficilement en zone péri-urbaine (surtout si on tient à un environnement préservé) raison pourquoi nous vivons en pleine campagne (loin des villes et aussi donc, des grands bassins de consommation).  Mais, au delà des modes,  nous pensons que c’est bien là la place des paysans : dans les campagnes ! Pour les faire vivre !!

6 hectares de prairie permanente

Notre ferme maraîchère compte 6 hectares de prairie permanente. Cette surface de prairie naturelle a pour nous de très nombreux avantages.

Cela permet tout d’abord de sécuriser la qualité biologique de nos cultures de légumes face au voisinage qui n’est pas (pas encore…) en culture biologique, grâce à la distance que cela met avec nos légumes bio ainsi qu’aux haies qui les entourent. Ils sont nombreux les consommateurs qui, pour justifier ne pas consommer bio expliquent agressivement : «et puis d’abord, ce que vous faites çà peut pas être bio, puisque votre voisin, et ben, il vous pollue ! alors, c’est pas la peine, hein ?»  Nous avons fait le choix d’investir financièrement dans un peu de sécurité foncière, en attendant que le consommateur sus-nommé aille questionner le voisin qu’il dénonce, sur ses pratiques !

Ces prairies naturelles apportent plus de biodiversité sur la ferme. En effet, les cultures maraîchères, qui sont synonyme de travail du sol fréquent, de végétaux le plus souvent récoltés avant maturité et apparition de leur fleur et encore plus souvent de leur graine, imposent au milieu une présence humaine (et souvent mécanique) quotidienne. Le calme et la flore des prairies naturelles amènent automatiquement la présence d’une autre faune, différente de celle du jardin. Cela participe à l’équilibre biologique de l’ensemble de notre ferme.

Ces prairies naturelles apportent de la complémentarité : la possibilité de produire du foin pour des collègues en bio qui en ont besoin pour leur animaux. Ce foin est échangé, directement ou non, contre du fumier de bovins. Ce qui fait que  bien que nous n’ayons pas de cheptel ( comment TOUT faire ??? - et surtout le faire bien…) notre ferme est capable de produire la nourriture de bovins qui fertilisent notre ferme. Cela nous apporte donc un fumier de très bonne qualité. Et c’est une garantie d’autonomie dans le cycle de la fertilité de nos sols : la dépendance au commerce et à l’industrie des fertisants organiques est en partie remplacée par les échanges ou le commerce directement entre paysans.

Ces prairies apportent aussi de la fertilité au jardin. C’est un des chantiers des prochaines années : la possibilité de produire une grande quantité de matière organique fraîche pouvant servir au paillage et à la fertilisation de nos cultures maraîchères.

Cette situation paysanne de ferme maraîchère diversifiée ne peut évidemment se rencontrer qu’en étant suffisamment éloigné des grands centres de consommation urbains (qui créent une trop forte pression foncière avec les explosions de prix associées), tant pour des questions de disponibilité concrète que de possibilité de financement.

C’est au bilan global pour la qualité de nos légumes et celle de notre agronomie un bel atout de mettre en valeur ce genre de ferme ! Et une qualité de vie (campagnarde) qui nous plait. Énormément.

produire du foin

Printemps

Été

faner dans le pré-verger

andainer

bottes carrées (gain au transport du foin destiné à un producteur bio de lait de jument transformé)

                                                   

charger

et essayer d’arriver «pas trop tard »

                             

Automne

Hiver

produire de la matière fertilisante

L’herbe produite sur nos prés si elle n’est pas coupée et séchée pour en faire du foin, pourrait être broyée jeune, récoltée, puis épandue sur les planches de légumes. Si elle est épandue avant la culture, elle avoir une action de fertilisant et de stimulant de l’activité microbienne un peu équivalent à celui d’un engrais vert. Si elle est épandue après certains repiquages, elle pourrait peut-être jouer un rôle de paillage (lutte contre les herbes adventices, économie d’eau, protection de la structure du sol).

Les biaux jardiniers pensent depuis longtemps à cette technique; mais il faut avoir le matériel bien adapté qui permettrait de la mettre en oeuvre sans trop de besoin de temps de travail. Et le trouver à assez bas prix pour se permettre de tenter l’expérience. C’est en cours…

2 hectares de prairie humide

Le bassin du Louhannais a une vocation maraîchère par la qualité de ses sols limono-sableux et le potentiel d’arrosage que fournit la Seille, rivière qui prend sa source dans le Jura et se jette dans la Saône entre Tournus et Macon : à La Truchère.

La Seille attire les pêcheurs et les promeneurs. Les Biaux Jardiniers y apprécient le calme de ces ballades comtemplatives de proximité à tendance ornitho.

Notre Biau Jardin est séparé de la Seille par «la prairie».

"La brume du matin n'arrête pas le pèlerin"...

Les Biaux Jardiniers ont fait le choix de vivre dans ce milieu campagnard plutôt que près d’une ville avec sa voie de bonne circulation ou tout autre rond point facilitant la vente directe. Ce sont donc leurs tunnels qu’on aperçoit entre les arbres : «c’est pas écologique !» disent Grincheux et Prof. «Sûr sûr ??» répond le Biau.

Des bords de Seille, on aperçoit les tunnels entre les arbres.

La prairie sert de bassin d’expansion lors des crues hivernales régulières, quand la Seille sort de son lit (une ou plusieurs fois chaque hiver) elle recouvre tout ou partie de la prairie. Sa flore est typique des lieux humides.

Ces grandes parcelles plates jouent le rôle de régulateur de crues : elles permettent de ne pas ralentir l’écoulement de l’eau d’amont tout en limitant la pression sur les zones en aval.

La prairie est entretenue par l’activité agricole : paturage de fin de printemps, et surtout fauche tardive. C’est une zone «Natura 2000».

Pendant tout hiver et printemps, la prairie sert «d’éponge»…

un des avantages étant que les foins d’été y craignent bien moins la sécheresse.

Hélas, certaines parcelles moins fréquemment innondées ont été plantées en monoculture de peupliers, toutes les communes n’ayant pas fait le choix d’imposer de limltes à ces cultures qui, dans ces zones inondables, aggravent les conséquences des crues par les embâcles et ralentissements que les troncs provoquent.

Les biefs qui collectent les eaux des fossés de la commune marquent la limite de la prairie.

C’est par eux que s’évacue (un peu, beaucoup, ou pas vite du tout) la pluviométrie locale.

Les parcelles moins fréquemment inondées, qui bordent la prairie, sont elles aussi riches de biodiversité, notamment grâce à la présence de plusieurs espèces d’arbres (aulne glutineux, chêne…).

Notre jardin  est séparé  de la prairie par 2 hectares de prés inondables que les fermiers précédents faisaient pâturer en été jusqu’à il y a une quarantaine d’années. Il est fréquent que la Seille soit haute et donc ralentisse le débit des biefs qui débordent alors que la Seille n’inonde pas. Ceci rend incultivables ces parcelles en bordure de prairie. Et le foin est délicat à y faire. Nous avons donc fait le choix de gérer nos deux hectares de prairie inondable plutôt comme une source de diversité biologique naturelle. Bassin de rétention des eaux de notre drainage (LIEN), fauche tardive, entretien léger, etc… favorisent l’implantation ou le passage de très nombreux oiseaux qui sans cela ne fréquenteraient probablement pas notre jardin !

Les batraciens qui s’y installent aident à peupler le jardin de ces auxiliaires mangeurs de limaces. Les crues de la Seille ensemencent régulièrement le bassin en poisson qui attire le héron cendré, etc…

Milieu favorable aux saules et aulnes glutineux, leur entretien par coupe sélective environ tous les 12 à 15 ans permet de produire du bois de chauffage. Une fois transformé en plaquette forestière, cela permet de subvenir de manière autonome et écologique aux besoins de chaleur de ceux des locaux du bâtiment professionnel agricole qui en ont besoin, et de la maison des fermiers. Explications sur le cycle vertueux de ce mode de chauffage par ICI !

Aulne glutineux autour du bassin de rétention des eaux du drainage

Un grand nombre de végétaux (fritillaire pintade, orchidée, lèche, etc…) s’y multiplient, qui sans ce mode «improductif» de gestion de ces parcelles ne trouveraient pas leur place ailleurs.

Nous prenons soin d’y laisser se développer quelques chênes qui s’y sont implantés spontanément, mais le but n’est évidemment pas de transformer cette zone de prairie humide ouverte en bois.

Nous travaillons à respecter les caractéristiques propres de ces parcelles ouvertes, riches de la biodiversité des lieux humides situés juste en dessous du jardin.

Il nous semble que cela apporte une ambiance bénéfique pour le jardin, pour ses cultures. Et pour les Biaux Jardiniers aussi, qui sont très attachés à la qualité de leur cadre de vie.

Un demi hectare de bois

C’était un petit pré qui avait été depuis longtemps peu à peu abandonné. Y poussait un très beau chêne isolé, peut-être planté en son temps pour servir d’ombrage aux bêtes qui y pâturaient ?

La parcelle avait donc bénéficié, comme c’est fréquent, d’un semis naturel de glands ; et ils avaient pu se développer sous la protection des ronces qui avaient envahi faute d’être rognés par la dent du bétail. Ce qui confirme ce proverbe des forestiers traditionnels : «la ronce est le berceau du chêne».

Quand nous avons pu acheter cette parcelle, nous avons choisi, après qu’elle ait servi de terrain de jeu et d’aventure, de repaire à cabanes, etc… pour les jeunes ruraux du quartier, de ne pas défricher ni remettre en prairie permanente. Mais de la valoriser en bois. Nous apprenons donc à la conduire en taillis sous futaie. Le bois issu de l’entretien (élagage, balivage, etc…) n’est pas brulé sur place en pure perte (et encore moins selon la méthode «traditionnelle» du feu nourri à l’huile de vidange), mais sorti, et rangé «su’le tas d’bois». C’est un des avantages du déchiquetage (LIEN): il permet de valoriser toute la récolte, même les petits bois. 

Ces «déchets d’entretien» permettent de produire de temps en temps un petit peu de l’énergie utilisée pour le chauffage de la ferme. Énergie renouvelable donc.

Il y a aussi pas mal de robiniers faux acacias, qui donc attirent les butineurs, ce qui est très positif aussi (lien) pour la production des légumes.

Plusieurs saules et aulnes présents en bordure du chemin étaient des têtards, source de grande biodiversité, nous les entretenons comme tels.

Ce qui ajoute au charme des ballades sur le sentier balisé du chemin communal.

D’autant que, de l’autre coté, «les Biaux» ont planté une haie qui commence à être bien sympthique…

Un maillage bocager.

Plus personne ne conteste actuellement l’importance fondamentale du maillage bocager en agriculture, que ce soit du point de vue agronomique, environnemental, énergétique, écologique, climatique, biodiversité, érosion, fixation de carbone, esthétique, etc… etc… Évidemment, pas mal d’agro-productivistes parlent encore de perte de récolte en bord de parcelle, de gêne au travail, mais plutôt «en privé», ou en tout cas ne l’osent plus ouvertement «au milieu» de la société. Mais les aides financières annuelles de la PAC (qui forment l’essentiel du revenu agricole de plusieurs de ses professions) continuent à pénaliser les surfaces «immobilisées» en haies dans le calcul du montant des surfaces primables, alors la rente publique perçue baisse d’autant.

Pour les paysans-maraîchers en bio, les haies sont, dans un premier temps, et bien évidemment, indispensables pour limiter les éventuelles dérives des traitements mal maîtrisés du voisinage subventionné. Et donc éviter les risques de pertes : tout paysan bio sait que dans ce genre de cas, on se heurte très facilement au principe fondateur de l’actuelle politique agricole: le principe du polluÉ = payeur !

Loin de la haie de thuya de lotissement (véritable mur végétal issu de mono culture) ou même de maraîchage péri-urbain, la haie bocagère est par définition un ensemble varié d’espèces feuillues, de pays, en mélange, à plusieurs étages.

Les haies bocagères permettent de limiter les conséquences néfastes du vent en ralentissant sa force et en diminuant les dégâts qui vont avec. Elles fournissent un lieu propice à l’installation des insectes et mammifères auxliaires, tant pour leur nourriture, leur abri, leur repoduction que pour leurs déplacements (corridor écologique). Leur entretien fournit de l’énergie utilisable directement sur la ferme si elle choisit de fuir autant les énergies fossiles que les fissiles.
Les haies bocagères augmentent donc l’autonomie du paysan.


Elles inscrivent la pratique agricole bio dans le paysage et y favorisent une forme de tourisme «doux».

Les biaux jardiniers conseillent à ceux qui veulent mieux comprendre le rôle agronomique des haies et leurs techniques faciles de plantation, la lecture de Dominique Soltner (LIEN), qui a mené dans les années 70, l’écriture de sa collection de livres d’agriculture, particulièrement clairs et didactiques, illustrés de très nombreux dessins, photos et exemples.

un exemple de la pédagogie Soltner

Pour TOUT savoir sur le bocage et son entretien, lire «l’arbre et la haie», encore trouvable mais d’occasion

Et pour la réalisation proprement dite, le petit manuel pratique «planter des haies» (LIEN) du même Dominique Soltner.

Les biaux jardiniers proposent aussi la lecture du «référentiel sur une typologie nationale des haies» document de travail édité en 2017 et qui donne un panorama du bocage français enrichi de magnifiques photos.

 

Plantations et entretien

En arrivant sur la ferme, les Biaux Jardiniers ont, concernant le bocage, trouvé une situation qui était loin d’être désespérée ; ce fut d’ailleurs une des raisons de leur choix. Le travail a consisté :
- d’abord à se ballader pour dresser l’inventaire des espèces qui semblaient bien prospérer dans les haies existant sur la ferme et alentour, de façon à éclairer les choix,
- se tracer un plan d’ensemble (impossible de tout planter en une fois !) et solliciter les subventions accessibles. Une aide du conseil régional de Bourgogne dans le cadre de son «plan bocage» a donc financét une grosse partie des fournitures (plants, protections, paillage).
- planter des haies pour intégrer visuellement dans le milieu le bâtiment bioclimatique nouvellement construit,
- planter des haies autour des parcelles où il en manquait,
- replanter une haie là où nous avons dû en araser une sous la pression locale car elle était située (indiscutablement depuis son origine) 47 cm trop près de la parcelle voisine,
- planter là où le manque d’entretien au fil du temps avait créé des ruptures dans le maillage.

Et bien évidemment, il a fallu échelonner ce travail, et le financer… La «première tranche» avait bénéficiée de l’aide qui nous avait été accordée pour la création de la ferme. Pour la «deuxième tranche», nous avons sollicité, et obtenu, une aide du conseil régional de Bourgogne dans le cadre de son «plan bocage». Son niveau ne compensant pas les contraintes apportées, nous avons réalisé sans aides publiques les autres.

Nouvelles plantations

Planification indispensable

La préparation des lieux avant plantation demandait parfois du défrichage :

pour éliminer les ronces et autres végétations spontanées, et prendre soin de remettre ainsi en service  les fossés pour faciliter l’écoulement de l’eau, ce qui peut être bien nécessaire…

Par la suite, un suivi plus régulier permet d’en assurer un entretien «doux».

Les plants sont toujours achetés à un pépiniériste forestier professionnel, au stade dit «jeune plant». C’est non seulement la solution la plus économique (le plus souvent moins d’un euro pièce), mais de plus la jeunesse du plant garantit un taux de reprise à quasi 100% y compris en cas de plant en racine nue. Nous commandons les plants avant la saison de façon à être assurés d’obtenir toutes les espèces et la taille de plant souhaités. La livraison est programmée au plus près de la date de plantation prévue, mais de toute façon les plants sont mis en jauge pour qu’ils puissent patienter dans de bonnes conditions si les aléas météo retardent la plantation.

Préparation de sol

ronces et buisson spontanés ne suffisent pas à constituer un maillage bocager

Sur l’emplacement même des plantations, on commence par broyer la végétation pour en faciliter l’incorporation et son assimilation par le sol.

broyage de la végétation existante avant son incorporation

Dans certains cas, nous avons préféré retarder la plantation d’une année par un engrais vert étouffant.

Nous avons toujours déchaumé au moins l’été précédent la plantation pour que la terre ait le temps de bien «digérer» la végétation en place :

Plusieurs passages d’outil, espacés dans le temps, sont nécessaires pour incorporer une prairie temporaire en place depuis bien des générations. Puis la préparation profonde du sol avant plantation est assurée par la bêcheuse alternative,

faute d’avoir un cultibutte qui, à l’époque, n’était pas encore complètement inventé…


Plantation

Nous avons planté certaines haies sur une bonne couche de paille auparavant déroulée manuellement, d’autres sur feutre végétal industriel, d’autres sur toile polyéthylène. Aucune de ces solutions n’est sans défaut. Plus la solution est industrielle, plus elle est polluante, plus elle est efficace contre l’enherbement et moins elle impose ensuite de main d’oeuvre à l’entretien… (comme d’hab…!).

rouleau de feutre végétal pour paillage

Le feutre utilisé est peu confortable à la pose : lourd à étaler et délicat à «ajuster»

il est difficile à fixer

çà prend pas mal de temps, même à deux, ce qui peut être un obstacle à la replantation du bocage

car les aides financières de la région refusent de prendre en charge le temps investi par le paysan-maraîcher lui-même dans le calcul de la subvention versée.

Avant la plantation proprement dite, les plants prévus pour la demie journée sont sortis de jauge et chaque plant est muni de sa protection contre les divers rongeurs campagnards friands de jeune sève : lapins, lièvres, chevreuils…

Avec un feutre commandé pré fendu, pas besoin de reprères pour planter à la bonne place, il suffit de répartir les plants selon… le plan. Et utiliser le «plantoir normand». On l’enfonce, en position fermée, par une pression du pied jusqu’à la profondeur voulue

le "plantoir normand" en action saison 1

écarter les bras permet de faire le trou de plantation, on installe le jeune plant

on retire le plantoir, c’est facile, il est bloqué position ouverte par la bascule

on n’oublie pas de tasser du pied.

Ensuite, il suffit de continuer : haie bocagère = obstination.

plantation bocagère = obstination

Pour compléter le paillage nous avons déroulé des bottes de paille le long de la nouvelle plantation, et apporté du chanvre où la place manquait.

plantation bocagère = obstination

Mais si dans les talus d’autoroute le feutre végétal peut-être efficace (associé avec désherbage chimique avant ou après plantation), dans nos conditions humides de Bresse, et en culture biollogique, le feutre végétal n’a pas rempli bien longtemps sa mission de lutte contre l’enherbement. Et particulièrement sur une plantation (1500 arbres et arbustes quand même) le feutre a été rapidement percé.

Le chiendent attaque le feutre végétal de paillage

et la plantation a été mise en danger

Les outils adaptés en bio ont été gants, couteau, poignets, genoux.  Les biaux jardiniers ont donc investi dans plusieurs journées de désherbage manuel, auquel a participé Jean-Paul, salarié du service de remplacement.

Lequel, une fois les 400 mètres nettoyés et lors des congratulations d’usage de fin de chantier a déclaré. «Et ben, çà y est c’est fini, patron ! Mais on recommencera plus jamais, hein, patron !» L’investissement en peine a effectivement été à la hauteur de celui en temps, mais dix ans plus tard, les biaux jardiniers sont heureux de l’avoir fait :

Mais que de maux inutiles !

Pareille mésaventure est arrivée à des collègues paysans-maraîchers bio, bien décidés à ne plus resolliciter cette petite «aide» dans les conditions imposées.

Il en aura fallu, des courriers, dossiers, discusions téléphoniques pour faire comprendre à nos décideurs que si les théories de ceux parmi eux de sensibilité écologique avaient effectivement des raisons de se méfier des paillages polyéthylène, elle ne commençaient à prendre une quelconque valeur que quand elles se confrontaient avec succès à la pratique du terrain ; et sachant que théorie et pratique ne sont pas toujours partagées par les mêmes…

Depuis nos dernières plantations, est apparu un nouveau produit biodégradable industriel. À base d’amidon, il semble efficace et donner satisfaction à des collègues qui les ont utlisé avec succès.  C’est ce que les biaux jardiniers testeront lors de prochaines plantations.

Parce que l’échec de ce feutre végétal dans nos conditions n’a pas suffi à décourager les biaux jardiniers de planter : tous ces arbres,  ils trouvent çà beau, ce serait bien dommage de vivre sans, et tout le monde peut en profiter !

La bio, y'est biau !

Entretien

Au dela de la lutte contre l’enherbement, l’entretien de départ des plantations bocagères consiste à former les arbres destinés à être menés en haut jet, à recéper ceux qui doivent être menés en taillis. Les années suivantes, c’est continuer la formation des arbres de haut jet, et commencer les tailles latérales pour aider la haie à se développer plus en hauteur qu’en largeur. Ce travail a été fait les premières années de la pousse soit manuellement, soit avec une petite barre de coupe à moteur thermique .

Et les années suivantes au tracteur muni d’un sécateur.

Taille latérale au sécateur pour une bonne cicatrisation des coupes

Le mode d’action du sécateur est bien différent du broyeur d’élagage classique, qui déchire les branches par le mouvement rotatif de marteaux outil encore beaucoup utilisé, même par les collectivités locales, et qui laisse des blessures cicatrisant mal. Le sécateur, lui, agit par le mouvement alternatif d’un outil affuté qui coupe de façon très nette les branches de moins de 10 cm de diamètre, de la même façon que les anciennes barres de coupe utilisées pour les foins. La coupe est donc franche et la cicatrisation des branches rapide.

Une fois coupées, les branches tombées au sol doivent être ramassées (recyclage en énergie par production de plaquette de chauffage) ou  broyées sur place pour ne pas gêner le passage et s’incorporer peu à peu au sol près des haies (recyclage fertilisant).

C’est «l’inconvénient» de cette technique d’entretien, plus écologique et qui demande donc plus de temps.

Dès que la haie atteint 8 à 10 ans, commence la sélection : il s’agit de choisir les arbres qui sont conservés pour continuer à grandir, éliminer ceux qui en gêneraient le développement. Avec au départ les conseils d’un ami forestier, les Biaux Jardiniers ont marqué à la rainette les arbres ou les branches à éliminer : c’est l’aspect promenade d’observation.

Plus tard, ce qui a été marqué est coupé à la tronçonneuse : c’est l’aspect vroum vroum.

Et sur la durée ?

Pour l’élagage en hauteur, les biaux jardinier bricolent au début avec les moyens du bord : le matériel disponible sur la ferme.

Et quand il s’agit d’intervenir sur des arbres adultes, ils font appel à un professionnel compétent et équipé,

De même quand il s’agit de valoriser le bois coupé par les travaux d’entretien sous forme de plaquette qui permet de chauffer les locaux professionnels (courge, endive principalement) comme le logement des Biaux Jardiniers.

Le chauffage au bois ? Un bon moyen de planter et entretenir le bocage !

 

Trognes et arbres isolés

Il est de tradition dans bien des campagnes de mener des arbres en «têtards». Le têtard est un arbre dont le tronc a été taillé à environ 2 mètres de hauteur de façon à initier le développement d’un grand nombre de branches, qui sont coupées à leur base, soit à leur départ du tronc, tous les 6 à 10 ans.

Saule têtard

Ce type de conduite s’applique aussi aux «cépées», qui, en Bresse, garnissent souvent les talus qui accompagnent les petits fossés.  Ce sont souvent des aulnes glutineux. À cette différence que pour les cépées, la taille de formation comme celle d’entretien se font juste au dessus du sol. Cette pratique permettait traditionnellement de récolter assez fréquemment, et en quantité notable, assez de bois soit pour le chauffage des maisons, soit pour la production de «charbonnette» pour les fours à pain.

Au nord de notre parcelle de Biau Jardin (de Grannod, celui qui diffuse de l’info paysanne bio pratique !) de G à D aulne en cépée,  puis acacia en cépées, et enfin à droite saule en têtards. Nous ne contrarions pas l’installation du lierre qui permet en saison froide un grosse production précoce de nectar et pollen.

En bas de notre Biau Jardin (de Grannod !) à gauche aulnes glutineux menés en cépées, au milieu, acacias en cépées, à droite vieux saules menés en têtards

Les arbres ainsi conduits en têtards n’ont en général pas vocation à produire du bois d’oeuvre par leur tronc, mais principalement du bois de chauffage par leurs branches. Fragilisés par ce type d’entretien, les troncs se creusent peu à peu ; ils accueillent une grande biodiversité, tant végétale qu’animale. Les plus âgés creusent complètement et ne tiennent plus que par le liber et l’écorce.

Au Biau Jardin de Grannod…

…Maintien des trognes

Les têtards sont taillés tous les 6 à 10 ans on en récolte les branches de la tête pour ne laisser que le tronc. Dans une région humide comme la Bresse, ce sont souvent des saules et des aulnes qui sont cultivés ainsi.

Laisser trop grossir les branches c’est mettre en danger le tronc; les trognes les plus jeunes fournissent donc de plus grosses branches que les trognes les plus vieilles, plus fragiles, qui sont donc récoltées plus souvent. Mais en fonction des situations, il reste longtemps possible de transformer un têtard si on décide d’en modifier la taille pour le faire monter.

Le système de conduite en têtard convient assez bien à la production mécanisée de bois-plaquette de chauffage comme pratiqué au Biau Jardin de Grannod puisque ce mode de chauffage valorise très bien les «petits» diamètres.

Les vielles trognes de têtards entretiennent une très grande diversité d’insectes.

Et de végétaux : les fientes des oiseaux y sèment par exemple des groseilles de saule.

Et une fois les branches récoltées, çà repousse.

Mais tout a une fin; et laisser sur place chaque fois que possible les arbres morts nous permet aussi de développer toute les faune et microfaune spécifiques.

L'arbre mort, source de diversité

Biblio sur les trognes

  -  le livret «Trognes, le livret des arbres têtards» (LIEN) de l’association «arbres et paysages 32»

  -  l’article «Bienvenue chez les trognes»  (LIEN) du site «Zoom Nature», sur lequel une visite s’impose !

  -  le livre «les arbres fourragers» (LIEN) de notre ami Jérôme Goust publié aux éditions de Terran.

… Maintien d’arbres isolés

Les Biaux Jardiniers ont  fait le choix de maintenir des arbres isolés aussi au jardin. Notamment pas trop loin des tunnels dans le but d’offrir des abris permanents à des auxiliaires potentiellement rebutés par les surfaces en plastique.

Il nous semble que «çà marche» et qu’ils apportent un abri à de nombreux auxiliaires, et parmi eux les Biaux Jardiniers quand ils veulent faire une petite pause à l’ombre… Mais la gestion de leur cohabitation avec les culrures maraîchères est délicate.

6 hectares de jardin

Un jardin bocager

Le jardin est longé de plusieurs haies de feuillus de pays en mélange et de belle épaisseur principalement coté Nord et cotés voisinages.

Certaines étaient présentes à notre arrivée sur la ferme.

Et nous en avons planté d’autres, avec ou sans aides publiques, notre région étant assez peu favorisée sur ce sujet.

Ces haies sont composites : il y a un étage arbustif, un étage intermédiaire à recéper, et un étage de haut jet. Le mélange est composé d’une douzaine d’espèces feuillues de pays et de quelques petits persistants indigènes.

Plusieurs blocs…

Les 6 hectares du jardin sont principalement divisés en blocs rectangulaires.

Tout autour de chacun d’eux, une large allée enherbée permet les circulations et les manoeuvres. Ces allées sont entretenues selon le principe de la «fauche alternée» ce qui permet d’avoir simultanément, bien que des végétaux aient été broyés ou coupés, d’autres en cours de végétation, voire des tiges mûres, ce qui contribue à maintenir en permanence les populations d’insectes présentes en leur offrant le gite et le couvert, ainsi que des couloirs de circulation.

De carrés…

Chacun de ces blocs rectangulaires est divisé en carrés de culture.

Tous les carrés ont les mêmes largeur et longueur, ce qui facilite énormément la gestion des rotations culturales. Les carrés sont séparés les uns des autres par une bande fleurie permanente, source de biodiversité qui facilite l’installation pérenne des auxiliaires jusqu’à l’intérieur de chaque carré de culture. Il nous semble que cela permet de maintenir les parasites à un niveau tout à fait supportable sans recours régulier aux insecticides bio mais non sélectifs. Chaque carré de culture est en même temps une unité d’arrosage et une unité de rotation.

De 16 planches…

​Au sein de chaque carré, 16 planches accueillent chacune à leur tour les cultures prévues de l’année. Nous ne menons le plus souvent qu’une seule culture sur chaque planche chaque année, ce qui permet d’avoir le temps de pratiquer des faux semis, des occultations pour lutter préventivement contre les adventices. Et de cultiver, avant ou après, des engrais verts dérobés. Selon ses exigences propres, chaque légume est cultivé sur un, deux ou trois rangs par planche, rarement quatre, ce qui apporte assez d’aération entre chacun, donc participe à la prévention de l’apparition des maladies. 

Nous essayons d’utiliser des méthodes de travail respectueuses de la structure du sol : outils peu violents, limitation du tassement. La terre de la planche dans laquelle pousseront les végétaux n’est jamais matraquée par la roue du tracteur, jamais piétinée par le Biau Jardinier : nous travaillons en «planches permanentes» (voir plus loin dans le livre sur ce sujet), technique dans laquelle nous nous sommes lancés progressivement dès le début du millénaire.

La planche est l’unité de commercialisation : c’est son format qui correspond au nombre de paniers que nous pouvons faire chaque semaine sur toute l’année.

En rotation !

Seulement la moitié environ des carrés sont cultivés en légumes. Et donc la moitié des carrés en engrais verts pluriannuels, en place pour généralement trois années consécutives

souvent en mélanges très diversifiés

5 fabacées, 5 poacées, une dizaine d'autres espèces en

C’est une pratique agronomique garante de durabilité.

Nous avons fait ce choix pour lutter préventivement contre l’apparition de tous les problèmes de «fatigue des sols» amenés par les méthodes maraîchères intensives anciennes, basées sur la succession intensive des légumes, la culture à faible écartement, l’apport en très grosse quantité de fertilisants extérieurs à la ferme etc…qui ont fait la preuve de leur absence de résilience… et qui font pourtant - en ce moment -  le buzz !

Il nous semble que le système paysan que nous pratiquons permet d’assurer à long terme la fertilité du jardin et le bon état sanitaire des cultures. Donc la pérénnité de la ferme car notre but est aussi sa transmissibilité ! (et en bon état !).

«Nous ne sommes pas propriétaires de la terre héritée de nos parents; nous ne sommes que les locataires des générations futures.»

Un jardin fertile

De tous temps, le rôle et le travail du paysan ont consisté, pour produire de la nourriture, à entretenir et augmenter la fertilité de sa ferme en gérant au mieux les possibilités que lui offre le milieu dans lequel il se trouve.

Le Biau Jardin de Grannod

Sachant que l’essentiel du milieu où il vit : sol, climat, altitude, relief, etc…ne peut pas être fondamentalement changé par lui. Plus philosophiquement, certain agronome a pu dire que «l’art du paysan consiste à économiser ce dont il dispose et à se passer de ce dont il manque…» Il s’agit donc de comprendre par l’observation et s’adapter, de travailler avec conscience et humilité.

Observer et s’adapter

C’est ce qu’explique le tableau ci dessous, issu du travail de Yves Hérody, agronome installé à Charency, dans le Jura..(LIEN). (Merci à lui d’avoir autorisé les Biaux Jardiniers à en faire usage aussi sur ce site !) Docteur en géologie, spécialisé dans l’agronomie et la pédologie. il fait du suivi de fermes, intervient souvent dans des formations pour les groupes de paysans. Peu médiatisé (guère de vidéos disponibles par exemple), il est aussi mandaté par l’ONU sur des projets internationaux. 

Humus, Humilité, Humanité

 

Correction de l'excès d'eau

Pour pousser correctement, les légumes ont besoin d’une alimentation en eau correcte, c’est à dire «ni trop ni trop peu»… En cas d’excès d’eau, le paysan-maraîcher doit donc s’adapter…par l’utilisation des outils appropriées.

De tous temps, les maraîchers ont eu tendance à s’installer sur des terres riches d’alluvions, des limons sableux amenés par les crues près de certains fleuves et rivières, ou sur des terres de marais asséchés, d’ou le nom de maraîcher donné dès les 18 ème aux paysans qui y cultivaient des légumes. Le bassin maraîcher du Louhannais sur lequel nous sommes installés ne fait pas exception : il y a de «bonnes terres à jardin » pas loin de la Seille, rivière qui déborde et sort de son lit régulièrement. Ce qui ralentit évidemment l’écoulement des eaux en amont. Notre jardin, bien que hors zone inondable, est donc facilement gorgé d’eau en fin d’hiver, ce qui empêche la mise en culture, donc retarde beaucoup la période de produdction. Au cours de l’histoire de l’agriculture, les excès d’eau ont traditionnellement été corrigés par le modelage du sol :

- soit visant à surélever la partie de terre sur laquelle les graines seront déposées au semis : labour en billons traditionnels et modelage des parcelles par des labours en ados toujours dans le même sens de la Bresse bourguignonne. La création d’ados (ou buttes) est aussi le corollaire de l’arrosage à la raie notamment dans le Midi,

- soit visant à creuser pour évacuer l’eau : fossés en amont de la parcelle cultivée, ou régulièrement répartis sur la parcelle (cf usage de la rigoleuse, qui n’est pas comme on pourrait le croire une machine qui s’amuse beaucoup mais un outil qui crée des rigoles ).

Les maraîchers des siècles passés ont complété ces techniques par le drainage par poterie qui a été utilisé notamment dans la plupart des parcelles maraîchères des ex ceintures vertes des grandes villes (parcelles maintenant enfouies sous béton et bitume pour les constructions verticales ou horizontales). Il s’agissait d’enterrer bout à bout de petits tubes de terre cuite en fond de tranchée et d’en évacuer l’eau recueillie ainsi par un fossé d’écoulement.

Plusieurs parcelles de maraîchers de notre commune ont bénéficié de cette technique qui a cependant plusieurs inconvénients : l’impossibilité de creuser profond pour limiter la largeur de terre bouleversée par ce travail entraine la nécessité de faire des tranchées rapprochées donc nécessitant beaucoup de drains tout en n’apportant qu’un résultat moyen dû à la faible profondeur des drains; et bien sûr travail manuel très exigeant ! Une machine pour faire ce travail était fabriquée en Grande Bretagne encore dans les années 60/70.

Tout notre jardin est donc lui aussi drainé.

Ah bon ? Vraiment ?? Parce que le drainage, c’est bio ???

La technique du drainage des terres agricoles est fréquemment constestée dans les milieux écologistes (les paysans bio en sont une variété : quotidiennement engagée, et terre à terre !)  ce qui se comprend parfaitement quand on voit les conséquences de certaines réalisations. Mais il nous semble qu’il vaut mieux aller un peu plus loin dans la réflexion pour comprendre l’ensemble du problème.

Qu’est ce que l’on peut reprocher au drainage en général ? Principalement deux choses :

1 - au point de vue très local :
permettre la transformation de prairies inondables en terres de culture (souvent monoculture de maïs) ce qui y génère érosion et pollutions chimiques. Et participe à la création d’embâcles en cas de crue.

2 - au point de vue plus global
accélérer le cycle de l’eau en envoyant direct au fossé des eaux qui sinon auraient eu le temps de s’infiltrer, ce qui participe à l’assèchement de la nappe phréatique, et ce tout en aggravant les phénomènes de crues en aval.

Dans ces conditions, comment nous, paysans bio, pouvons donc drainer nos parcelles de jardin ?

1 - parce que nos parcelles de jardin ne sont évidemment pas d’anciennes prairies permanentes inondables, drainées pour pouvoir les labourer. Ce sont d’anciennes terres de polyculture élevage hors de zone inondable, dont le sol limono-sableux a une vocation maraichère (raison pourquoi un circuit collectif d’arrosage les dessert depuis 1/2 siècle).

drainage du jardin en 1995

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Pour que les légumes poussent bien, il faut des sols qui se ressuient et se réchauffent rapidement au printemps pour que les plantes trouvent les conditions propices à leur installation. C’est ce qui explique cette loi naturelle qu’il est difficile de faire pousser correctement de beaux légumes «n’importe où». L’excès d’eau empêche dans un premier temps le biau jardinier de préparer la terre pour jardiner. Puis quand (si) les légumes ont été semés ou repiqués, l’excès d’eau empêche les racines de s’implanter correctement, de descendre en profondeur, ce qui provoque des problèmes d’alimentation et de maladies. L’excès d’eau dans les terres au printemps les maintient plus longtemps froides (la plante “peine”) et trop humides (la racine, manquant d’air dans un sol asphixié car gorgé d’eau, ne peut pas descendre selon sa physiologie). Et plus tard en saison, la culture s’alimente donc mal car son système racinaire est déficient.

Le drainage permet donc aux racines de descendre correctement en profondeur.

C’est ce qui explique ce paradoxe apparent : dans un sol drainé, les plantes ont besoin de moins d’eau l’été et résistent beaucoup mieux à la sécheresse car leur système racinaire a pu descendre librement en profondeur.

2 - parce que sur notre ferme jardinière, les eaux de drainage ne sont pas envoyées aux fossés.

Valoriser une zone humide

nous les stockons dans un grand bassin creusé dans une parcelle en dessous du jardin, trop humide pour la culture, et en partie inondable.

 le bassin de rétention à l’été 1996.

Ce bassin a été créé lors de notre premier drainage à Sornay, quand nous avons préparé la mise en culture de la première parcelle de jardin, en 1995.  Le bassin a été dimensionné de telle façon qu’il ne soit jamais à sec l’été, mais que en période humide, le trop plein se répartisse sur l’ensemble de la parcelle sans jamais être raccordé au réseau des fossés. Donc sans jamais aller directement et rapidement à la rivière : toute l’eau a le temps de  s’infiltrer lentement vers la nappe.

À cause des conditions très humides autour de ce bassin, des aulnes glutineux (arbres très riches en faune auxiliaire prédatrice principalement de pucerons et araignées, donc bien utile aux cultures) se sont spontanément implantés tout autour du bassin.

/membres/images/83700288762628507/pages/drainage_bassin_arbres300marq.webp le bassin de rétention en 2009 : l’eau manque de lumière, nous coupons donc une première fois les aulnes au Sud et à l’Est du bassin de rétention pour en favoriser  l’éclairage. 

Cette zone humide attire une grande diversité de plantes, insectes, batraciens, oiseaux, qui participent à l’équilibre biologique de notre ferme.​ Y pratiquer des fauches tardives et sélectives de l’herbe permet d’entretenir la diversité de ce milieu. Cette prairie inondable n’a pas vocation à se transformer en forêt ! Ce qui n’empêche pas d’y faire un peu de bois pour la maintenir en état de prairie: lien

Même si des désastres comme celui ci dessous ne se sont heureusement pas produits tous les ans, on peut sans hésiter affirmer que le drainage de nos parcelles était nécessaire :

Drainer ne semble pas inutile !

Le drainage consiste à poser à bonne profondeur ( déterminée par la topographie des lieux ) et selon une pente régulière, des drains percés dont le but est de collecter l’eau en excédent, de l’amener dans des collecteurs qui débouchent dans un émissaire : au Biau Jardin de Grannod, c’est le grand bassin de rétention qui peut éventuellement déborder dans une prairie inondable mais n’est pas raccordé au fossé.

Pratique du drainage

Nos chantiers de drainage ont été confiés à la CUMA ( Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole ) ASTER qui avait précédemment drainé les jardins de notre première ferme au début des années 80. Les actuels 4.5 hectares de notre jardin sont maintenant drainés. Le chantier a été fait par la CUMA ASTER en deux temps : le premier en 1995 juste avant notre réinstallation à Sornay, le deuxième en 2009, quelques années avant la mise en culture d’une nouvelle parcelle de jardin. Une parcelle supplémentaire a été partiellement drainée en 2018 : la partie plate du pré-verger, dans le but de répondre à la demande des abonnés à nos paniers qui souhaitent avoir plus d’aromates et quelques légumes vivaces.

Drainage 2009

Dans un premier temps, le technicien de la Cuma est passé pour faire les relevés avec ses différents outils de géomètre pour faire le plan du drainage. On a tout arpenté avec laser, mire, etc… Il s’agit de déterminer le nombre et la place des collecteurs en fonction de la surface dont chacun devra évacuer l’eau excédentaire. De déterminer le nombre, l’espacement, la place, des petits drains. De profiter aussi du chantier pour prévoir le captage des sources, mouillères et autres fontaignies très nombreuses en Bresse. Ainsi que le captage des eaux que l’aval peut envoyer sur la parcelle à drainer par le modelé du terrain, les basses, les petites rigoles, etc…

Le chantier débute par l’amenée du matériel et le piquetage :

On reporte sur le terrain au moyen de petits piquets en bambou la place des différents éléments à enterrer. Ces bambous serviront de repère au sous soleur et à la pelle.

Le sous soleur est un engin à chenille ( moindre tassement du sol, meilleure adhérence sur sol sec ) qui met en place les drains directement à la profondeur voulue grace à une dent qui coupe le sol, sans le retourner .

Contrairement aux trancheuses, qui ouvrent une tranchée en en sortant la terre et qu’il faut ensuite remettre en place une fois le drain mis en fond de fouille. Ce qui bouleverse beaucoup plus les divers horizons du sol.

La profondeur et le pourcentage de pente déterminés au plan sont programmés sur un système laser qui asservit les réglages de la dent du sous soleur.

Une fois donc le collecteur posé dans le sens de la pente, des trous sont effectués à la pelleteuse à chenille à intervalle régulier correspondant au point de raccord pévu pour chaque drain qui traverse la parcelle en coupant le sens de la pente.

Le sous soleur positionne  sa dent au dessus du collecteur. Le drain, passé dans le guide inclus dans l’épaisseur de la dent, est maintenu en place au départ du sous soleur.

Pendant que celui ci avance et pose le drain sur toute la largeur de la parcelle,

on raccorde le drain au collecteur. Malgré le format des engins cela reste bien du travail de précision : on utilise le niveau.

Et ainsi de suite, laissant derrière lui un sol fendu, un peu remonté, mais sans bouleversement des horizons.

Une fois le chantier terminé, ça laisse une parcelle parfaitement fignolée par les gros engins de la CUMA, mais qui ne peut être travaillée par le matériel du petit maraîcher diversifié :

Drainage 2018

Pour lire l’article sur le drainage 2018, avec bien sûr photos, mais aussi VIDÉO (mâtin, quel site…) il faut suivre ce LIEN

Reprise après drainage

Et une fois que la parcelle est drainée, que tous ces gros engins ont quitté les lieux, il faut reprendre le sol pour le mettre en culture. À notre avis, mieux vaut ne pas mettre la parcelle drainée en légume immédiatement après drainage : nous préférons cultiver un engrais vert avant de monter nos planches permanentes.

Pour nous, l’objectif est double :

- mettre en valeur l’ensemble du travail de fissuration effectué par le passage de la dent du sous soleur. Nous semons donc un engrais vert pluri-annuel, mélange de légumineuses et graminées choisies pour leur enracinement potentiellement très profond (si on leur en laisse le temps) : luzerne, fétuque…

- laisser le temps à la parcelle de «se remettre de ses émotions». Nous introduisons donc dans le mélange d’engrais vert plusieurs trèfles, plusieurs graminées, et une bonne vingtaine d’espèces annuelles ou pluriannuelles à floraison échelonnée pour favoriser les insectes auxiliaires.

Pour lire l’article sur la reprise de sol après drainage, cliquer sur la photo :

Cliquer sur la photo pour voir la reprise de sol après drainage

Correction du manque d'eau

Le bassin maraîcher du Louhannais s’est développé notamment parce que de l’eau d’arrosage y était disponible en saison grâce à la Seille, rivière qui descend du Jura voisin, bien arrosé de pluie ou de neige. Au point qu’un

Circuit collectif d’arrosage

a été construit sur les communes de Sornay et Bantanges dans les années 60, communément appelé «l’eau des maraîchers». Il est géré par les professionnels dans le cadre d’une ASA (Association Syndicale Agréée).  Ce système collectif de distribution d’eau a comme autre avantage sur les pompages individuels d’éviter la multiplication des pompes (souvent actionnées par un moteur diesel puisque toutes les parcelles maraîchères ne sont pas raccordées au réseau électrique). Il faut avoir passé une soirée dans une commune maraîchère avec les pompes diesel qui «pout pout pout pôut» pour ressentir quel avantage supplémentaire le circuit collectif apporte !

Nous disposons donc d’un branchement professionnel. Le coût de l’abonnement augmente évidemment proportionnellement à la diminution du nombre de maraîchers encore en activité, puisque les frais de fonctionnement et réparation se répartissent entre les utilisateurs. L’eau pompée est distribuée sans traitement ni filtration : les Biaux Jardiniers ont installé des filtres à sable en tête de leur jardin.

Notre matériel d’arrosage se compose actuellement d’un système d’aspersion et d’un système d’irrigation localisée par goutte à goutte.

Aspersion

Le système d’aspersion de plein champ est constitué de tubes rigides facilement déplaçables, raccordés à la vanne d’alimentation par un tuyau souple.

Ils sont équipés de micro-asperseurs à faible débit d’une portée de 12 mètres.

Le choix de leur faible débit a été calculé à partir de l’analyse granulométrique de sol que nous avons fait faire lors de notre ré-installation à Sornay. Ce faible débit horaire permet d’éviter lessivages et érosion dans nos sols fragiles.

Sous tunnel le système d’aspersion  est lui aussi composé d’asperseurs rotatifs à faible débit Ils sont montés sur pendillard pour garantir une meilleure répartition de l’eau. Ce système est programmable, ce qui apporte une garantie d’économie dans l’usage de l’eau, et beaucoup de confort de travail aux Biaux Jardiniers.

Goutte à goutte

L’arrosage localisé par goutte à goute est utilisé sous tunnel ou en plein champ pour certaines cultures d’été, à l’aide d’une programmation. C’est une technique qui consiste à apporter l’eau au pied des plantes, en créant une bande humide suffisamment large le long du rang de légume; et à l’entretenir par des apports réguliers de petites quantités d’eau, de manière très fractionnée,  plusieurs fois chaque 24 heures. L’automatisation est donc indispensable.

Tomate en goutte à goutte près d'une bordure fleurie : le feuillage n'est pas mouillé.
tomates arosées par goutte à goutte près d’une bordure fleurie

Ces différents systèmes ont en commun que dans nos conditions de sols fragiles, ils permettent d’économiser la ressource en eau et d’éviter l’érosion qu’amènerait un apport d’eau trop rapide.

Combien nous arrosons ?

Au dela de la simple composition technique du système ( type d’arroseur, etc… ) , ce qui nous semble fondamental dans la conduite de l’arrosage, c’est de recueillir facilement les éléments permettant de décider si oui ou non la plante a besoin d’un apport d’eau.

Gratouiller en vitesse avec le doigt en surface, bien que couramment pratiqué, n’apporte pas de renseignement sur l’éventuel besoin d’eau au niveau des racines de la plante. Mieux vaut «aller y voir» ! Mais faire des trous à la bêche entre les légumes est beaucoup trop destructeur en général C’est pourquoi nous utilisons un petit outil très pratique et très économique : la gouge.

La gouge permet de remonter une petite “carotte” de terre pour juger l’état d’humidité du profil sur une trentaine de centimètres. Si on fait plusieurs sondages dans les planches que l’on se propose de contrôler, on a vite une idée assez précise de l’état du sol et donc de l’éventuel besoin d’eau pour la plante.

Nos gouges ont une longueur suffisante pour s’en servir sans se pencher, ce qui est bien meilleur pour le dos…

La quantité d’eau à apporter à chaque arrosage doit être comme le reste : “ni trop ni trop peu”. Les suivis météo donnent des indications très utiles.

Il n’y a que des inconvénients à apporter pas assez d’eau donc n’arroser que en surface et jamais où le végétal en a besoin : notamment inutilité pour le problème du végétal, pertes par évaporation augmentées, remontée des racines en surface donc ensuite moindre résistance des plantes à la sécheresse,  gaspillage de ressource.

Il n’y a que des inconvenients à apporter trop d’eau, notamment asphixie racinaire, lessivage de l’eau et des éléments solubles du sol, donc gaspillage de ressource.

Nous avons déterminé la quantité à apporter à chaque arrosage grâce au calcul fait à partir de l’analyse granulométrique de notre terre. Et l’intérêt de la gouge est aussi qu’elle peut permettre de contrôler si lors de l’arrosage il s’est bien passé ce que l’on souhaitait !

Nous utilisons deux autres outils pour contrôler les conditions de fonctionnement des asperseurs bas débit :     

le manomètre pour vérifier que les arroseurs disposent de la seule pression dont ils ont besoin selon les préconisations du fabricant ;

                                                         

des pluviomètres qui permettent de vérifier quelle est la quantité d’eau réellement distribuée sur un carré de légumes. Et aussi bien sûr de savoir quelle quantité d’arrosage est tombée du ciel

Vouaille don, hé bé, quelle débauche de technologie… !!!

Rotation à base d'engrais verts

Intérêts des engrais verts

Base agronomique

À la base de l’agriculture biologique , la pratique des engrais verts consiste à introduire, dans la succession des cultures valorisées par la vente, des cultures valorisées par le sol lui-même : elles sont broyées sur place et digérées par le sol.

En permanence autant de planches valorisées en engrais vert que de planches valorisées en légume.

On peut voir les engrais verts comme l’amélioration, la modernisation et la systématisation de la fameuse «rotation triennale» qui a permis aux paysans des siècles derniers de nous transmettre des terres encore fertiles après s’en être nourris pendant de nombreuses générations. Sagesse agronomique ignorée par les maraîchers péri-urbain du siècle dernier qui, avec leurs successions hyper-intensives et exclusivement en légume ont laissé des sols épuisés, bourrés de nématodes, inaptes à toute culture, autre que celle du béton et de quelques «espaces verts».

Prévention

Semer des engrais verts annuels (donc pas uniquement en dérobé) et surtout des engrais verts pluri-annuels permet d’allonger le temps de retour d’une même famille de légume à une même place, ce qui est déterminant dans la prévention des maladies et ravageurs.

Place dans la rotation

Tous les engrais verts «prennent de la place»… dirait Monsieur de La Palice, puisque effectivement, tout carré en engrais vert ne produira pas de légume au même moment. Mais il est bien facile de les inclure dans la rotation légumière : cela implique simplement de s’organiser rigoureusement pour avoir de la place disponible pour eux au jardin (jardin non-intrensif donc).

Autonomie paysanne

Tous les engrais verts ont l’avantage d’augmenter l’autonomie de la ferme qui produit elle-même ainsi une partie de  la fertilisation - notamment azotée, mais pas que - dont elle a besoin au lieu d’y importer des intrants achetés, souvent d’ailleurs à l’industrie. Les engrais verts favorisent l’activité microbienne et toute la vie du sol. Les cultiver évite d’être tenté d’acheter les produits miraculeux qui font la fortune de leur fabricant. L’engrais vert est une technique simple, économique, maitrisable par le paysan. Son développement apporte de nombraux bienfaits au sol sans autre travail du paysan que leur implantation : l’engrais vert pousse même quand le paysan fait la sieste !

Une «vraie» culture

L’engrais vert est une culture à part entière : tous les engrais verts demandent de la semence (qu’il faut acheter ou produire), du matériel pour le cultiver (qu’il faut financer et entretenir), du temps de travail (qu’il faut fournir), pour espérer obtenir une belle «récolte», qui apportera un beau réultat. Mais une fois en place et correctement entretenu, l’engrais vert fertilise et ameublit le sol, étouffe les plantes adventices parasites des légumes, favorise et biodiversifie la faune, etc… gracieusement et sans relache, jour et nuit !

Différentes familles de végétaux sont utilisées comme engrais vert, chacune avec ses avantages (et ses inconvénients !).

Les légumineuses (fabacées) 

fixent l’azote atmosphérique dans les nodosités de leurs racines. Leur culture est donc un apport d’engrais «gratuit» pour la culture suivante. Mais la plupart ont tendance à se coucher et donc mal se développer : elles auraient besoin d’un tuteur ! que la graminée peut fournir…

(beaucoup de vesce mélangée à peu de seigle)

Les graminées (poacées) 

produisent beaucoup de racines, leur culture est donc un travail d’ameublissement du sol gratuit pour la culture suivante : elles «montent au soleil» et sont donc un bon tuteur. Mais leur destruction mécanique et surtout leur incorporation peut s’avérer délicate.

  (beaucoup de seigle mélangé à peu de vesce)

Les graminées exotiques (donc résistant bien à la chaleur et à la sécheresse, principalement moha et sorgho) peuvent être utilisées quand on cherche une production rapide d’une grande masse végétale : sous tunnel ou en plein champ en plein été. Selon le but recherché, on peut broyer la culture jeune

ou déja un peu lignifiée.

Fabacées et poacées sont annuelles ou pluriannuelles selon les espèces.

Les crucifères (brassicacées) 

poussent très vite, «remontent» du soufre, ont une racine pivotante capable de passer certaines «semelles de travail» provoquées par l’usage systématique des outils rotatifs. Raisons pourquoi elles sont souvent cultivées chez les maraîcher ayant choisi de pratiquer une rotation intensive sur petite surface. Mais elles sont de la même famille que les divers choux, les navets, les radis qui occupent déja beaucoup beaucoup de place dans la rotation. Nous ne les utilisons donc pas en engrais vert pour éviter les risques sanitaires (hernie, entretien des populations d’altise, etc…).

Par contre, nous utilisons fréquemment deux engrais verts à pousse rapide qui ont l’avantage de ne compter aucun légume dans leur famille :

les «isolés»

la phacélie 

(de la famille des hydrophyllacées) dont les belles fleurs mauves attirent bien les insectes butineurs. Mais sa graine est petite et délicate à semer à la faible densité qui lui convient pour prospérer ; elle peut geler selon son stade de développement.

le sarrasin 

ou blé noir (de la famille de polygonacées) a un effet désherbant. Mais comme sa maturation est échelonnée, il peut facilement se ressemer et ainsi se révéler salissant. Le sarrasin est très gélif, ce qui est un avantage si on cherche à couvrir le sol en automne avant une culture précoce de printemps.

Les mélanges simples

Bien évidemment, le paysan gagne le plus souvent à mélanger différentes espèces d’engrais vert, pour associer les diverses caractéristiques, cumuler les avantages, augmenter la durée d’action de l’engrais vert, et aussi répartir les risques éventuels.

Quelques cas au Biau Jardin de Grannod :

Mélange poacées fabacées (ici seigle multicaule et trèfle incarnat) : il concilie fissuration / ameublissement profonds pendant l’hiver et fixation gratuite d’azote atmosphérique au printemps :

Le trèfle incarnat est une culture traditionnelle de la Bresse ; il fournissait aux bêtes le premier fourrage riche du printemps. C’est un plaisir de le voir fleurir au jardin :

Le mélange phacélie avoine seigle combine attrait pour les pollinisateurs en été automne avec résistance au gel et fissuration racinaire en hiver printemps. Et baisse du coût en semences puisque la proportion de céréale augmente.

Le mélange sarrasin trèfle d’Alexandrie valorise la complémentarité de ces deux plantes en allongeant la durée d’action de l’engrais vert : le sarrasin couvre vite le sol à l’automne (il «désherbe» bien la parcelle) et sert d’abri humide à l’installation du trèfle qui se développe en hiver puis «explose» au printemps quand le sarrasin, lui, détruit par le moindre gel, ne laisse que ses tiges beiges et mortes sur le sol. En cas d’hiver rigoureux, tout est détruit et les planches peuvent être travaillées dès la sortie de l’hiver.

Pendant la saison, nous utilisons aussi du mélange sarrasin / phacélie pour sa floraison.

Etc…

La biodiversité ?

Au fur et à mesure des années, la pratique des Biaux Jardiniers s’oriente vers de plus en plus de biodiversité dans la composition des mélanges d’engrais verts, qu’ils soient annuels, bisannuels, ou pluri-annuels. Pourquoi ? L’humanité sait depuis bien bien longtemps, puisqu’on le lit dans l’Ancien Testament (ce qui ne date donc pas d’hier…) que :

«l’ennuit naquit un jour de l’uniformité»

Ce qui confirmerait à priori que l’idée globale et absurde du choix de la monoculture, mis en place il n’y a qu’un demi-siècle par l’agrochimie productiviste, ne pouvait mener qu’à l’impasse (aussi grassement subventionnnée que gravement polluante) que nous constatons aujourd’hui.

Existent «dans la vraie vie» de très nombreuses plantes qui par leur odeur, leur pollen, leur forme, leur mode de végétation, etc.. se distinguent des engrais verts «classiques» listés précédemment, et donc peuvent héberger des insectes qui ne seraient pas attirés autrement car le milieu ne leur conviendrait pas, ou leur conviendrait moins… Ces caractéristiques avantageuses venant s’ajouter aux nombreuses actions, par nature différentes, des divers systèmes racinaires ou végétatifs des principales espèces de la flore prairiale, souvent complémentaires !

Il nous semble qu’il y a deux grands types de mélanges possibles :

soit principalement composés dans un objectif maximum de biodiversification, et plus ou moins complétés par un peu de poacées et fabacées,

soit principalement composés dans un objectif pluriannuel et racinaire, et plus ou moins complétés par diverses espèces «diversifiantes».

Biodiversification

Bien que tous les engrais verts aident à la multiplication des insectes auxiliaires,

(coccinelle dans un mélange vesce d’hiver / seigle multicaule)

nous utilisons aussi des mélanges de très nombreuses espèces dans le but de diversifier la faune auxiliaire en diversifiant la flore. 

Ces plantes mélangées sont semées :

- soit le mélange diversifié «seul» plutôt pour l’été, avec un but prioritaire de diversification de l’entomofaune

- soit comme «condiment» ou «épice» d’un mélange plus classique, y compris pluri-annuel

- évidemment rien n’empêche aussi d’ajouter à un mélange diversifié une petite proportion d’une céréale (résistante au gel) de façon à ne pas laisser nue en hiver une parcelle qui a bénéficié pendant l’été d’un mélange de diversification gélif. Un cas sur la photo ci dessous : en mars, après l’hiver qui a détruit le mélange floral dont ne restent que les tiges gelées, les céréales «démarrent» après avoir protégé le sol tout l’hiver contre les lessivages et l’érosion :

Les seules limites sont 

- l’imagination du biau jardinier et ses compétences (notamment la connaissance plus précise de : quel est le ravageur -  inféodé à quelle plante - qui attirera donc son prédateur au jardin ?),

- la disponibilité de la graine… et (last but not least) la qualité du semoir… ! qui impose lui ausi ses limites en terme de diversité de calibre de graines.

Reste ensuite à mettre en oeuvre…ce qui n’est pas toujours le plus facile. Et le résultat n’est évidemment pas garanti !

Par exemple, après avoir semé du coquelicot dans des bandes fleuries, le biau jardinier avait pu en récolter la graine (minusucule : 6 000 graines au gramme) la nettoyer (sommairement) et la semer en mélange avec un engrais vert. Les résultats ont été… «encourageants» dit l’optimiste, «plutôt raté», dit le pessimiste… car la régularité n’est pas au rendez vous !

Nos premiers essais d’engrais vert multi espèces datent du changement de millénaire : nous en avions essayé sous l’amicale pression «militante» de Roger, notre technicien maraîchage, qui tentait de mettre en place leur diffusion en France. Cela concernait à l’époque 2 mélanges (de respectivement une trentaine et une cinquantaine de plantes différentes) mis au point en Italie sur une très grosse ferme légumière biologique dont il avait organisé la visite.  Le distributeur français avait adapté sa composition au climat Rhône-Alpin ; puis, peu d’années après, abandonné ce créneau commercial parce que non rémunérateur. Comme quoi, c’est grand tort d’avoir raison en avance.

Les engrais verts pluriannuels

Au Biau Jardin de Grannod, la moitié des planches permanentes du jardin est couverte par un mélange complexe en place pour 3 années successives. La base en est un mélange type prairie temporaire à flore variée (8 / 10 plantes différentes), qui est complété par autant d’autres plantes - pluriannuelles, mais aussi quelques annuelles - qui nous paraissent particulièrement adaptées chez nous.

Et puisque la bonne cuisine demande quelques épices, mais en très faible quantité pour ne pas masquer le goût du plat principal, le mélange est «condimenté» en fonction des disponibilités de nos fournisseurs ou de ce que nous avons pu récolter des espèces dont nous cultivons la graine, par une vingtaine d’autres végétaux, chacun en toute petite quantité.

Les engrais verts pluriannuels, si le mélange est assez diversifié, offrent en plus l’avantage de changer d’équilibre entre les diverses espèces, non seulement en fonction du sol ou de l’exposition de la parcelle, etc… mais aussi au fur et à mesure de la saison, voire dans son évolution d’une année sur l’autre, en fonction de la hauteur de fauche, du nombre de broyages, etc…

5 fabacées, 5 poacées, une dizaine d'autres espèces en

Cela amène donc d’autant plus de biodiversité, puisqui tous les carrés en engrais vert du jardin n’ont pas été semés la même année, voire la même saison et avec exactement le même mélange !

Les Biaux Jardiniers expérimentent un peu chaque année pour s’approcher d’un mélange adapté au mieux à leurs conditions ; et peu à peu, de beaux résultats apparaissent. Notamment un mélange plurianuel d’une grosse vingtaine de plantes différentes dont moitié de fabacées et poacés.

L’enjeu restant de conserver encore assez de biodiversité au bout des trois années…  Mais fort heureusement, la recette miracle, celle qui répond à tous les objectifs, fonctionne tous les ans, et pourrait servir de matière à un best seller en librairie ou sur le net, ils ne l’ont pas encore découverte. Peut-être simplement par ce que çà n’est pas exactement elle qu’ils cherchent…parce qu’ils pensent qu’elle n’existe fort heureusement pas…

C’est un des bonheurs du métier de paysan-maraîcher : essayer, observer, tirer les conclusions des leçons qu’on a comprises, avoir conscience qu’on n’a pas tout saisi… et pratiquer (pour produire des légumes, pas du buzz - ni vendre de la comm›). Bref : être paysan…donc ni expert conseil, ni coach !

Gestion organique

L’agrobiologiste, la matière organique et l’humus.

«La gestion de la matière organique peut bien souvent se résumer à la caricature suivante : il faut mettre de la matière organique, si possible du compost, pour augmenter l’humus, ce qui entraînera automatiquement un accroissement de l’activité biologique des sols et une prospérité garantie des cultures ! Malheureusement, les agrobiologistes qui ont voulu mettre en pratique ce postulat n’ont pas tous obtenu les miraculeux résultats escomptés. C’est que les écosystèmes sol-climat présentent une assez grande diversité et que, si des lois générales peuvent décrire l’évolution de la matière organique dans les sols, les phénomènes à l’œuvre ont des poids relatifs fort variables. Avec le moins d’a priori possible, il faut commencer par évaluer l’importance des phénomènes en cours et leur répercussion sur la culture en place».

C’est ce qu’écrit Dominique Massenot, agronome de la Loire. On peut lire la suite de ce texte ici.

Compost jeune, fumier assaini

«Le fumier assaini est le meilleur moyen de valoriser les matières organiques agricoles ou fermières. Il correspond à la majorité des situations agricoles. Son obtention demande de suivre certaines règles en matière de stockage, compostage et épandage.» On peut lire la suite de cette fiche de Dominique Massenot ICI.


 

Composter en Cuma

«La boucle» vertueuse.

L’éleveur allaitant.

Les Biaux Jardiniers ont bien de la chance : ils ont des collègues paysans installés pas très loin de chez eux, des éleveurs allaitant (ce qui veut dire qu’avec surtout de l’herbe verte de ses prés, du foin de ses prés et un petit peu de céréale, ils fabriquent de la viande). Et comme ils ne cultivent que peu de céréales, puisque leurs fermes ont principalement une vocation herbagère, il y a assez régulièrement trop de fumier pour les besoins agronomiques de leurs fermes.

Et donc, comme ils sont pas trop loin de chez nous, nous achetons eur surplus de fumier. Comment ? Avec l’argent que nous avons obtenu en échange du foin de nos prés. Sur lesquels nous n’élevons pas de bovins. Ce qui est parfaitement normal puisque nous sommes maraîchers et pas éleveurs. Nous ne pouvons pas tout faire ! Et nous ne sommes pas les seuls : notons que nos collègues éleveurs de bovins, ne produisent pas de légumes … Ce qui est parfaitement normal, puisqu’ils sont éleveurs et pas maraîchers ! Et eux aussi, ils ne peuvent pas tout faire !

C’est ainsi que la boucle agronomique est bouclée : notre ferme maraîchère sans bovin, grace à ses prés, procure du fumier de bovin aux parcelles maraîchères.

Le système agronomique «classique» ancien, tendance autonomie, fonctionnait en boucle. À noter cependant que de tous temps, les maraîchers ont mis en valeur des fermes sans bétail (mis à part parfois quelques volailles mais seulement pour une large consommation personnelle, donc incapable de fournir assez de fumier - surtout du fumier de bovin (…) - pour assurer la fertilité des sols destinés à la production des légumes). Notre système agricole spécialisé, plus contemporain, fonctionne en boucle un peu plus large grâce à la participation économique d’autres paysans.

Le transporteur.

Quand vient en début de printemps la saison de curer les écuries, c’est à peu de choses près à la même période chez tous les éleveurs. Et c’est donc la saison où la CUMA compost 71 prévoit plusieurs tournées du retourneur. 

Il nous est donc assez facile de programmer précisément les dates du chantier : notre objectif est une livraison de fumier quelques jours avant le passage programmé du retourneur, et un épandage une dizaine de jours après le passage du retourneur.

Et grâce à la participation mécanique de Francis, l’ami ancien viticulteur et voisin de notre précédente ferme, maintenant entrepreneur de travaux publics, le fumier sorti des écuries avec l’engin de manutention de sa Cuma (coopérative d’utilisation de matériel agricole) locale, chargé directement dans les bennes de Francis, passe rapidement du Val de Saône au Val de Seille.

Ça se passe toujours très bien, sauf… LIEN ! Mais c’est exceptionnel !

Les bennes sont vidées à la que leu leu, et en fonction de la largeur de travail du retourneur de la Cuma.

Le retourneur en CUMA.

Du point de vue du petit maraîcher, le retourneur d’andains est un gigantesque outil d’une largeur de travail de 5 m 30, entrainé par un non moins gigantesque tracteur. Une fois déplacé en position de travail, sur le coté du tracteur, il enjambe le tas de fumier. Le rouleau travaillant, muni de pales, fragmente le fumier. Le mouvement rotatif projette la masse travaillée progressivement quelques mètres en arrière, et donc le déchiquette, le mélange et l’aère. Des déflecteurs  forment le tas. L’avancement se fait grâce au tracteur de la Cuma par les deux roues crantées motrices du retourneur.

Ce matériel n’est bien évidemment pas à la portée du petit maraîcher bio isolé, ni même du gros éleveur pas bio tout seul lui aussi d’ailleurs. C’est pourquoi, en 2002,  sur l’initiative de la chambre d’agriculture, nous nous sommes regroupés à une trentaine d’agriculteurs pour acheter ce retourneur en commun. Nous sommes actuellement plus de 300 dans cette CUMA.  Comme quoi, souvent, à plusieurs, on y arrive mieux que seuls.

Pour plus de renseignements sur le fonctionnement de la cuma compost 71, pour lire le point de vue de la chambre d’agriculture de Saône et Loire sur le compostage en tas, visiter le site : www.cuma-compost71.fr

L’opération ne prend que quelques minutes pour brasser et aérer une soixantaine de tonnes de fumier, avec un passage aller et un passage retour.

Le jour dit, le retourneur arrive derrière le tracteur. Dans la parcelle, le chauffeur le «déplie» sur le coté, dans sa position de travail.

le retourneur "attaque" facilement le tas quand le fumier a été correctement aligné

Et c’est parti.

En jouant sur la vitesse d’avancement du tracteur, le chauffeur de la Cuma permet au retourneur de corriger les inégalités du tas dues à la livraison. Ça n’est pas une préoccupation esthétique ! Un tas sans creux ni bosses sera beaucoup plus facile à protéger de la pluie et la masse aura fermenté de façon plus homogène.

Expérience faite, nous demandons systématiquement un deuxième passage de retourneur à la suite. Cela permet de mieux affiner le fumier, de mieux l’aérer. Le chauffeur fait donc demi tour avec tout l’attelage…

et c’est reparti pour un deuxième brassage aération du tas,  dans l’autre sens.

Le deuxième passage permet d’obtenir un meilleur afinement, et un démarrage très rapide de la fermentation du fumier. L’élévation de température garantit la destruction des graines d’adventices présentes dans le fumier, et que les biaux jardiniers ne souhaitent pas du tout introduire dans leur jardin !

La bonne qualité de fermentation garantie par la double aération et le double affinement nous permet de ne pas redemander le passage de retourneur qui est proposé d’office par la Cuma 3 semaines après le premier.

Reste ensuite à remettre l’outil en position route (derrière le tracteur, dans l’axe et sur ses roues de transport)

Dernière étape :  le Biau Jardinier signe le bon de travail pour que la Cuma puisse facturer. L’organisation Cuma permet, une fois l’investissement dans les parts sociales réglé, de bénéficier de cette technique pour une faible somme annuelle : bien que nos tas de fumier soient petits (40 à 100 tonnes) et demandent donc proportionnellement plus de temps de tracteur, le prix de la prestation est inférieur à 2 euros la tonne.

En fin le chauffeur repart pour travailler le tas de fumier chez l’adhérent suivant qui s’était inscrit pour cette tournée.

Les biaux jardiniers se trouvent donc avec un joli tas de compost qui «démarre» rapidement

Reste à ne pas oublier de couvrir le tas pour le protéger des lessivages d’éléments fertilisants qu’apporterait la météo dès «la première goutte de la première pluie», comme l’écrit Yves Hérody dans sa brochure éponyme. LIEN

Compostage

Nous contrôlons l’évolution de la température du tas : c’est de la qualité de la fermentation que dépendra l’assainissement du fumier. C’est important pour le maraîcher qui ne tient pas du tout à ensemencer son jardin de graines d’adventices issues de la récolte du foin ou de la paille… La méthode est simple : on fait un trou jusqu’au centre du tas avec un gros manche, on y introduit un tube plastique qui reste à demeure. On y glisse le thermomètre attaché au bout d’une ficelle et d’une marque pour le repérer facilement, et on pense à relever les températures tous les deux jours. Elle s’élève rapidement vers 55° / 60° et y reste plusieurs jours.

Nous ne sommes pas partisans d’un compostage long : il nous semble que dans nos sols, une douzaine de jours est une durée adaptée à nos objectifs d’entretien de la vie microbienne. Et il nous paraît préférable que beaucoup des processus de digestion de la matière organique qui se déroulent dans le tas de compost ( donc en quelque sorte «hors sol» ) aient plutôt lieu dans le sol, en surface, au contact avec la terre. Avec quelques jours de stockage à l’abri du fumier avant retournement et une bonne semaine de fermentation en tas, nous obtenons un fumier assaini (cf page précedente fiche technique de Domnique Massenot LIEN ) et peu évolué, qui continuera sa fermentation avec la terre du jardin. C’est une technique dérivée du compostage de surface proné par Rüsch dans son livre «la fécondité du sol» (traduit par Claude Aubert à la fin des années 60) .

Petit dessin extrait de Dominique Soltner «les bases de la production végétale» tome 1 édition  1979 Sciences et Techniques Agricoles  LIEN rapportant le résultat d’un essai comparatif de diverses méthodes d’apport de fumier

Le fumier composté est épandu en surface, sur les parcelles en engrais vert qui seront cultivées en légumes plus tard.

Épandage.

Tous les détails sur les diverses méthodes d’épandage utilisées en cliquant sur la photo ci-dessous :

Recettes d'épandage.

Si la recette paysanne du fumier de bovin rapidement composté consiste en une rapide cuisson en tas allongé, pas trop gros et bien aéré, quelques jours à température 60 / 65 ° puis 50 / 55°, arrive ensuite le moment de démouler et de servir chaud, pour que la terre puisse déguster, sans problème digestif.

Engrais vert pluriannuel broyé pour incorporation ou pour entretien, épandage de fumier de bovin rapidement composté, bande fleurie en semis d'automne et hivernée.

On reconnait le bon stade de cuisson au fait que la fermentation soit encore dynamique; la preuve ? lors de l’épandage, «çà fume» encore. Ce qui se voit sans discussion le matin ou le soir, ou n’importe quand avec le thermomètre de couche…

Le Biau Jardinier a selon les époques, utilisé plusieurs recettes d’épandage. L’une est celle que l’on peut nommer du nom des amis participant à l’opération :

La ferme Gretener

avec son gros matériel d’éleveur, lourd et encombrant, ainsi que rapide et tassant peu grâce aux pneus larges basse pression. (LIEN vers un article «au jour le jour» sur ce sujet)

Recette avec aussi plusieurs avantages : la rapidité (1/2 journée), l’échange de services possibles, l’entretien par le travail des liens amicaux. Et quelques inconvénients : travail dans le sens perpendiculaire aux planches permanentes, épandage de pas mal de fumier aussi dans les allées.  Et surtout l’obligation d’avoir assez de place disponible en bout de trajet pour les manoeuvres, donc une bande de plusieurs carrés consécutifs entièrement libres de légumes. Ce qui n’est pas forcément le plus fréquent. Parce qu’il n’est pas bien sûr question de rouler dans le sens des planches permanentes avec un épandeur si large, avec donc des roues non seulement trop écartées mais aussi plus larges que les allées qui tasseraient systématiquement toute la longueur de chaque planche ! 

Bennette 3 points

L’autre recette est l’épandage manuel au croc avec transport à la bennette. (LIEN vers un article «au jour le jour» sur le sujet).

Avec le gros avantage de l’épandage uniquement sur les planches et pas du tout dans les allées permanentes. Et la parfaite souplesse d’usage : possibilité d’épandre «à la planche». Et la contrainte d’être deux : celui qui charge la benette en reculant dans le tas de compost et complète manuellement son chargement ; celui qui vide régulièrement la benne au croc puis «fignole» la répartition pendant que le chauffeur fait le chargement suivant. Etc…  Solution viable, mais inconvénient du temps nécéssaire (2 ou 3 journées à deux personnes), et la nécessité de trouver la main d’oeuvre volontaire. Pour ce qui est de la question subsidiaire «où classer l’exercice physique» : avantage ? inconvénient ? Le Biau Jardinier hésite… À négocier…

Le Biau Jardinier teste maintenant une

Nouvelle recette

qu› il rêvait depuis un bon moment de mettre en oeuvre. C’est la tentative de, comme on dit en termes de décideurs, «en même temps palier aux inconvénients et en même temps maximiser les avantages» des anciennes recettes. L’objectif :

  • mettre le minimum de fumier en dehors de la planche de culture elle-même,
  • ne pas du tout rouler sur la planche de culture,
  • ne pas consacrer trop de journées à ce travail, «en même temps» que
  • faire l’épandage à une seule personne : il faut bien pendant ce temps continuer à assurer l’entretien du jardin, voire la récolte des légumes.

Le Biau Jardinier utilise donc un petit épandeur maraîcher maniable et adapté à sa largeur de planches permanentes, et un tracteur agricole avec fourche de chargement.

Essieu directionnel

Rappel

Un épandeur de fumier «classique» est, par définition, un engin qui exige beaucoup de place pour la manoeuvre. Mais sans que le plus souvent cela pose de problème puisqu’il est utilisé dans de grandes parcelles. Par contre, chez le petit maraîcher, il y a une manoeuvre en entrée de planche et une manoeuvre en sortie, lieux où la place manque et d’où les obstacles ne sont pas forcément absents. C’est donc délicat. Et long : dans un jardin d’environ 250 planches (avec donc 500 obligations de manoeuvrer) çà peut devenir pour le moins «fastidieux»…

La solution technique

c’est l’épandeur à essieu directionnel : avec l’hydraulique du tracteur, on peut orienter les roues de l’épandeur comme on le souhaite.

Ça tourne dans un «mouchoir» : un vrai régal ! On rentre «direct», on sort «direct», on n’empiète pas sur le bout de la planche, etc… Le bonheur tractoriste !

Problème coût

parce que ce matériel coute cher … moitié d’un tracteur…

Solution entraide

Alexis, maraîcher bio diversifié de la région lyonnanise et ancien patron du Biau Jardinier lui prête régulièrement le sien. C’est avec la grosse voiture de Charlie, l’ami entrepreneur de travaux public récemment installé sous le nom de Grebert TP, et une remorque de location, que le Biau Jardinier fait le transfert Lyon / Bresse.

«C’est pas écologique, tous ces transports !!! Faut faire local !!!», dit l’écolo (du moins celui qui de sa place d’observateur hors sol, trouve plus facilement «la petite bête» - qu’il cherchait - que la proposition de méthode viable ET vivable dans la réalité du terrain de la vraie vie paysanne et productive). «Pas écolo» est pourtant bien une erreur d’analyse : la location d’un matériel qui sert rarement est beaucoup plus adaptée et bénéficie d’un meilleur bilan global énergétique (donc éco-logique) que la pleine propriété individuelle. En terme urbain, faire le parallèle voiture individuelle avec transport en commun ou covoiturage.

Fourche crocodile

Pour charger le fumier dans l’épandeur, solution entraide là aussi. Éric, paysan boulanger, prête son tracteur équipé d’une fourche hydraulique à pince. À charge de revanche : il apprécie beaucoup le broyeur latéral du Biau Jardinier.

Là aussi, il y a donc du transport «pas écologique» : la ferme d’Éric est à 13 km. Distance que le tracteur parcourt sur routes goudronnées, sauf bien sûr celle qui dessert le Biau Jardin de Grannod, qui bénéficie du glorieux titre de seule ferme de la commune de Sornay sans accès public goudronné… Ainsi équipé, le Biau Jardinier peut charger et épandre tout çà - en 3 journées - seul - sans trop de maux - en passant d’un tracteur à l’autre. 

Le travail sur les légumes ne prend donc pas de retard.  Et le résultat est un épandage de plutôt bonne qualité grâce au système de

Hérissons verticaux

un système qui émiette très bien le fumier.

L'épandeur à hérissons verticaux émiette bien le fumier rapidement composté.

Les volets permettent de régler la largeur d’épandage de façon à mettre le fumier composté sur la planche et à peu près pas du tout dans les allées.

Résultat

Le Biau Jardinier peut épandre du fumier partout au jardin avec un assez beau résultat :

sur les planches nues qui vont être ensemencées

sur les planches d’engrais vert qui vont être incorporés au sol pour mise en culture

Fumier composté épandu sur engrais vert broyé, avant incorporation au sol.

et sur les planches d’engrais vert pluri annuel qui ont bénéficié d’un broyage d’entretien peu avant.

Et aussi sur les prés puisque enlever les volets de l’épandeur permet facilement d’épandre large.

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Chaulage

«… pratique de base de l’agronomie, le chaulage des sols réputés acides est souvent pratiqué sous des formes mal adaptées au type de sol, en fonction d’objectifs inadéquats ou réalisé avec des produits à la réputation surfaite. Une petite révision d’agronomie à la lumière de la pédologie s’impose !» écrit Dominique Massenot, agronome de la Loire.

On peut lire la suite de ce texte ici.

Séduits tant par l’optique «géologique» que par les perspectives de conduite agronomique apportées par les analyses Hérody (LIEN), les Biaux Jardiniers apportent du calcaire grossier broyé dans les sols de leur ferme.

La granulométrie de cette poudre de roche allant de 0 à 5 mm, soit du format «farine» au format «petit cailloux», en passant par celui de «grain de sable». La dégradation / mobilisation par l’activité microbienne du sol s’échelonne donc sur plusieurs années : la fraction la plus fine, quasi farineuse, est assimilée assez rapidement, la fraction moyenne ensuite, et la plus grossière n’étant finalement attaquée que les années suivantes. L’apport est à réaliser tous les cinq ans.

Cette poudre de roche provient de la Côte Chalonnaise. Le concassage est réalisé par «Michaud TP», nos amis de Moroges, commune sur laquelle les Biaux Jardiniers ont produit leurs légumes Bio une vingtaine d’années durant avant de se réinstaller en 1996 à Sornay. Origine locale… fabrication artisanale… livraison amicale…

Livraison de la poudre de roche en "big bags".

La poudre de roche calcaire est conditionnée en Big Bags d’environ une tonne,

Roche calcaire broyée et conditionnée par "Michaud TP" 71390 Moroges

qui sont rangés à l’abri des précipitations pour éviter les éventuels compactages qui pourraient poser des problèmes au semoir lors de l’épandage.

Ce système de conditionnement / manutention nous semble le meilleur compromis sur une petite ferme comme la nôtre, qui ne dispose évidemment pas de silo ou d’abri pour stocker en conditions sèches une poudre de roche livrée en vrac. Et qui ne dispose pas non plus de semoir de grosse dimension attelé sur un tracteur puissant capable de lever de lourdes charges. Il faut donc louer un engin de manutention… Le Biau Jardinier s’adresse comme toujours dans ce genre de cas à l’entreprise locale Grebert Manutention (LIEN).

Pour «amortir» la location, le Biau Jardinier prévoit toute la manutention quasi en même temps en organisant la livraison et son déchargement à la même période que l’épandage (et donc que la manutention pour le rempissage du semoir). Prévoir ces travaux dans une période creuse de l’activité économique locale (type vacances d’hiver) permet en plus de bénéficier d’une «prime de fidélité» sous forme de prix très compétitif. Merci à eux !

Pour épandre la poudre de roche calcaire, le Biau Jardinier utilise un semoir à engrais acheté d’occasion sur lequel il a adapté un triangle d’attelage rapide

La cuve est dotée d’un agitateur qui évite que l’écoulement de la poudre de roche ne se bloque.

De façon à pouvoir ne vider chaque Bag que par moitié pour respecter le poids maxi à charger dans le semoir, le Biau Jardinier perce le bag avec un cône de vidage.

qui dispose d’une fermeture pour stopper l’écoulement de la poudre de roche une fois le semoir assez rempli.

Une fois le travail entamé…tout n’est que répétition…!

À condition évidemment de travailler lors de journées sans vent, et malgré la «rusticité» du semoir, les différentes granulométries de la poudre de roche calcaire se répartissent plutôt bien.

Sans chimie de synthèse

Le cahier des charges de l’agriculture biologique, et les choix écologiques des paysans bio !, excluent l’usage de tous les pesticides de synthèse légalement autorisés en agriculture… et ils sont nombreux : il en existe pour à peu près chaque usage !

Le Biau Jardin de Grannod

Un herbe risque d’être envahissante ? Pas de problème, le désherbant chimique est là ! No souci, et pschhhhhhhhhhhhit !

Les conditions sont propices au développement d’une maladie ? Le fongicide de synthèse répond ! No souci, et pschhhhhhhhhhhhit !

Sans recours possible à toute cette pharmacopée, on peut dire que les paysans Bio travaillent donc «sans filet». De fait, nous travaillons dans un optique de prévention. Car le nombre et la gravité des problèmes rencontrés en agriculture conventionnelle viennent de ses pratiques (rotations hyper simplifiées, engrais solubles nourissant directemenbt la plante, intensification, simplification du milieu jusqu’à l’absurde, etc… Plus grand monde d’ailleurs ne le conteste aujourd’hui.

Pour protéger leurs cultures de légumes de la concurrence des adventices (dites mauvaises herbes) les Biaux Jardiniers utilisent plusieurs techniques préventives complémentaires : rotation des cultures intégrant des engrais verts pluriannuels, méthodes douces et outils non violents de travail du sol, entretien mécanique, couverture du sol, faux semis, etc..

Pour lutter contre les parasites ou maladies, et bien avant l’usage des quelques produits minéraux simples homologués en bio, extraits végétaux, il s’agit surtout de prévention basée sur des pratiques agronomiques : une rotation équilibrée, le refus de l’intensification, et le respect et la valorisation du milieu : ce que les officiels appellent maintenant la «lutte biologique par conservation», reconnaisant par la-même qu’il suffisait de ne pas tout casser pour ne pas se précipiter dans une impasse…

Sans désherbant chimique de synthèse

De l’absence de concurrence des herbes adventices dépend très directement la réussite de nos cultures. Ce sont essentiellement les pratiques de lutte contre les mauvaises herbes, leur coût pincipalement en temps, dans une moindre mesure en matériels, qui créent le surcoût de prix des légumes de culture biologique contrôlée.

Binage de précision des planches permanentes de carotte avec une bineuse à éléments doubles et herse étrille de finition.

C’est un travail qui est très sensible à la météo : une pluie avant peut retarder un binage (et ensuite, il est vite trop tard !) ; une pluie après peut en anéantir les effets bénéfiques ( et il n’y a plus qu’à recommencer, et un peu trop tard ! ).

C’est principalement le “risque enherbement” qui distingue la Bio chez le maraîcher.

Une stratégie efficace de lutte contre les adventices nécessite à la fois beaucoup de préventif systématique (faux semis et dérivés) et du curatif précoce (binage sous ses diverses formes)..

Les moyens à mettre en oeuvre sont très divers, car il faut arriver à s’adapter à une grande diversité de situations : les Biaux Jardiniers binent avec toute une panoplie d’outils, utilisés pour les uns avec le tracteur, pour les autres à la main (un genre de traction animale…).  

Avant culture : faux semis + occultation

«Faux semis et occultation sont les deux mamelles du maraîcher bio du XXI ème siècle !»

Le faux semis

est cette technique traditionnelle, patiquée par les maraîchers depuis des sciècles, qui consiste à préparer le sol suffisamment longtemps à l’avance pour faire lever les graines d’adventices présentes dans le sol et ainsi avoir le temps de les détruire avant le semis de la culture, par exemple par un passage de rateau. Il faut donc enclencher leur germination en préparant la terre aussi finement que si on allait semer la culture elle-même. Un passage de rouleau favorise un bon contact terre / graine et le suivi régulier de l’humidité par l’arrosage permet d’obtenir une bonne levée .  

Il s’agit ensuite de détruire la levée d’herbe par le passage d’un outil assez agressif pour être efficace contre les plantules levées mais assez délicat pour ne pas trop travailler le sol au point de remettre en route une nouvelle germination. Anciennement, les maraîchers détruisaient cette levée d’herbe par «un p’tiot coup d’rateau». Actuellement, la herse étrille permet de mécaniser ce travail sur une plus grande surface. 

Autre système : les toiles d’occultation qui permettent de tuer les adventices levées, par étiolement, et sans aucun travail de sol.

L’occultation 

est une modernisation dérivée de la méthode précédente, qui peut se mettre en oeuvre grâce à l’utilisation des films plastiques noirs. Il s’agit d’obtenir la destruction des adventices, mises en germination par les façons culturales, en les privant de lumière. Parfois, en cas de faibles températures, pour être plus certain d’obtenir la levée des graines présentes dans le sol, les biaux jardiniers commencent par une «pseudo-solarisation« avec un film «étudié pour». Mais cela n’est nécessaire que exceptionnellement.

En augmentant ainsi la témpérature du sol, notamment en début de saison, on a plus de chances de réussir la levée des adventices, particulièrement celles qui se développent pendant l’été. Ainsi, on «prend de l’avance» sur l’adversaire !

Une fois cet objectif atteint, on remplace les films de solarisation (qui peuvent alors servir sur une autre culture) par des toiles noires tissées et on fait une «occultation». Les toiles tissées sont fixées au sol par des agrafes métalliques. Un petit outil «auto-construit» permet

privées de lumières, les jeunes plantules qui avaient levé s’étiolent et disparaissent.

Bien sûr, il ne faut pas oublier d’arroser autant que de besoin pour que les levées d’herbes continuent à se faire et que les plantules levées s’étiolent sous la bâche noire.

Un peu plus tard, on peut débâcher et donc semer dans un terrain propre :

Nous parachevons l’occultation en refixant les bâches par dessus le semis pour quelques jours. Si on ne laisse pas le sol se dessécher en surface, les conditions sont favorables à une levée rapide et homogène, il faut donc bien surveiller : dès que les premières graines de la culture semée commencent à lever, et si le soleil n’est pas trop agressif, nous enlevons les bâches d’occultation pour éviter que les plantes semées ne s’étiolent. Les bâches sont pliées,

les largeurs marquées à nouveau (les inscriptions s’effacent avec le temps), puis rangées à l’abri (notamment de l’agression par les ultra-violets) en attente d’un prochain usage.

On range aussi toutes les agrafes métalliques qui servaient à maintenir les toiles au sol en cas de vent. Ainsi que l’outil «auto-construit» qui permet de les arracher facilement.

Dès le lendemain, la levée s’est généralisée, 

et peu après, on voit bien les trois rangs de chaque planche (hé hé hé pas super droits !!! effectivement, mais parallèles, ça ira pas mal pour le binage mécanique).

Un bon départ (levée régulière, pas d’adventices) des cultures en semis direct amène en général de la sérénité aux biaux jardiniers. 

Morale de l’histoire :

«ça fait don ben beaucoup de plastique tout çà», diraient les esprits chagrin…

Et ben voui, répondrait le biau jardinier, tout à fait exact… Encore que les toiles d’occultation s’utilisent pendant de nombreuses années (plus de 10 ans) et sur plus d’une culture chaque année, ce qui fait au bout du compte (mais encore faut il accepter de compter) assez peu de matière consommée. 

Mais surtout, il nous semble que l’aspect humain doit être considéré en priorité :

- si on souhaite aux travailleurs bio de la terre des conditions sociales meilleures que celles de leurs collègues sri-lankais ou d’Alméria…

- si on pense qu’une brigade permanente de stagiaires non payés (voire qui paient pour passer quelques jours dans une «ferme» (?!) d’initiation à des méthodes miraculeuses de culture encore plus bio que bio) çà y ressemble un peu …

- si on constate que le consommateur n’est pas prêt à payer la carotte à un prix «trop» élevé (par rapport à la carotte de culture agro-chimique) et ben hein, ma foi, hein !

Après semis en pré-levée : désherbage thermique

Le désherbage thermique est une façon efficace et économique détruire un faux semis par la chaleur amenée très temporairement et seulement en surface du sol au moyen de brûleurs à gaz. Donc aucun rapport avec la violente technique de désherbage à la vapeur, grosse consommatrice d’énergie hélas utilisée par certains producteurs bio, dérivée de la méthode de «désinfection de sol» qui a tenté dans les années 60/70 de continuer à sur-exploiter les sols infestés de parasites telluriques par l’abus de rotations hyper simplifiées.

Il s’agit ici seulement de créer un bref choc thermique, suffisant pour provoquer, immédiatement ou en un jour la mort, des plantules d’adventices levées. Ce n’est qu’une cuisson (qui détruit les cellules des plantules, coagule les protéines)  pas une technique de brûlage de plantes développées avec production de cendres…

La technique peut s’utiliser en plein champ

ainsi que sous tunnel

Les biaux jardiniers ont investi dans ce brûleur il y a une vingtaine d’années; ils ont dû s’adresser à un constructeur extra-eurpéen puisqu’ils l’ont importé de Suisse. L’appareil utilise du gaz en phase liquide, (dans des bouteilles à plongeur comme sur les engins de manutention) pour lutter contre le gel provoqué par la détente lors de la combustion. Le gaz est parfaitement vaporisé par la conception du brûleur qui est constitué en fait d’un long serpentin réchauffeur.  

Contrairement aux méthodes mécaniques de destruction des faux semis, le brûlage deux énormes avantages :

- le biau jardinier est certain de ne pas provoquer une nouvelle mise en germination du stock de graines du sol puisqu’il n’y a pas de nouveau travail du sol.

- la technique peut s’utiliser alors que la culture est déja semée, mais pas encore levée, bien sûr (encore que quelques espèces supportent assez bien le passage de la flamme à quelques stades précis de leur développement).

Brûlage en pré-levée (voir shéma de principe ci-dessous).

Exemple de calendrier avec semis 2 semaines après la préparation de sol et brûlage 9 jours après le semis

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Le brûlage n’étant par nature pas du tout sélectif, c’est une technique qui demande pas mal d’observation pour déterminer le meilleur moment pour intervenir : il serait «très regrettable» de passer la flamme quelques jours trop tôt… et de laisser subsister des adventices, ou à peine quelques heures trop tard…et de détruire une partie de la culture en début de levée!

Un brûlage bien réussi, c’est la garantie d’une bonne maitrise de l’herbe dans des conditions de temps de travail raisonnables.

 

 

En culture : binage manuel

Y’a l’choix !

Les générations précédentes de paysans ont empiriquement mis au point toute une gamme d’outils, adaptés à diverses situations. Ces outils ont de nombreuses qualités et gardent encore tout leur intérêt. L’usage, et la tradition, leur ont donné un nom, qui peut varier selon les régions. Des fabrications récentes apparaissent aussi.

Houe maraîchère

Appelée aussi pousse-pousse, la houe maraîchère s’utilise poussée devant soi, avec de petits gestes du bras qui la font régulièrement revenir un petit peu en arrière.

Les manches de notre houe maraîchère sont des tubes cintrés boulonnés sur un petit bâti composé d’un fer en U sur lequel sont soudés des fers plats cintrés qui reçoivent les brides de fixation des différents outils. Un des intérêts de cette conception est que la houe, tout en n’étant pas lourde est beaucoup plus stable que celles en alu.

La houe sert aux premiers binages des légumes à croissance lente avec une lame oscillante (il en existe de différentes largeurs). Elle permet un travail très très précis. C’est un outils suffisamment confortable et efficace pour ne pas l’utiliser uniquement sur de petites occasions :

Divers accessoires peuvent se fixer en lieu et place de la lame oscillante, mais nous ne les utilisons pas.

Rapettes

Il existe une grande variété de «rapettes» : forgées ou non, en fonction de l’angle de travail, de la longueur du manche, on peut travailler plus ou moins près du légume, le travailleur en position plus ou moins droite, La lame permet de biner entre les légumes, notamment sur le rang. Comme la lame est fixée centralement (par exemple par un col de cygne), on peut «passer» très près, notamment sous les feuilles de la salade. Certains modèles sont conçus pour être utilisés «en tirant».

D’autres plutôt «en poussant».

Sarclot

Le Biau Jardinier a acheté son sarclot il y a bientôt quarante ans, chez les forgerons de la commune de sa première ferme.  C’est un outil un peu lourd, donc paradoxalement très confortable, puisque on dispose de la force procurée par sa masse quand il redescend frapper une herbe. Le jardinier amateur utilise le sarclot pour butter pomme de terre et haricot, le viticullteur pour casser les quelques herbes qui ont échapé au bionage mécanique. Le Biau Jardinier s’en sert par exemple pour supprimer quelques pieds d’indésirables qui tentent de s’installer dans les engrais verts jeunes, les bandes fleuries, pour quelques fignolages.

Belette

Une lame oscillante, qui coupe les plantules, est associée à une série d’étoiles, dont le mouvement rotatif expose à l’air leurs racines. Si l’on n’aime pas travailler en compagnie de musique ultra contemporaine, il est recommandé de mettre régulièrement un peu de dégrippant dans l’axe de rotation des étoiles.  La «belette» fonctionne sur le même principe que la roue sarcleuse car les deux parties de l’outil travaillent de façon complémentaire.

Roue sarcleuse

​Outil beaucoup utilisé aux Pays-Bas et en Belgique, la roue sarcleuse s’utilise poussée devant soi. Elle se compose de trois éléments : une lame horizontale, une roue avec des pales, des tôles de protection. La  roue sarcleuse fonctionne sur le même principe que la «belette» car les deux parties de l’outil travaillent de façon complémentaire.

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  • La lame horizontale coupe les herbes levées.
  • Les pales qui composent la roue mise en mouvement soulèvent, coupent, et détruisent les adventices en exposant leurs racines à l’air ; elles binent la surface du sol. Les tôles latérales protègent les feuilles des légumes qui poussent sur le rang en les empêchant de se présenter devant la roue.

Lors du voyage de maraîchers Rhône Alpes dans le Sud-Ouest, un collègue originaire des Pays-Bas nous a montré sa «collection». Tous ses modèles sont équipés des petites tôles latérales qui écartent les feuilles des légumes en cours de végétation, ce qui leur évite d’être happés puis coupés par les fers plats de la roue. Il en possède plusieurs, de différenes largeurs, ce qui confirme aussi que les techniques utilisées ici ou là le sont aussi sur une base culturelle (kulturelle).

Les modèles remis en fabrication il y a peu d’années par une jeune entreprise française n’ont pas cet avantage, et c’est bien dommage !

Avantages des outils à main

Ils sont nombreux :

  • leur absolu silence (dû à l’absence d’usage d’énergie fossile par l’utlisation exclusive d’énergie motrice humaine, dite «renouvelable»…).
  • leur parfaite adaptation à toute une série de petits travaux (mise en route rapide, pas de réglages, travail solitaire possible)
  • la position de l’utilisateur, qui change de la station accroupie souvent nécessaire évidemment pour cueillir, mais aussi pour désherber manuellement ce que les bineuses guidées ou non ne peuvent pas atteindre
  • la position de l’utilisateur, qui change de la station assise sur le siège du tracteur indispensable pour sa conduite et apparemment génératrice de bien des problèmes abdominaux si on en juge par les évolutions de silhouette chez les jeunes agriculteurs,
  • la position de l’utilisateur, qui fait que, alors que lorsque le cul est sur le tracteur, l’esprit a facilement tendance à «ruminer», la station debout, qui a parait-il permis l’évolution de nos lointains ancêtres par l’irrigation du cerveau, semble procurer au Biau Jardinier des réflexions plus construites et positives,
  • et, last but not least, le travail à la main, en «forçant» l’utilisateur de ces outils à se déplacer avec lenteur, à être disponible à l’observation (d’où la nécessité de ne pas oublier sa petite loupe quand on part biner…)  permet surtout de garder les pieds sur terre, contact fondamental que l’agriculture contemporaine (du haut de ses tracteurs à cabine climatisée) a grand tort de sous-estimer.

Quel bonheur de passer «un p’tit coup d’rapette» dans les choux pointus du tunnel sous le soleil de mars, quelle sérénité d’arpenter un engrais verts en juin ou juillet en soirée longtemps après le chaud (qui a été consacré à la sieste à l’ombre…), le sarclot à la main pour détruire de temps en temps un pied de rumex récalcitrant ou un chénopode que le compostage en tas du fumier a laissé réchapper.

Sans doute que, s’il n’y avait pas ces moments, le Biau Jardinier se serait recyclé…

Vidéo : le plaisir du binage manuel

qui permet de laisser le sol accessible à certains insectes auxiliaires pour se nymphoser

 

En culture : binage tracteur

Un grand nombre d’outils de binage, plus ou moins récents, sont disponibles pour être attelés au traccteur, qu’ils soient proposés par les entreprises de machinisme agricole, ou bien qu’ils soient auto-construits.

Bineuses guidées

Les différents modèles de bineuses de précision ont en commun de nécessiter la présence de deux personnes : une conduit le tracteur, l’autre conduit la bineuse qui y est attelée.

entretien à la bineuse guidée dans le cèleri-rave : 2 personnes

Chacune a donc son siège, son volant, sa responsabilité à aller droit. Quand on travaille en couple, c’est d’une parfaite parité !

En fonction des cultures et de leur stade de dévelopement, les Biaux Jardiniers uilisent deux types de bineuse guidée, chacune ayant des éléments de travail différents : les parallélogrammes «duo» et les parallélogrammes «simples».

Parllélogrammes duo

Les éléments de binage possèdent deux roues pour le réglage de la profondeur de travail, une de chaque coté du rang. Le parallélogramme chevauche le rang semé. Différentes pièces travaillent une partie de chacun des entre-rangs situés de part et d’autre du légume :

  • d’abord des petits disques protègent les plantules de légumes et permettent un binage très proche du rang
  • puis ​des dents binent l’entre rangs.
  • en fin des dents de herse étrille, dont la pression au sol est facilement réglable par un contrepoids permettent de mieux exposer au soleil les racines des adventices venant d’être binées

C’est cet outil qui est utilisé en premier dans les cultures semées ( carotte, etc…) parce qu’il est le plus précis.

Les Biaux Jardniers font avec cet outil le même type de travail très précoce qu’avec leur houe à bras à lame oscillante, mais plus vite. Ils ont fait cet investissement grâce à une aide du conseil régional de Bourgogne.

Parallélogrammes simples

Les paralléogrammes simples, eux, ont une seule roue de terrage de la profondeur de travail ; ils sont situés au dessus de l’entre-rang. Ils permettent donc de biner les cultures quand elles sont plus développées.​ C’est sur ce matériel que les Biaux Jardiniers installent des doigts souples de binage quand ils souhaitent travailler sur le rang de légumes.

Cet outil permet de biner SUR le rang les cultures assez implantées pour l’accepter sans dommage.

Bineuses non guidées

Pour biner au tracteur mais avec son seul conducteur, le Biau Jardinier utilise la barre porte outil fabriquée lors d’un stage d’auto-construction. Cet outil va très bien pour tout ce qui n’est pas le binage de précision.

Le Biau Jardinier l’utilise donc pour les derniers binages des cultures à grand écartement, comme le cèleri-rave (donc avec 3 éléments pour biner 2 rangs).

la barre porte outil permet d'effectuer seul les binages d'entretien dans les cultures développées

Binage des allées

Les allées dans les engrais verts sont elles aussi binées : pas question en effet de laisser aux vivaces la possibilité de s’installer dans les allées pendant les 3 années que restera en place le mélange trèfle/luzerne/poacées. La première année, les Biaux Jardiniers préfèrent souvent pour l’entretien d’allées encore peu tassées le travail plus précis obtenu avec les éléments parallélogramme simples.

Pour biner les allées les années suivantes, les Biaux Jardiniers utilisent la barre porte outil auto construite montée avec des dents type queue de cochon.

Ce sont des dents double spire, très solides et suffisamment agressives, parce que les allées en question sont régulièrement tassées lors des passages de broyeur, et moins souvent travaillées en surface  que celles qui séparent les planches permanentes qui sont en légumes. Nous utilisons donc aussi un soc renforcé. Il fait 30 cm de large, ce qui permet de «nettoyer» toute la largeur de l’allée en un seul passage.

Mais il faut aussi éviter de déstabiliser l’allée (puisqu’elle sert à rouler en tracteur) en travaillant trop profond ; d’où l’intérêt de la barre porte-outils proposée à l’auto-construction par l’Atelier Paysan sur laquelle il a été prévu des roues de jauge.

Pour toutes explications, autres possibilités, photos et plans de cet outil très polyvalent, cliquer  ICI !

Pour les dates de stage d’auto-constrution, c’est sur le site de l’Atelier Paysan ( ex adabio auto-construction ).

La méthode corse

Les diverses méthodes  de faux semis ont en commun une limite : ll faut que soient réunies les conditions adéquates pour que les graines d’adventices lèvent (élémentaire, mon cher Watson !).  Or, humidité, durée disponible avant l’implantation de la culture, mais surtout température, ne sont pas des conditions réunies en toute saison, notamment au printemps, avant la mise en place des premières cultures précoces de plein champ.

Nous utilisons donc une méthode que certains maraîchers pleins d’humour et d’auto-dérision ont baptisée  : la méthode corse… parce que le terrain est intégralement plastiqué Boum ! Ah Ah Ah !

Dans ce système, les planches de culture sont paillées à la dérouleuse 

avec un film polyéthylène très fin (15 microns) ou un biodégradable (selon la durée de la culture)

et les allées sont ensuite couvertes d’une toile noire épaisse tissée qui est déroulée et fixée manuellement.

Un petit bricolage permetra d’enrouler mécaniquement les toiles après usage, tout en les nettoyant. Elles seront disponibles pour servir ailleurs.

Nous utilisons la méthode corse pincipalement pour le carré des échalotes / oignons 

ainsi que celui des petits pois.

C’est à dire les cultures implantées en plein champ en début de saison.

​Évidemment, en fin de culture, il y a tout ce film de paillage à enlever : celui de la planche qui est soulevé mécvaniquement et qu’il faut nettoyer correctement pour qu’il soit accepté au recyclage lors des collectes agricoles plutôt que déposé en déchetterie. Et celui de l’allée qu’il faut enrouler (grâce à une petite machine de fabrication très locale) pour stockage en attente d’une prochaine utilisation.

La tension permet de nettoyer ce qui est enroulé.

Ces toiles sont retirées en cours de culture, dès que l’enherbement n’est plus à craindre.

Elles sont assez solides pour que nous les utilisions une bonne dizaine d’années, ce qui au bilan entraine peu d’utilsation de matière.

La présence de bandes fleuries régulièrement réparties dans tout le jardin permet d’offrir un refuge aux insectes rebutés par la surface de paillage, c’est pourquoi les baux jardiniers les soignent particulièrement tout au long de la saison.

bande fleurie repiquée entre, à gauche, occultation avant semis et à droite oignon en méthode corse

bande fleurie à base de coquelicot et bleuet en bordure du carré oignon/échalote

Un autre lieu de refuge pour les insectes auxiliaires, qui ont besoin de butiner et se nourrir, c’est le bout des planches. Les chemins du jardin, au lieu d’être toujours «parfaitement» tondus de frais genre pelouse de lotissement, comportent près des planches de culture des bandes qui ne sont pas fauchées, ce qui permet de diversifier la flore, d’apporter des fleurs aux butineurs, etc. Évidemment, l’entretien, forcément manuel puisque sélectif, de ces endroits, demande plus de temps qu’un simple passage de broyeur.

bande enherbée en début et cours de floraison, en bout des oignons conduits en méthode corse.

 Re-morale de l’histoire :

«ça re fait don ben beaucoup de plastique tout çà», re-diraient les esprits chagrin…

Et ben voui, re répondrait le biau jardinier, tout à fait exact… Encore que les toiles installées dans les allées s’utilisent pendant de nombreuses années (plus de 10 ans) et sur plus d’une culture chaque année, ce qui fait au bout du compte (mais encore faut il accepter de compter) assez peu de matière consommée. Et le paillage des planches est fait avec le film le plus fin que l’on trouve sur le marché.

Mais surtout, il nous semble que l’aspect humain doit être considéré en priorité :

- si on souhaite aux travailleurs bio de la terre des conditions sociales meilleures que celles de leurs collègues Sri Lankais ou d’Alméria…

- si on pense qu’une brigade permanente de stagiaires non payés (voire qui paient pour passer quelques jours dans une «ferme» (?!) d’initiation à une des méthodes miraculeuses de culture encore plus bio que bio) çà y ressemble un peu …

- si on constate que le consommateur n’est pas prêt à payer la carotte à un prix «trop» élevé ( trop = par rapport à la carotte de culture agro-chimique) et ben hein, ma foi, hein !

Sachant que, bien évidemment, l’utilisation de films de paillage polyéthylène ou polypropylène pour mettre en oeuvre les diverses techniques de maitrise de l’enherbement n’est pas incompatible avec la mise en place et l’entretien des bandes fleuries utiles pour héberger et multiplier les insectes auxiliaires des cultures, l’entretien du bocage, ec…

 

La sauterelle

article à venir

 

En attendant : LIEN

Des planches permanentes

Nous sommes passés progressivement à la culture en planche permanente depuis les premières années de ce millénaire. C’est un système agronomique qui repose sur des bases très simples, pour ne pas dire évidentes, tellement simples et évidentes que je me demande encore maintenant pourquoi nous n’y avons pas pensé plus tôt…

Le Biau Jardin de Grannod

L’agronomie des planches permanentes consiste à réserver, en permanence, d’une année sur l’autre, les allées au passage des roues de tracteur ou des pieds des maraîchers pour le tassement, et les planches exclusivement à la culture des légumes pour la qualité de sol. Les outils sont donc choisis ou modifiés pour d’une part ne plus faire de travail de sol profond derrière les roues, et d’autre part profiter de chaque travail de la planche permanente pour faire un léger binage de surface de l’allée dans le but d’en éviter l’enherbement.

Le travail en planches permanentes limite énormément tous les problèmes de tassement, qui sont reportés en dehors de la zone de culture, et en même temps, la portance de l’allée est augmentée d’autant. Parallèlement, comme la planche de culture est mieux structurée, elle réssuie beaucoup mieux après les périodes pluvieuses. Sachant que les conséquences du passage des roues du tracteur ne se feront pas sentir dans la planche de culture, la liberté d’intervention du paysan augmente d’autant.

Le travail en planches permanentes facilite énormément l’organisation : comme le travail devient possible planche par planche puisque plus n’est besoin que l’ensemble d’un carré soit disponible pour sa reprise (comme avec le labour ou le bêchage) la méthode apporte énormément de souplesse : tous les travaux peuvent être «individualisés à la planche» : repise d’une planche de légume après récolte, préparation de sol, occultation, semis ou incorporation d’engrais vert, etc… peuvent se faire sans attendre

En planches permanentes, c'est facile de ne reprendre que ce que l'on souhaite

La démarche s’accompagne d’une volonté d’évitement des outils rotatifs :

bien évidemment pour la finition. Le fait est que le besoin de passer un outil du type rotovator juste avant le semis n’est le plus souvent que le signe d’une mauvaise préparation de sol par les outils utilisés antérieurement, le plus fréquemment dans de mauvaises conditions.

mais aussi pour la reprise des cultures ou l’incorporation des engrais verts. Nombreux sont ceux qui tentent de mettre au point d’autres itinéraires techniques avec des outils tirés, reprochant aux outils rotatifs d’être :

  • trop technologiques  (besoin de prise de force, renvois d’angle, transmission, etc)
  • violents (destruction de la faune tellurique)
  • agronomiquement dangereux (risque de lissage ou d’émiettement excessif)
  • gourmands en temps (vitesse de travail faible)
  • gourmands en matière (consommation élevée, usure rapide, beaucoup d’entretien)
  • gourmands en finances (bien que les petits outils rotatifs importés soient assez bon marché, les outils «classiques» à double rotor et leurs versions modernisées du type conditionneurs de sol - quelle appellation…- coûtent «un bras» ( et alors le paysan manchot soufre au travail ! ).

Petit résumé des motivations

Au tout début du troisième millénaire, Roger, technicien maraîcher de chambre d’agriculture (sans doute dans le but de couronner sa proche fin de carrière  par des actions bio d’éclat) organise des voyages de maraîchers dans quelques pays d’Europe, et quelques sessions de formation dont une «travail du sol» de 3 journées avec ce que le milieu de la bio compte d’agronomes chevronnés ( de ceux qui, après être passés dans les placards officiels, figurent maintenant dans les documentaires sur l’agriculture qui se diffusent ces dernières années).

De plus, chez quelques collègues, des problèmes récurrents de structure de sol (compaction, semelles, etc…) apparaissent dans certaines parcelles à rotation intensive, peut-être accentués par l’emploi fréquent d’outils rotatifs.

De tout ceci, il ressort plusieurs conclusions qui peuvent sembler maintenant des évidences, mais que jusqu’alors à peu près personne n’avait mises en oeuvre ensemble et systématiquement sur sa ferme :

- pour protéger au mieux la structure du sol dans lequel poussent nos légumes, essayons d’éviter l’agressivité des outils rotatifs, et arrêtons de planter ou de semer là où la roue d’un tracteur a auparavant tassé le sol en menant l’outil utilisé dans le but de le préparer. Chaque chose à sa place :

     - les légumes dans la terre souple de la planche, qui a été correctement travaillée,

     - les roues du tracteur dans des allées tassées par les passages répétés de tracteur, mais chacun toujours exactement au même endroit année après année.

- pour protéger au mieux la faune auxiliaire dans des jardins maraîchers, plutôt intensifs et surtout où la plupart des légumes sont récoltés avant d’avoir eu le temps de fleurir et parvenir à complète maturité, consacrons des espaces «improductifs» spécialement fleuris et aménagés pour héberger les divers auxiliaires à l’abri des tracteurs, bineuses, et autres passages répétés et dérangeants, mécaniques et humains.

Avec l’appui des structures professionnelles de l’agriculture, les premiers essais ont aussitôt été mis en place, chez des agriculteurs comme en station.

 

 

 

Il a donc fallu inventer les outils nécessaires

Le groupe de travail PP

C’est ainsi, qu’au début des années 2000, s’est créé le «groupe de travail planches permanentes» réunion à peu près tous les 18 mois des maraîchers qui se sont lancés dans cette aventure, des techniciens qui suivent le processus : nous échangions, en salle avec photos et sur le terrain, sur nos méthodes, nos résultats, nos projets, nos échecs, etc…

Pour avoir la certitude que les planches restent toujours exactement au même endroit au fil des ans, plusieurs solutions différentes ont été mises en oeuvre sur les fermes : installation de «bornes» régulièrement réparties, de bandes fleuries pluri-annuelles, etc…

Et puis il a fallu modifier nos matériels, bien évidemment pas adaptés à cette nouvelle technique puisque travaillant tous à l’origine la largeur du tracteur voire plus, donc la planche de culture et aussi le passage de roues, chacun tentant de l’adapter à ses propres conditions et objectifs : type de terre, avec ou sans cailloux, largeur des planches, hauteur souhaitée de la butte, etc… Le tout bien sûr en fonction de la qualité de son atelier et de ses compétences de bricoleur.

Sur notre ferme

Bandes fleuries

La conversion au travail en planches permanentes a été facilitée par l’implantation des bandes fleuries qui nous ont permis, du jour au lendemain, de «figer définitivement» la place de chaque planche permanente : plus de risque de les «glisser». Et modification de l’ordre de travail des planches en abandonnant le «travail à la suite» au bénéfice de la «logique symétrique» pour minimiser au mieux les glissements.

Supprimer des bêches

N’ayant jamais labouré de sa vie, le Biau Jardinier pas eu besoin de sevrage ni de revendre une charrue. Il a commencé l’aventure de la conversion en planches permanentes plutôt simplement : en supprimant les pelles extérieures de la bêcheuse alternative, qui travaillaient le passage de roues. Cette simple modification a permis d’avoir de meilleures allées permanentes : stables, donc fiables. Mais pour ce qui concerne la fabrication des outils nécessaires, le début a été très très très laborieux.  Gravement incompétent en mécanique, il a pas mal souffert.

Récup. à butteuse

​Il a aussi utlisé de vieux outils, facilement trouvés d’occasion, qui avaient été utilisés un peu partout à une époque pas si lointaine :

Cadre à  barres

parfois appelé «cadre Gard» (du nom de son fabricant), ou «barbentane», outil répandu dans le Sud, tant chez pas mal de maraîchers que chez ceux qui cultivaient des légumes entre des rangs d’arbres fruitiers - prune par ex - (çà ne s’appelait pas encore «agroforesterie» ou «permaculture» parce que les marchands de communication n’avaient pas encore senti le filon) et bien sûr chez les viticulteurs qui buttaient, débuttaient et griffaient leurs vignes toute l’année avec cet outil simple et polyvalent. Il a un buttoir central et 2 voire 3 paires de charrues. C’est en intervertissant leurs places que les vignerons du Midi chaussent leurs vignes, puis les déchaussent.

Cet outil a l’inconvénient d’être une charrue. Mais comme les socs sont de petite taille et souvent sans versoir ça ne bouleverse pas trop le sol. À noter que sur une charrue, si un versoir n’est pas boulonné d’origne pour un démontage facile, une meuleuse est très capable de le supprimer sans frais en cas de nécessité !. Dans ce cas, ne pas oublier de ranger le bout de ferraille ainsi récupéré dans le stock de «minerai de bricolage». Par contre, l’avantage du cadre est qu’il peut servir à d’autres usages si on remplace les charrues par des dents - existantes - de divers modèles : à ailettes, cotes de melon, etc… Un outil donc assez polyvalent que les jeunes maraîchers en cours d’installation auraient grand bénéfice à aller chercher dans les zones où ces outils étaient très communs il y a seulement 20 ou 30 ans. Mais il faut se déplacer, ce qui est bien abordable quand on est équipé d’un fourgon pour vendre sur ses marchés. Mais le Biau Jardinier a eu souvent la tristesse de constater que les jeunes installés étaient parfaitement convaincus qu’ils n’avaient pas le temps de se déplacer ailleurs pour s’y  former, se renseigner, s’équiper, échanger avec des collègues. Et cela lui semble dommageable. Ma foi…

Butteuse à asperges

outil anciennement utilisé par les producteurs spécialisés du département, notamment dans les sables de Sassenay, à l’époque où ils étaient nombreux, c’est à dire avant le grignotage par les maisons individuelles.

Ce modèle correspondait bien à notre objectif de ne pas monter de buttes trop hautes parce que nos sols de Val de Seille n’en ont pas besoin. et il avait le mérite d’exister (il avait suffi d’aller le chercher chez son ancien propriétaire), de n’avoir pas coûté grand chose, et d’avoir permis la rencontre d’un professionnel avec qui les échanges ont, comme le plus souvent dans ce genre de circonstances, été fructueux.

Les inconvénients de ce modèle étaient : des disques de trop petit diamètre, et matériel conçu pour du plus petit travail dans des terres plus légères. L’arrivée du nouveau tracteur, plus puissant lui a été fatale… (à force de casse, de pièces tordues).

Fouilleuse à cultibutte

Le biau jardinier a aussi modifié quelque vieil outil existant dans sa cour pour en faire un ovni à planche permanente.

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À partir du chassis monopoutre d’une vieille «fouilleuse» de la première génération, la fameuse bêcheuse alternative a pu enfin être remisée quasi définitivement sous l’auvent, tout au fond. Tranquille.

Cette fouilleuse, le biau jardinier l’avait achetée d’occasion dans la fin des années 70 à un agriculteur bio en fin de carrière qui n’en avait plus l’usage. L’outil disposait d’un  jeu de dents rigides avec soc (dites dents «déchaumeuses») ,

et un jeu de dents rigides sans soc (dites dents «sous soleuses»).

Pour la petite histoire, ou pour les amateurs d’archéologie humaine et/ou mécanique,  on peut voir par ce LIEN quel fut le succès de la descendance mécanique de la fouilleuse.

Pour l’adapter à notre projet de planches permanentes, il a donc fallu :

- ajouter des poutres pour espacer assez les dents et limiter le bourrage

- ajouter des disques de buttage pour le travail superficiel des allées,  remonter la terre fine de l’allée, et former le bord de planche, 

- installer des réglages fiables : 

     roues de jauge avec leur réglage vissant repris d’une ancienne effeuilleuse à betterave fourragère,

     chandelle pour le réglage du rouleau arrière qui permet de tarer la profondeur de travail sur la planche.

Mais faute de compétences, les réglages en question étaient trop laborieux pour que la solution soit viable à long terme : il fallait modifier le réglage par boulons de chaque disque d’allée lors de chaque modification du réglage de la profondeur du travail des dents droites ou de l’utilisation avec les dents à ailettes.

De plus, le Biau Jardinier savait bien d’expérience que les dents rigides ne sont pas les mieux adaptées au type de travail que nos sols demandent. Elles étaient disponibles sur la ferme et ont donc été utilisées, mais faute de mieux ; raison qui ne suffisait pas à en justifier agronomiquement l’utilisation…

Bref, les dents souples manquaient cruellement pour ameublir la planche en apportant la garantie de travail seulement en surface dans les allées aussi !

C’est le charme de l’expérimentation : on se rend très bien compte de ce qui ne va pas…

Et cela nous a permis de démarrer le travail en planche permanente ; et de profiter précocément de beaucoup des avantages de cette pratique. C’était déjà pas mal !

Mais le Biau Jardinier était bien incapable de concevoir et réaliser seul les modifications nécessaires, et bien que tout cela ait quand même permis d’avance dans la pratique des planches permanentes, cela a aussi confirmé qu’il avait vraiment besoin de se former en conception de plan, soudure, perçage, etc…

Bricovibro à vibroplanche

Une fois la planche montée à la butteuse, puis ameublie sur tout son profil par la fouilleuse, la finition se faisait au vibro.

Le modèle dispo sur la ferme, très classique, a d’abord été réduit en largeur pour s’adapter au format de la planche,ainsi que en longueur pour éviter de trop «pulvériser» la surface de la planche. Des disques réglables par boulon ont été fixés à l’avant du bâti pour remonter la terre. Pour limiter les retombées de terre fine dans l’allée, le Biau Jardinier avait fait avec ses «compétences» en soudure : une planche fixée aux dents du bord avec 2 bouts de fil de fer ! Quelques années plus tard, investisement dans deux toles pliées soudées aux dents extérieures (et miracle, çà tenait environ la saison !).

L’ajout d’un vérin hydraulique au rouleau arrière de finitiion a facilité le réglage.

Toujours les même inconvénients : difficulté à modifier le réglage de profondeur des disques avant et problèmes pour maîtriser le binage de l’allée.

C’est cet outil qui a ensuite été complété par un bâti support à l’avant et une herse étrille à la fin de l’outil pour servir aussi au semis des engrais verts.  Et quand le Biau Jardinier a suivi la première formation à l’autoconstruction d’un  vibroplanche, il a pu :

adapter le semoir à engrais vert sur un outil spécifique qui a été auto-construit en stage

donner ce vibro bricolé à un collègue que cet outil séduisait : recyclage.

Puis les auto-construire

C’est bien évidemment Joseph qui a été le plus performant dans cette aventure… Associé avec Régine et Denis, «bricoleur» polyvalent et maraîcher compétent donc paysan efficace, il a très vite construit à partir d’un vieux chassis et avec différentes pièces de récupération un premier outil qu’il a amélioré au fil des saisons.Le coup de génie ayant été de concevoir un outil double, la deuxième partie dédiée exclusivement au travail des allées et à la finition étant articulée, donc ses régages de profondeur complètement indépendants de ceux de la partie travaillant la planche.

Puis dans le cadre de l› ADABIO (LIEN) a été mis en route un projet de diffusion de ce matériel, bientôt élargi aux autres «inventions» que chacun  peut réaliser «dans son coin». Un technicien machinisme, Thibault, a été embauché pour les besoins de la cause : éditer les plans précis des divers matériels que les maraîchers ont mis au point chez eux pour répondre aux différents besoins (travail du sol, confort de travail, etc…) qui ne sont pas satisfaits par l’offre de matériel existant proposé par les différents fournisseurs.

C’est ainsi qu’a été mis sur pied pendant l’hiver 20102011 le premier stage de formation technique à l’auto-construction. Il s’agissait d’apporter aux paysans une formation technique suffisante pour construire les outils dont ils ont besoin.

Auto-construire comment ? 

en réalisant collectivement et avec l’aide de Joseph et Thibault des «cultibutte» sur le modèle de celui que Joseph a entièrement refabriqué à partir de son «original» dans le but d’en faire un outil reproductible.

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Une commande groupée de ferraille, vérins, boulonnerie, etc a été organisée pour que chacun des stagiaires qui le souhaitait puisse repartir avec un outill entièrement construit.

C’était ensuite un stage programmé sur 5 jours consécutifs dans l’atelier de mécanique d’une maison familiale de l’Isère. La cantine de l’internat nous a fourni pour les repas de midi, une nourriture… que les maraîchers bio n’ont pas vraiment l’habitude de consommer…

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Nous y avons eu accès à des conditions de travail que chacun n’a pas forcément chez soi.

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Et même à quelques rayons de soleil pour admirer un magnifique platane, quand les maraîchers, qui sont gens de plein air, avaient le besoin de sortir quelques instants de «l’usine»… et pas tous pour fumer.

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A partir des plans que Thibault avait faits, les paysans ont réalisé les séries de pièces nécessaires, sous l’oeil attentif (et patient!) des encadrants. 

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Bien sûr, les premières soudures, les premières coupes n’étaient pas superbes, il a fallu retoucher, meuler pour recommencer parfois…

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Mais en général, à force de conseils et d’obstination, il est bien rare que chacun n’arrive pas à acquérir de nouvelles compétences !

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…surtout avec le parrainage du père du cultibutte, très heureux de voir son enfant reproduit dans une telle ambiance d’autogestion collective, aussi studieuse et efficace que bio et chaleureuse. Parce que franchement, vous en connaisez un qui peut continuer à souder de travers quand l’oeil de Joseph, avec son masque de soudure «tuné» observe le boulot par dessus son épaule et que la voix commente et conseille au creux de son oreille ???

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Les premiers éléments complets ont rapidement vu le jour. Mais il fallait tenir le planning de ces 5 journées, ce qui fit naitre une inquiétude devenue rapidement «jingle» quasi traditionnel : «putain les mecs, on est mals !!!»

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C’était un peu le stress de la production industrielle ; et il fallait pourtant ne pas oublier de travailler en sécurité, et mettre toutes les protections, notamment les gants…

Mais le vendredi dans l’après midi, le contrat était rempli :

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restait assez de temps pour le nettoyage de l’atelier et le bilan de la formation. Le soir, chacun a pu repartir sur sa ferme avec de nouveaux savoir-faire, et toutes les pièces pour monter son cultibutte…

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…avec les ultimes éclaircissements de montage et conseils d’utilisation issus de la pratique de Joseph. Conseils qui faisaient fonction, et au delà, de guide de montage de meuble à désign scandinave et production délocalisée.

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Ce premier stage d’autoconstruction fut une belle semaine, riche de réalisations et de rencontres, agréables et enrichissantes. Une semaine valorisante pour tous les participants. Le constat à nouveau que chacun peut se prendre en charge et que l’action collective fait progresser.

Une semaine à laquelle le biau jardinier n’aurait pas eu le plaisir de participer sans la compréhension et le soutien des abonnés qui se sont vus privés de leur panier de légumes !

Le groupe des premiers cultibutteurs auto-constructeurs a bien évidemment immortalisé le souvenir de ce tout premier stage d’auto-construction de cultibutte, se promettant que ce serait gâcher qu’une aussi belle aventure ne se diffuse pas plus largement. Une manière de prendre date.

De tous les points de vue donc, le cultibutte, c’est une belle aventure humaine ! Et sous la houlette des animateurs locaux du réseau bio a donc pris corps l’idée de la création d’une association de préfiguration d’une coopérative d’auto-construction.

Ce n’est qu’un début…

4 outils nécessaires et suffisants

Passer au travail en planche permanente de façon confortable, c’est au fond maintenant assez facile. Il suffit de disposer de la gamme des 4 outils ; et ils peuvent tous se construire - à peu de frais - dans le cadre des formations de 5 jours qui sont organisées par l’Atelier Paysan ( ex adabio auto-construction) :

la butteuse à planche, pour «monter» la planche

le cultibutte, pour structurer tout le profil de la planche

le vibroplanche, pour obtenir un bon lit de semence.

Évidemment tous équipés du triangle d’attelage (bien sûr amélioré par sa bascule) pour gagner en confort et rapidité.

Financièrement, il en coûtera dans ces conditions, et pour le total, largement moins cher que d’acheter un seul de ces outils du commerce qui prétendent à l’universalité d’emploi, voire à préparer une planche prête à planter à partir d’une prairie en un seul passage… Restera même largement, pour le même budget,  de quoi investir, par exemple, dans broyeur et semoir pour engrais vert.

Triangle d'attelage et bascule

Pour atteler les outils au tracteur avec efficacité, rapidité, sécurité et ergonomie, bref avec le confort dû à tout travailleur, le système d’attelage rapide par triangle peut-être qualifié d’incontournable. Mais avec la bascule (ex «appendice Pigneret»), c’est encore super mieux…

"appendice Pigneret" originel...

C’est au millénaire précédent, sous l’amicale pression de Roger, technicien maraîchage très éclairé de l’époque, que les Biaux Jardiniers ont été sensibilisés au confort du triangle d’attelage. Rappel : l’attelage 3 points classique (à broches) est en effet très fastidieux. Il est le plus souvent long, générateur de risque d’accident autant que de travail en position torturante. Ce système mécanique n’est de plus pas du tout adapté au maraîchage diversifié, tel que pratiqué par ex chez nous, pour une raison supplémentaire : pour être correctement fait, le travail au jardin demande fréquemment l’utilisation de plusieurs outils différents chaque jour ; et chacun pour des utilisations assez courtes. Et rares sont les petits maraîchers diversifiés à disposer de plusieurs tracteurs. Il n’est donc pas rare de devoir changer 4 ou 6 fois d’outillage dans la même journée. Voire plus ! Alors le fastideux se multiplie…

Et quand il faut marier 3 pitons dans 3 perçages - qui tombent rarement parfaitement en face - à chaque attelage d’outil, puis une fois le premier travail effectué belote au dételage, puis, rebelote à l’utlisation de l’outil suivant… GALÈRE … (ici, le langage imagé du capitaine Haddock !)

La solution est donc le système d’attelage rapide par triangle, proposé dans le commerce depuis le millénaire précédent mais peu répandu en France. Le triangle mâle est installé une fois pour toutes au tracteur.

Et quand, avec son triangle mâle, le tracteur approche d’un outil équipé du triangle femelle, l’attelage devient un jeu d’enfant. Même plus besoin d’être complètement en face ! Même plus besoin de descendre du tracteur ! BONHEUR et SÉRÉNITÉ

Le fabricant du système en expliquait la conception et ses avantages dans le document quadragénaire illustré, retrouvé dans les archives des Biaux Jardiniers de Grannod et reproduit ci dessous : (on peut cliquer dessus pour l’agrandir)

C’est tellement facile, simple d’usage, que pour convaincre qu’atteler une fois équipé en triangle est à la portée de vraiment «n’importe qui», les communicants de l’époque n’avaient pas hésité à utiliser… des photos féminisées… (particulièrement rare dans une pub de mécanique, en tout cas avec un modèle habillé…).

La bascule

L’indispensable bascule

Donc, l’attelage par triangle, c’est bonheur et sérénnité. Mais…car

il y a un «mais»…

en installant le triangle mâle à demeure sur le tracteur, on supprime ipso facto la possibilité que tracteur et outil puissent s’articuler quand ils ne travaillent pas dans le même plan. Alors que cela est possible en attelage classique par piton en attelant la barre de poussée dans une lumière (oblongue) plutôt que dans un perçage (rond). Plus d’articulation possible ? Rigidité obligatoire ? Certains outils qui demandent à pouvoir s’articuler par rapport au tracteur pendant le travail deviendraient donc inutilisables ?

Une solution (?)

consiste à fixer le triangle femelle de l’outil de manière articulée, ce qui revient à articuler l’outil lui-même. Solution réalisée lors des stages de formation organisés par Adabio Auto-Construction (puis devenu Atelier Paysan) lors de ses premières années d’existence. Solution d’une grande intelligence mécanique, et très formatrice en stage, mais parfaitement illogique : il faut concevoir, financer et réaliser un système complexe d’articulation en plusieurs points… et pour chaque outil !!!

C’est ce que, devant la complexité du système et la nécessité de le multiplier par autant d’outils, certains des cofondateurs de l’Atelier Paysan s’étaient amusés à baptiser, «les montages pervers de Joseph» (qui a bien heureusement de l’humour).

LA solution de terrain,

en fait, c’était tout simplement ce que les Biaux Jardiniers pratiquaient depuis la conversion de tout leur parc de matériel au système triangle :

une seule et unique pièce basculante, mais installée à demeure entre le tracteur et le triangle, donc une seule petite pièce (toute simplette) par tracteur, au lieu d’un «montage pervers» par outil.

"Appendice Pigneret" ou "Bascule version 0.0"

C’est ce que, devant la simplicité «biblique» et l’évidence du système, certains des cofondateurs (surpris ?) de l’Atelier Paysan s’étaient amusés à baptiser «l’appendice Pigneret» (qui a bien heureusement de l’humour). Appendice bricolé-merdouilloux qui remplissait fort bien son usage :

Appendice position poussée

Blocage de la bascule

Le Biau Jardinier avait aussi prévu un rangement de la broche d’immobilisation de l’appendice près du troisième point,

Rangement de la broche de fixation à portée de main.

de façon à l’avoir toujours à portée de main quand on attelle un outil que l’on souhaite utiliser non flottant. Ce système offre «pour le même prix» l’avantage de ne pas avoir besoin de modifier la position d’attelage du bras de poussée : il suffit de bloquer la pièce avec la broche rangée à portée de main.

Quelques années plus tard, ce système basculant fût enfin adopté par l’Atelier Paysan. L’outil a été amélioré en dimensionnement et universalité d’emploi  par les techniciens de la structure. Et un nom plus vendeur lui fut bien évidemment trouvé : la bascule. L’appendice 0.0 (double zéro) est donc devenu la bascule 1.1.

Un plan a été publié sur le site de l’Atelier Paysan pour diffusion :

Et tout çà a bien simplifié les plans et la réalisation des outils proposés en stage :

Vidéo de la bascule

Adabio Auto-construction avait tourné une vidéo lors d’une formation organisée au Biau Jardin de Grannod il y a quelques années. Elle est «brut de décoffrage»

Avantages du système

Gain de temps

Le Biau Jardinier a enregistré 6 ans de suite l’usage de chacun des outils sur sa ferme, puis estimé le gain de temps apporté par le système d’attelage rapide par triangle. Il en avait été écrit quelques années plus tard un compte rendu pour publication  sur le site de l’Atelier Paysan :

Ergonomie et sécurité

Avec l’attelage avec le triangle, plus de risque d’accident, coincé entre tracteur et outil, plus de position acrobatique, plus d’effort humain (et cependant inhumain) face à du matériel lourd, etc…  Attelage comme dételage, on reste sur le siège. À moins de s’équiper de triangles complètement automatiques (lien) et  (lien),  il reste la prise de force ou l’hydraulique à descendre raccorder. Cela permet de se rappeler le «bon» vieux temps, où on descendait se brutaliser pour mettre les broches.

Il reste cependant impératif, quand on dételle l’outil concerné, de penser à débrancher prise de force et hydraulique !!!!

Gain d’agronomie

L’attelage facile, on ne recule pas devant. Avec l’attelage par broches, le travailleur a tendance à regrouper les travaux avec chaque outil pour limiter les opérations d’attelage / dételage; donc à remettre un petit travail à quand il y en aura plusieurs à faire…quite à prendre le risque de laisser passer le bon moment. Avec le triangle, on n’hésite pas à atteler l’outil nécessaire au moment donné. Une fois le travail réalisé au  bon moment, on comprend qu’on a gagné en qualité de travail. Donc en efficacité.

Gain de place

Atteler les outils quand on est en système triangle  est tellement rapide que çà en devient un vrai plaisir… au point qu’on peut systématiser le rangement des outils les uns devant les autres : quel gain de place ! On peut ranger sans peine beaucoup plus d’outils sous la même surface d’abri : quelle économie !

Son usage

vidéo

Conversion au triangle

Adapter tout son parc de matériel peut être long et aventureux si on s’y prend seul. Adabio Auto-Construction avait organisé en 2012 des chantiers collectifs amicaux pour aider ceux de ses premiers administrateurs qui avaient lancé l’aventure de l’auto-construction et n’avaient pas encore  équipé en triangle leur parc de matériel. Cela avait donné lieu à quelques journées aussi studieuses que conviviales lien et lien

Maintenant société coopérative, l’Atelier Paysan continue de proposer son appui lors de formations / chantiers de groupes à la ferme avec cette activité modification des matériels en attelage triangle comme support.

Alors Ya Ka !

Butteuse à planches

Son intérêt

Cet outil permet de créer rapidement une planche de culture surélevée, de la hauteur désirée.

​Il remplace avantageusement la charrue pour l’enfouissement des déchets de cultures et des engrais verts, avec évidemment l’avantage de ne pas déplacer la terre des planches. Il permet d’exposer le sol au gel en cas de besoin. On peut aussi façonner les planches avec plus de «bombé» de telle façon qu’elles réssuient mieux en période pluvieuse.

La butteuse permet aussi, après une culture, de remonter une planche aplanie par les passages d’outils à dents type herse étrille, bineuse, voire celui de l’arracheuse.

Derrière la récolte de l'oignon, la butteuse remonte la planche avant semis d'engrais vert

Ce modèle de butteuse à 3 paires de disques a été préféré pour limiter la profondeur de travail tout en permettant le façonnage d’une butte, relativement applanie, de possiblement 40cm de hauteur.

3 paires de disque, avec ou sans un buttoir central

Les disques ainsi répartis couvrent facilement toute la surface d’une planche.

Les matières organiques (destruction d’engrais verts ou d’adventices) sont enfouies dans le volume de la butte, permettant une dégradation optimale (aération), contrairement à un enfouissement en fond de labour. Des conditions trop sèches peuvent par contre être un handicap pour l’évolution de la matière organique, mais ce n’est pas dû à «l’outil-butteuse» en tant que tel, mais à la situation de la ferme, et les maraîchers, pour être pérennes, ont de bonnes conditions d’arrosage.

Les modèles de butteuse à asperges du marché ont été adaptés pour répondre aux exigences du travail en planches permanentes. Ont ainsi été rajoutés :

- des pattes d’oie sur dent double spires pour le binage superficiel des allées permanentes, des roues de jauge pour le contrôle sécurisé de la profondeur,

- un buttoir central pour la reprise de buttes déjà formées 

- et bien sûr un triangle d’attelage auomatique, type Accord, pour faciliter l’accrochage et le décrochage de l’outil.

Si on a pris soin d’installer à demeure une «bascule» (LIEN) sur son attelage de triangle automatique coté tracteur et qu’on la laisse libre, tout est en place sans autre bricolage pour faciliter la conduite en début et fin de planche.

La butteuse ainsi équipée permet des économies de temps et de matière appréciables par rapport à une charrue à deux ou trois socs, encore souvent utilisée en maraîchage. En effet, la butteuse ​travaille une largeur de 1,80m à une vitesse de 3 ou 4 km/heure. Les idsques, puisqu’ils tournent, s’usent beaucoup moins par frottement que les pièces fixes d’une charrue, d’où un coût d’entretien beaucoup plus faible.

Et bIen sûr,  dès qu’une seule planche est libérée en milieu de parcelle, celle-ci peut être buttée sans gêne pour ses voisines, 

ce qui facilitera la maîtrise de l’enherbement éventuel, la mise en place d’une autre culture, ou l’implantatioon d’un engras vert qui pourra se développer sans attendre que les autres planches voisines se libèrent.

Gros gain de temps… comme d’organisation et de fertilité.

Les limites :

Il est bien sûr nécessaire d’effectuer un broyage avant le passage de la butteuse afin de faciliter l’incorporation des végétaux par les disques. Mais très rares sont les outils non rotatifs qui peuvent s’en passer par système.

Le buttoir central peut parfois provoquer le bourrage, en présence de beaucoup de matière, ou de matière peu broyée, ou en cas de transformation de la planche en butte haute. En fonction de la conformation des bras de relevage du tracteur, il peut être possible de déplacer un peu ce buttoir pour y remédier.

La conduite de l’outil est délicate, surtout en situation de dévers. Les roues de jauge réduisent beaucoup ce problème en maintenant une symétrie dans la profondeur de travail entre les deux cotés de l’outil. Mais bien évidemment, il faut aussi, quand le cas se présente, travailer un ensemble de planches, procéder non pas au fur et à mesure en passant de l’une à sa voisine, mais en alternant pour ne pas créer soi-même un dévers !

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Cultibutte

Un outil adapté économique

Le cultibutte a été baptisé ainsi car les principaux organes de travail sont des socs «pattes d’oie» montés sur des dents de cultivateur. Cinq dents «queue de cochon» double spire sont prévuves d’origine.

Une paire des disques remonte la terre superficielle de l’allée, en même temps qu’elle effectue un petit travail très superficiel de désherbage. Ces disques d’allée sont montés sur un chassis articulé. Travailler la planche plus ou moins en profondeur ne changera donc pas la façon de travailler les allées. La profondeur de travail des disques d’allée est réglée une fois pour toutes par l’ajout d’une petite cale, qui sert de pièce d’usure, sur la butée de profondeur. En fin, une herse à dents vibrantes gère nivelage et finition. Sur ses cotés sont fixées des flasques qui maintiennent le bord de la planche travaillée. Cette herse articulée est réglable hydrauliquement. 

Le cultibutte permet la reprise d’une planche déja «montée» par un passage de butteuse.

Évidemment, ce type de dents ne permet pas l’incorporation d’une grosse masse de végétaux, type engrais vert. Mais cela n’est pas vraiment sa vocation : la butteuse est là pour çà ! Par contre, l’évolution dans le sol des matières organiques précédemment incorporées par la butteuse s’en trouve facilitée car on obtient un milieu aéré et à l’humidité bien drainée.

La profondeur de travail peut se régler de 0 à 30 cm par rapport au niveau des allées permanentes. Le réglage s’effectue facilement en ajustant la hauteur de travail des roues de jauge prévues à cet effet.

Chez la plupart des maraîchers en planche permanente, ce réglage est fait à maximum 10 cm en dessous du niveau des allées : dans une terre préservée du tassement comme ce peut être le cas en planche permanente, le décompactage en profondeur n’est plus indispensable. Cela peut même être nocif dans certains cas. Les résultats des cultures et des profils de sols le prouvent. Diminution du nombre de dents, de la profondeur de travail… ce respect du sol apporte en plus bien des économies : d’usure de matériel, d’énergie ( faible consommation du tracteur ), de temps de tracteur (par la vitesse de travail permise de 2 à plus de 4 km / heure). Le rendement de chantier est multipié par 4 à 6 comparativement à la bêcheuse alternative). Et le résultat est meilleur car la structure du sol n’est pas brisée violemment et artificiellement, ce qui limite les phénomènes de battance et les risques de reprise en masse. Sans parler de l’état de la faune du sol quand elle est brutalement malaxée par de la ferraille animée…

En fin, plus généralement et à long terme, l’usage du cultibutte impose d’alterner systématiquement le sens de travail des planches, pour ne pas tirer la terre toujours dans le même sens ;  les bouts de planche sont ainsi mieux travaillés. Mais c’est une précaution valable avec tous les outils à dents ou à disques, et souvent avec les rotatifs aussi.

Pistes d’amélioration.

Socs scalpeurs

Avec des socs appropriés  (plus larges) et un réglage modifié (plus superficiel) le cultibutte peut faire un travail de déchaumeur (pour «casser» un engrais vert), ou de sarcleuse (pour détruire une levée d’herbe trop avancée pour être reprise au vibroplanche). Ces utilisations possibles sont une raison supplémentaire de choisir dès le départ le système de fixation rapide des socs sur les dents : un investissement qui peut sembler à première vue «luxueux»… mais seulement tant qu’on n’en a pas eu besoin ! et que l’on regrette de ne pas avoir fait dès qu’on s’est trouvé dans l’obligation de changer de socs ! Raison supplémentaire aussi de posséder 2 dents de plus pour travailler en surface  (car on utilise souvent deux de moins pour travailler en profondeur).

Souplesse et rouleaux combinés

Il peut être très intéressant de pouvoir remplacer la herse (qui par système, a tendance à ratisser les éléments végétaux et les accumuler en bout de plkanche) par un rouleau (adapté à ses propres conditions, la gamme est vaste !) dans le but d’éviter les bourrages (de terre, de résidus de récolte, de fumier, etc…). Il serait très intéressant aussi parfois de pouvoir utiliser le cultibutte sans la herse. C’est ce point qui a été beaucoup travaillé par nos collègues Québécois qui ont fait franchir au cultibutte un pas décisif dans son évolution  en modifiant le bâti arrière d’origine. Alors que dans la version originelle du cultibutte la herse est fixée par des boulons à l’ossature qui en permet le relevage, l’idée est de remplacer ce système «définitif» par un second attelage par triangle : le bâti de finition devient ainsi amovible.

photo Atelier Paysan

Par choix de rationalisation (économie de matière, de poids), l’Atelier Paysan propose dans ses stages de construire ce deuxième triangle  avec du carré plutôt que d’installer un triangle mâle du commerce, lourd, trop à cet endroit en porte à faux.

Ce triangle reste bien  sûr commandé par le vérin d’origine qui réglait la herse niveleuse.

Ainsi modifié, le cultibutte peut donc être complété par tout bâti qui convient. Ces bâtis de finition interchangeables, permettent de mieux s’adapter aux différentes situations rencontrées ; et grâce au triangle, il devient possible de les utiliser seuls si besoin. Les possibilités sont multiples! Chacun adapte les vieux outils locaux qui conviennent à son sol et à sa façon de travailler.  Des cas d’adaptation sont sur le site de l’Atelier Paysan.

Les Biaux Jardiniers utilisent principalement deux bricolages :

Double rouleau de vibro

Dans cette configuration de bogie vibro, plus agressif que la herse, on peut souvent planter directement, sans autre travail de finition. Ou bien réaliser ce seul passage dans les cas où il est sage de s’en contenter : ici en reprise rapide, à l’annonce de pluies, de planches butées pour l’incorporation de l’engrais vert pluriannuel avant de semer un petit engrais vert hivernant de protection, avant légumes de printemps.

Et dans certains cas de reprise après une récolte de légume, si les résidus végétaux ne sont pas trop abondants, la combinaison cultibutte + rouleau de vibro double donne une finition suffisante pour semer un engrais vert. Avec l’avantage d’éliminer à peu près tout risque de bourrage.

Bêches roulantes

Les Biaux Jardiniers, pour leur part, sont, en temps que bressans, depuis longtemps utilisateurs de la houe, outil autrefois très répandu en Bresse. Et souvent appelé «train de bêches roulantes».

Dominique Soltner

Ils ont donc récupéré quelques éléments sur un de ces anciens outils restant dans le stock de minerai,  pour en faire un rouleau combinable à leur cultibutte de la première génération, lors de la remise à niveau en stage auto-construction idoine (LIEN vers détails sur cet outil).

Ce rouleau peut évidemment lui aussi s’utiliser seul, ce qui est bien pratique - et suffisant - pour par exemple reprendre une planche derrière un passage de cultibutte victime d’un orage ou pour la destruction d’une levée d’adventices en cours (au stade filament blanc, ce stade idéal pour intervenir vite et bien!)

D’autres photos et infos sur ces modifs, ainsi que des détails sur l’utilisation traditionnelle de la «houe», ou «train de bêches roulantes»  sont dispos ICI.

Vibroplanche

Un outil adapté

Le vibroplanche est, comme son nom l’indique on ne peut plus clairement, un vibroculteur conçu pour travailler en planche permanente. Comme le cultibutte, le vibroplanche est principalement constitué de 4 parties qui en font 3 travaillant chacune indépendamment des deux autres :

- le bâti travaillant la planche est classiquement constitué de socs (pattes d’oie, doigts droits, etc…) montés sur dents souples (courbes ou droites).

- un ensemble d’entretien de l’allée : du coté gauche comme du droit, un système de parallélogramme articulé permet de faire travailler un disque qui remonte la terre superficielle de l’allée, une ou deux dents de binage d’allées qui sont fixées sur une flasque empêchant la terre fine de la planche de redescendre dans l’allée. C’est la longueur de la flasque qui joue le rôle de butée de profondeur. Un système de réglage de hauteur des dents d’entretien des allées permet de faire face à quasi toutes les éventualités. L’allée sera travaillée à la faible profondeur choisie, indépendamment du réglage de profondeur choisi pour la planche elle-même.

- une herse à dents vibrantes pour la finition de la planche est montée solidaire de ces flasques. La profondeur de travail de la herse est donc indépendante du réglage des dents qui affinent la planche elle-meme : il déterminé par le choix de hauteur de planche.

- en fin, un rouleau (à barres rondes ou plates, plein, grillagé, etc…). De forme agressive, il complète la finition de surface.

 

Plein, il assure le rappui de la terre de la planche.

Le rouleau plein permet de favoriser la levée des graines présentes

Dans tous les acs, il participe au réglage aisé de la profondeur de travail des dents de vibro grâce à son vérin hydraulique (la sécurisation est assurée par la lumière de fixation).

La vocation du vibroplanche est de remplacer les outils rotatifs pour la préparation du lit de semence. Il y réussit le plus souvent très bien. Et beaucoup plus rapidement : sa vitesse de travail est alors de 2 ou 3 km/heure.

​De plus, le vibroplanche est très utile pour la maitrise de l’herbe sur les planches en attente de culture, la destruction de faux semis. Dans ce cas, le travail encore plus superficiel peut se faire à 5 ou 6 km/heure.

Là encore, cet outil se distingue des outils rotatifs par sa sobriété: les dents s’usent bien moins vite que les lames d’un outil rotatif, le tracteur consomme beaucoup moins qu’avec un outil entrainé par la prise de force, le paysan gagne du temps en restant moins longtemps sur un tracteur qui travaille beaucoup plus vite.

​La destruction d’une levée d’herbe, voire d’un engrais vert jeune est tout à fait possible (on peut éviter le bourrage en remplaçant les dents d’étrille par des outils roulants non animés). L’enfouissement est alors effectué par un passage de butteuse.

Les diverses lumières sur les éléments de liaison et les articulations facilitent les réglages selon les travaux à effectuer ; la conduite de l’outil est  confortable.

Limites

Comme pour le vibro «à plat», la limite est dans les risques de bourrage : les dents de vibro, comme les dents d’étrille, traînent les végétaux trop grands. Il faut donc broyer soigneusement avant d’utiliser le vibroplanche. Mais la vocation du vibroplanche, comme des classiques vibroculteurs, n’est pas l’incorporation des engrais verts, en général. Mieux vaut enfouir correctement les engrais verts par un passage final de butteuse et laisser le temps aux micro-organismes de digérer cette matière végétale.

Le vibroplanche sera à son affaire pour préparer un bon lit de semence. Et là est une de ses limites aussi : la tentation est forte de faire travailler l’outil trop en profondeur ( çà va tellement bien… ! ). Mais un affinement excessif sur 12/20 cm n’apportera que des inconvénients. Cela n’est pas propre au vibroplanche : on peut tout aussi bien faire du mauvais travail, déstructurant la couche superficielle, avec un vibro classique !

Adaptations possibles

​En fonction des terres travaillées, des objectifs recherchés, et des vieilleries que le paysan peut prendre le temps de trouver à bas prix «dans les tas d’ortie» riches de vieux outils abandonnés dans la campagne environnante,  différents rouleaux de finition peuvent être adaptés, soit à la place, soit derrière la herse étrille. Les  manuels d’agriculture (dont ceux de Dominique Soltner) en présentent un bel inventaire. Ne reste plus qu’à mettre l’imagination (et l’auto-construction) au pouvoir !!!

Choix de dent

Les dents coudées «classiques» avec socs patte d’oie peuvent être remplacées par des dents droites (type efface trace de semoir) dont la partie travaillante (surtout si elle est droite) remonte moins la terre et les graines d’adventices.

Choix de rouleau

La destruction d’une levée d’herbe n’en sera donc que plus efficace, surtout si on utilise un rouleau lisse : les graines remises en germination lèveront mieux grâce à un bon contact terre/graine, et le semis d’un engrais vert qui suivra, avec son passage de herse étrille pour le recouvrir, garantira une culture très propre.

Plus...

Pour en savoir (encore) plus…

chapitre pour les paysans actuels ou futurs qui passeraient sur ce site.

A noter

que les documents proposés à la lecture ci dessous le sont bien évidemment avec l’accord de leurs auteurs.

A noter que le responsable de la Station d’Expérimentation Rhône Alpes Information Légumes a demandé au Biau Jardinier de mettre un lien avec le site de la station en guise de remerciement : ce que  le Biau Jardinier (qui y pense habituellement sans qu’on le lui demande) fait bien volontiers ici-meme  A noter que le Biau Jardinier se réjouit que cette structure officielle, tolérante, efficace (et très appréciée par lui-même)  de l’agriculture Rhône-Alpes se soucie à juste titre que tout utilistateur de document respecte le travail fourni par l’auteur en citant la source. Et le Biau Jardinier s’étonne donc que ce genre de savoir vivre ne soit pas généralisé dans les toutes structures professionnelles de la région Rhône-Alpes, comme l’atteste le document  ci-joint diffusé lors de la journée bilan de 15 années d’essai matière organique qui a eu lieu à l’agropole de Lyon en 2009.

On y voit en (très) bonne place (en couverture de ce qui semble un diaporama) une photo du fils et du salarié-remplaçant du Biau Jardnier qui a été piquée sur le site du Biau Jardin de Granod, comme on peut le constater par le lien ici sans l’en informer ni lui demander la moindre autorisation, ni lui proposer de mettre le moindre lien vers le site du Biau Jardin de Grannod sur le site de la chambre d’agriculture…

Quel lecteur voudra bien expliquer cette différence de «traitement» ?

Le panneau

Lien pour voir le beau panneau couleur résumant l’ensemble de l’aventure : ici

Le compte-rendu de 6 ans d’essai

Le compte-rendu de l’essai suivi par Jackie et Dominique pendant 6 ans au Gaec des Jardins du Temple. ici

A noter qu’un des grands mérites de cet essai est d’être » décentralisé», c’est à dire implanté chez un producteur et non pas en station. Ce qui signifie notamment que la réalisation du travail est entièrement confiée au producteur. Chacun pourra se rendre compte en «cherchant sur le net» que ceci n’est pas un détail, y compris dans les résultats !

Une journée «profil cultural» et compte-rendu

Journée profil cultural organisée par l’adabio au Gaec des Jardins du Temple avec Yvan Gautronneau LIEN vers l’article et le compte-rendu rédigé par Anne.

Un bâtiment bioclimatique

En se réinstallant à Sornay, le but des Biaux Jardiniers était de créer une ferme maraîchère biologique, et dans un démarche cohérente construire un bâtiment agricole qui soit :

  • inspiré de l’architecture traditionnelle bressane c’est à dire correctement intégré dans le paysage,
  • bioclimatique, c’est à dire construit en fonction du climat du lieu, économe au fonctionnement et chauffé uniquement par les énergies renouvelables efficaces,
  • issu de matériaux écologiques, simples et prioritairement locaux,
  • adapté aux différents légumes qui y seraient stockés et conditionnés
  • adapté aux êtres humains qui y travailleraient et y vivraient.

Du temps «idéologique»

Rencontres et réflexion

Pour mener à bien ce projet, nous avons pris le temps de la réflexion, et à plusieurs. Nous partions de plusieurs apports :

  • notre détermination d’écologistes à vivre dans la cohérence.
  • l’expérience professionnelle acquise grâce aux 17 années de maraîchage bio passées sur notre première ferme, à Cercot.
  • tous les échanges avec les collègues lors des journées techniques organisées par le réseau bio (merci à lui !) auxquelles nous participons régulièrement,
  • les visites organisées par le CAUE (lien), l’ADEME (lien), le syndicat des architectes (lien) ou d’autres professionnels du bâtiment,
  • toutes ces belles rencontres que nous vivons dans le cadre «informel» de nos déplacements et vacances un peu partout en France, chez les collègues qui ne refusent jamais d’ouvrir leur porte à des «concurrents inconnus» (!) et partagent volontiers leurs réussites comme leurs échecs, (merci à eux !)

En groupe

Nous avons bénéficié des compétences d’amis avec qui nous avions déjà mené à bien quelques chantiers, principalement la conception et l’auto-construction d’une serre solaire autonome en énergie pour la production de tous nos plants et de plants pour la vente aux amateurs sur notre ancienne ferme de Cercot en 1983 :

  • Jean-Paul, docteur en géologie et ingénieur thermicien, spécialisé en micro hydraulique, bois automatique, et dimensionnement,
  • Jean-Pierre, électricien industriel reconverti, sous forme artisanale et coopérative, dans la fabrication et la pose d’installations de chauffage solaire dès le début des années 1980,
  • Marc, architecte militant, dont la devise professionnelle était : «notre métier consiste d’abord à loger les hommes, leur corps, leurs envies, leurs rêves et leur foi en un monde meilleur».

Mûrissement

Nous avons pris le temps nécessaire au mûrissement, notamment par des réunions en couple, pour bien cerner nos besoins exacts, personnels, familiaux, professionnels, et les hiérarchiser. Nous avions auparavant eu « tout le temps » de mûrir les aspects «généraux» de notre projet puisque çà n’est qu’après l’échec de quatre années de recherche de terrain dans les Monts du Lyonnais sans résultat, que nous avons visé la Bresse, et trouvé à Sornay ce qui nous convenait… et que s’est donc profilée la réalité précise du projet de bâtiment.

Maîtrise

Nous avions choisi d’être maîtres de l’affaire (création de l’ensemble ferme = jardin + bâtiment),

  • dans la conception : construire cette ferme autour de NOUS, nos choix et envies ; chercher le conseil de professionnels compétents et expérimentés qui soient PROCHES de notre manière de voir la vie, car comme l’a écrit Henri Gougaud : «le travail sur soi exige des mains amies».

  • dans la réalisation : choix prioritaire de techniques constructives SIMPLES, pouvant être mises en œuvre principalement par nous-mêmes, et/ou avec l’aide des structures collectives agricoles du département dont nous sommes sociétaires

  • choix de matériaux bio ET «traditionnels» (= assez simples à la fabrication, ayant «fait leurs preuves», permettant de sortir de ce mode de construction contemporain industriel qui accumule les couches des divers matériaux («biosourcés» ou pas !) technologiques, films et produits de la grande industrie, que ce soit horizontalement ou verticalement).

Organisation du bâtiment

Pour des raisons de logique, d’efficacité, et évidemment d’ergonomie, nous avons choisi un système qui ressemble à la «marche en avant». Les légumes récoltés suivent un trajet logique depuis leur arrivée du jardin, à l’Ouest. Un grand couloir droit dessert les locaux de stockage, puis de préparation conditionnement, avant chargement dans le fourgon.

Des locaux de stockage ont été prévus à l’étage aussi pour « économiser » de la charpente / couverture et limiter l’impact du bâtiment tant au sol (il nous semble que la terre agricole est précieuse) que au point de vue visuel. Pouvoir se passer à l’intérieur du bâtiment de l’usage du gros engin de manutention que le stockage en hautes piles impose permet de réduire les surfaces «inutiles» (= de circulation seule).

L’atelier, avec sa grande entrée autonome, est la pièce la plus extérieure coté Ouest.

Ce bâtiment est entré au musée du vivant même des ses concepteurs et constructeurs…(!)… lors de la création de la galerie d’architecture bressane à l’écomusée de Pierre de Bresse depuis le 25 octobre 2008.

Principes constructifs

le système traditionnel bressan, terre cuite et bois, revisité par l’architecture de Marc, la vie et l’écologie contemporaines

  • brique terre cuite dite « mono mur » (ou auto isolante) de 37,5 cm d’épaisseur, fabriquée à 25 km de la ferme, montée à la chaux naturelle


  • bois de douglas cultivé et scié à moins de 100 km pour toute la structure bois

comme pour les aménagements ultérieurs,

  • couverture en tuile terre cuite de fabrication locale aussi

  • choix systématique de l’autoconstruction

Locaux de stockage et travail :

soit en structure bois avec isolation laine de bois

soit avec des matériaux autoportants, tous systèmes facilement modulables et modifiables si le besoin change : bien malin le paysan qui peut être certain de ce qu’il devra produire, comment, avec quels outils, et comment le stocker dans 20 ans ! Et s’il ne veut pas raser son bâtiment devenu «obsolète» grâce à tous ses murs intérieurs et porteurs… C’est pourquoi nous avons essayé d’éviter de reproduire chez nous, paysans-maraîchers, la «fixation définitive» du bâtiment à laquelle cèdent souvent les éleveurs qui terminent par la chaîne de curage et installent la plateforme à fumier au seul endroit où ils pourraient agrandir l’écurie.

Principes énergétiques

Sobriété 

l’énergie la moins chère, celle qui pollue le moins, est celle que l’on ne consomme pas ! Donc choix de l’isolation renforcée,

et parallèlement d’une forte

Inertie thermique

(qui apporte de plus un grand confort d’été). Choix parallèle de l’

Architecture bioclimatique

Évidemment, le bâtiment est exposé au soleil du Sud,

bâtiment agricole bio : valoriser les apports solaires gratuits

et fermé au Nord, dont un vaste auvent à matériel le protège.

Panne composée= 8 m de portée, sans colle, avec des bois qualité charpente
  • lutte systématique contre les ponts thermiques sous la bienveillante pression de Jean-Paul, «l’ayatollah du pont thermique» (!) disait Marc

traitement systématique des ponts thermiques

Stockage inter-saisonnier

Les fondations sont isolées par l’intérieur sur toute leur hauteur

puisque le sol profond sert de stockage de chaleur, ce qui nous semblait une bonne solution pour valoriser les calories produites par les capteurs mais en grande partie inutilisées en été ; les environ 2000 tonnes de terre sous le bâtiment offrent leur inertie gratuitement…

stockage intersaisonnier des calories solaires

NI FOSSILE, NI FISSILE !!!

pour la production de chaleur, mais 100% du renouvelable :

Base solaire

40 m² de capteurs thermiques (sécurisés par le système de stockage inter-saisonnier des surchauffes estivales en profondeur)

Complément bois

par chaudière automatique à plaquettes bocagère de marque Hargassner (LIEN),

chaudière alimentée par plaquette forestière, une technique «au point», voire «qui roule» comme l’a écrit avec à propos, et le 1er avril 2001 le JSL (journal de Saône et Loire) à l’occasion de l’inauguration de la chaufferie d’un collègue :

«Avantage» écologique supplémentaire, la plaquette est produite sur la ferme (LIEN) ce qui au delà de l’autonomie, permet de valoriser le maillage bocager et «rentabiliser» son entretien.

Nous n’imaginions pas construire fin du XXème siècle une ferme bio chauffée au gaz !!

Il n’était, par choix écologiques, évidemment pas question de prévoir la « fée électricité » pour d’autres applications que les usages «nobles» (moteur, éclairage) sachant que nous ne serions jamais indépendants du réseau de distribution d’électricité, malgré nos 20 m2 de photopiles. Évidemment pas question donc de chauffer nos endives bio ou tempérer le local des courges au nucléaire !!

Nous n’imaginions pas non plus subir la contrainte pluri-journalière de l’entretien d’une combustion du bois. De même pour notre vie privée, nous souahitions éviter l’obligation du retour de vacances dans une maison froide pour cause de poêle éteint…

La chaudière automatique était la solution à tous ces choix, et la plaquette forestière le combustible adapté à notre activité paysanne.

Plancher chauffant

Nous avons donc installé du plancher chauffant à basse température (solaire + plaquette bocagère) dans tous les sols des locaux qui n’étaient pas frigos (dans ceux-ci nous avons, par sécurité, installé des attentes de distribution, en regard isolé, sous dalle, au cas où…).

Pour la rationalité thermique, nous avons « coupé » les dalles des divers locaux par de l’isolant, de façon à supprimer tous ces ponts thermiques, donc, pas de grande dalle béton d’un seul tenant sur tout le bâtiment qui relie thermiquement par le sol locaux chauffés et locaux refroidis, et sur laquelle sont ensuite posés cote cote des locaux en panneaux sandwich avec chaud à coté du froid, et cette belle dalle en béton (un très bon conducteur) qui emmène chaque jour, une bonne partie de toutes les calories produites pour la chambre chaude des courges vers la chambre froide des carottes, ou le froid du frigo vers le local chauffé des endives…

Pas non plus de «nez de dalle» non isolé qui va jusqu’au dehors se gorger tout l’été de la chaleur du Sud ou de l’Ouest tout en servant de support aux cloisons de la chambre froide qui a été posée telle quelle dessus (et vice versa possible du local froid au local chaud bien sûr, ou du froid du Nord vers le chaud des courges ou endives, voire celui du local de lavage).

Comme écologistes et comme paysans maraîchers en bio, nous n’imaginions pas chauffer notre logement aux énergies fossiles ; l’habitation est donc elle aussi raccordée à la chaufferie solaire/plaquette bocagère.

Une serre solaire, adossée aux 30 mètres du grand mur sud du bâtiment permet la production des plants dont le jardin a besoin. Les mottes sont posées à hauteur d’homme (ou de femme…) sur des tablettes dans lesquelles sont installés des tuyaux chauffants raccordés au système solaire/plaquettes.

Confort de travail

Les travailleurs que nous sommes ont droit à des conditions de travail qui respectent leur corps : «l’Homme est le capital le plus précieux» disait…Joseph Staline (!) qui était donc croyant, mais pas pratiquant :-))

Nous avons donc fait des choix ergonomiques :

«Çà roule partout»

au diable pour transporter les cagettes

empilées sur planchons auto-construits avec les chutes de bardage ou autres chantiers «bois».

au transpalette

ou au petit gerbeur électrique accompagné à pied (ce dernier uniquement au RdC pour limiter le dimensionnement de la dalle d’étage) pour économiser le dos des producteurs/trices

Nous avons installé le nettoyage conditionnement des légumes dans un local fermé, à l’abri du vent, tempéré par l’inertie du bâtiment et son stockage inter-saisonnier, avec une large ouverture à la lumière du Sud. Et plancher chauffant en cas de besoin (et à ce jour jamais nécessaire).

Pour un nettoyage facile du sol, nous avons confié à une entreprise spécialisée la réalisation comme dalle de sol d’un béton dit « ciré », surcoût financier que nous ne regrettons pas.

Éclairage

Nous avons essayé de favoriser la lumière du jour venant du Sud, et en complément - indispensable - nous avons choisi des sources de qualité, évidemment pas de lampe halogène (le mode de chauffage qui éclaire le mieux ! dirait Jean-Paul) et surtout pas d’halogène dans la cour (vous savez, ce projecteur à allumage automatique qui vous fait regretter d’avoir oublié vos lunettes de soleil, ce soir de décembre…).

Donc réglettes fluo dans les grands locaux, et ampoules fluocompactes dans les petits (remplacement par led au fur et à mesure de l’usure).

Dans l’atelier

ont été prévus, notamment dans le dimensionnement du ferraillage de la dalle, des anneaux de levage qui facilitent énormément les bricolages sur les gros outils, le tracteur, etc.

On peut par ce LIEN accéder à l’article «atelier et facteur humain» que le Biau Jardinier avait écrit pour le guide de l’auto-construction, réalisé en 2011 par Adabio auto-construction, l’association qui allait plus tard devenir l’Atelier Paysan (acheter ce guide ?  ici !)

Etage pour stockage

Ce choix initial a pu être assumé facilement avec, à l’extérieur du bâtiment notre vieux chariot élévateur essence, bientôt quinquagénaire et toujours « performant », et à l’intérieur, un transpalette à demeure en «altitude».

  •  À l’étage, nous rangeons tout le stock de «quincaillerie» : boites de vis et assimilés, pièces d’entretien du réseau électrique, du circuit d’irrigation, pièces d’usure de certains outils ou installations, stock de petites fournitures d’atelier, etc…etc…bref, tout ce qu’il est si agaçant de devoir aller chercher sans délai chez le fournisseur, lors d’une panne le plus souvent en pleine saison de production, voire entre 14 juillet et 15 août, époque où les fournisseurs et leurs salariés…font autre chose… et peuvent vous promettre tout çà… pour deuxième semaine de septembre sans faute !
  • À l’étage, aussi, nous conservons les courges, séchons par ventilation et conservons oignon et échalote.

Conservation des récoltes

Pour le stockage et la conservation des différents légumes d’hiver nous avons auto-construit plusieurs locaux avec différentes conditions et températures adaptées.

Avec l'autoconstruction, le Biau Jardinier prend de la hauteur !

Froid

Des chambres froides pour principalement les différents légumes-racine d’hiver, de façon à pouvoir disposer de températures adaptées à chacun,

plus d’infos par ce LIEN et par ce LIEN

Sec

Un local pour le séchage des échalotes et oignons par ventilation dirigée :

plus d’infos ici  LIEN puis ici LIEN

Chaud

Un local pour la conservation des courges

Un bâtiment «contagieux»

Fin des années 90 début des années 2000, ce bâtiment a été beaucoup visité, tant en cours de chantier qu’une fois opérationnel, lors de journées à destination des professionnels du bâtiment (certaines organisées par l’ADEME  - Agence de l’Environnememnt et de la Maîtrise de l’Énergie - et le Conseil Régional de Bourgogne) et de professionnels de l’agriculture (certaines organisée par les chambres d’agriculture ou le réseau bio), mais aussi de particuliers, voire des groupes de scolaires, d’adultes en formation, de techniciens régionaux de développement de Pays, etc…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La CRARA (Chambre Régionale d’Agriculture Rhône-Alpes) a organisé une visite de notre bâtiment (et du jardin avec les premiers essais de ses bandes fleuries) en septembre 2003 dans le cadre de la journée technique régionale maraîchage bio qu’elle organisait un an sur deux avant la mise en orbite de «Tech&Bio;». À la demande de Dominique Berry, le technicien qui avait la charge d’organiser ces journées, le Biau Jardinier avait réactualisé la présentation rédigée précdemment   (cliquer pour agrandir).

                                                                 

Ce bâtiment a été construit grâce au soutien :

  • de l’état, de l’ADEME et du conseil régional de Bourgogne dans le cadre du Premed, qui a subventionné la partie énergies renouvelables à hauteur de 50 %
  • de l’état et de l’Europe dans le cadre du PRDC qui ont subventionné la création du siège d’exploitation à hauteur de 30 %
  • des amis, clients, etc. . associés dans le GFA « les Jardins qui Chantent » créé en 1995 pour l’achat des parcelles
  • des très nombreuses journées d’auto-construction offertes au GFA par les Biaux Jardiniers et par leurs amis les plus motivés (Denis, Jean-Michel, Jean-Paul, Joseph pour citer les plus assidus)

qui ont étoffé le capital initial investi par les Biaux Jardiniers.

      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À l’usage, un bâtiment «souple» où il est agréable de vivre ET travailler.

La preuve par l'action

Le Biau Jardin de Grannod

Par leur pratique de LA Bio (LIEN), les Biaux Jardiniers souhaitent ne pas uniquement «témoigner» dans leur coin. Au delà de leurs choix personnels, ils se veulent des paysans-maraîchers «militants» qui souhaitent échanger et convaincre… Ce site, riche en informations, en est une des preuves !

Dans leur démarche de paysans-maraîchers Bio installés à la campagne, un des buts des Biaux Jardiniers de Grannod est bien évidemment un choix de vie personnel : vivre dans un milieu agréable (beau, calme, sauvegardé, rural etc…), selon un mode de vie qui leur convienne (liberté et autonomie, travail de plein air, varié, mais aussi travail de gestion, de réflexion, formation, construction, etc…) tant au point de vue privé (pas de transport domicile/travail par ex) que professionnel (recherche technique en groupe par ex).

Bref, rechercher une harmonie entre vie privée et métier, entre temps personnel et temps productif, entre «loisir» et «travail».

Pour eux bien évidemment ! Mais pas que !!

Les biaux jardiniers ont à coeur, et loin des méthodes pré-établies à appliquer dogmatiquement, d’échanger avec les collègues, comme de tenter de convaincre autour d’eux. Diffuser les choix de LA bio (les choix écologiques de production agricole comme de construction, de mode de vie écologique et rural) qui sont réellement possibles, vivables ET viables, pratiquables par tout un chacun. Par la décision et l’observation. Facilement : il suffit de le choisir.

Les Biaux Jardiniers ont donc «en même temps» (locution présidentielle) fait le choix d’échanger et diffuser, démontrer par l’action concrète que «C’est possible : on fabrique, on vend, on se paie !».

Échanger et diffuser

Échanger

Échanger avec les collègues et s’ouvrir à d’autres en les visitant (tag «visites») ou en les accueillant («tag visiteurs»).

En accueillant les collègues d’autres régions en recherche (ex lien)

Collègues de Mayenne en recherche de "système"

ou ceux d’autres pays de passage en Bresse :

Monique et Michel, maraîchers Québécois du Vallon des Sources

Il est très agréable de rencontrer des personnes assez ouvertes pour non seulement sortir de chez elles, mais aimer rencontrer les collègues, échanger avec eux, leur apporter, et à domicile,  leurs questionnements comme les réponses qu’ils se sont déja trouvées.

Ces échanges, comme les personnes, sont passionnants : les Biaux Jardiniers ont toujours ressenti en sortir enrichis.

Diffuser «sur la toile»

C’est pour cela que les Biaux Jardiniers enrichissent ce site du mieux dont ils sont capables; et avec des informations «pieds sur terre» : fondées sur un terrain, et voulues complètes (= réutilisables/adaptables).

Diffuser à Radio Bresse

En 2009, notre opération «la preuve par l’action»  fêtait nos 30 ans de Bio : l’occasion de reportages diffusés chaque jour de la semaine par Radio Bresse.

la démarche des Biaux Jardiniers

le Biau Jardin, un écosystème, avec Joseph Jacquin, conservateur du patrimoine scientifique, technique et naturel.

vente en paniers et lien avec les mangeurs, avec Ludivine Alligier, référente de l’AMAP

conception bioclimatique, avec Jean-Pierre Bresson, installateur de solaire

pour que les paysans ne soient plus considérés comme des pollueurs vivant de primes, un micro/trottoir

Diffuser à la ferme

Portes Ouvertes

lors de «portes ouvertes» sans vente liée.

Organisation régulière de "portes ouvertes" sans vente liée.

Visites de groupes

groupes de scolaires (ici de lycée et CFA agricoles)

Visites organisées pour scolaires agricoles

groupes de jardiniers amateurs (ici avec l’association «la Grange Rouge»)

Stages jardinage bio pour amateurs avec la Grange Rouge

Journées techniques pro

à destination de professionnels du bâtiment. Ici journée organisée par le conseil régional de Bourgogne et l’ADEME (agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie)

Journée technique

à destination de professionnels du maraîchage (ici une journée organisée pour maraîchers et techniciens par la Chambre Régionale d’Agriculture (de Bourgogne, non) de Rhône-Alpes)

Journée professionnelle pour maraîchers et techniciens agricoles organisée par la chambre régionale d'agriculture Rhône-Alpes

Dominique Berry, technicien tête de réseau bio de la Chambre Régionale d’Agriculture Rhône-Alpes commente le suivi sur deux années de nos bandes fleuries :

Dominique Berry, technicien tête de réseau bio Rhône-Alpes commente le suivi de nos bandes fleuries sur deux années

Visites d’élus

élus locaux de l’Ain guidés par leur technicien «énergies» départemental

Pour conforter leur choix pour les énergies renouvelables,des élus locaux "veulent voir", et entrendre les "retours utilisateurs"

responsables politiques en place

en 2003

Visite de l'équipe du vice-président environnement de la région Bourgogne en 2003

en 2009

le Very Important Paysan VIP (vieille pie), explique la faisabilité de l’agriculture biologique et des énergies renouvelables, en présence (de G à D) de Mrs Éric Michoux, président du Medef Bourgogne, François Patriat sénateur et président du conseil régional de Bourgogne, Arnaud Montebourg, député et président du conseil général de Saône et Loire.

Le Very Important Paysan (vieille pie) explique la faisabilité de la bio et des énergies renouvelables

Interventions

par ex lors de formations pour jeunes maraîchers organisées par le Sedarb BioBourgogne

par ex formations «planches permanentes» sur le terrain pour jeunes ou futurs maraîchers organisées par l’ARDAB (Rhône-Loire)

Journée "terrain" planches permanentes pour jeunes ou futurs maraîchers

par ex formation «machinisme pour les nuls» organisée par l’Atelier Paysan

Formation pour jeunes et futurs maraîchersdans le cadre de l'Atelier Paysan

Diffuser partout

Partout où cela est possible

Dans le quartier

lors de soirées pour les adhérents de la MJC qui accueille la Guillamap dans ses locaux, de façon à renforcer le lien ruraux / urbains

scan

Table ronde

par ex lors d’une table ronde d’une foire Bio départementale

Table ronde "construction bio"

Médias locaux et régionaux

l'Indépendant du Louhannais et du Jura

Presse agricole nationale classique,

Revue PHM

(Pépiniéristes Horticulteurs Maraîchers)

PHM page 1
PHM page 2

revue PHM 3
Entraid

la revue nationale des CUMA (Coopérative d’Uitlisation de Matériel Agricole)

Chez l’agriculture officielle

Tech&Bio; 2013

pour participer à la diffusion de la démarche d’auto-construction lancée avec Adabio-Auto-construction

Tech&Bio 2013 démonstration de matériel pour planches permanentes auto-construit en stage
Bulletin chambre d’agriculture

par ex don de photo du Biau Jardin pour le bulletin maraîchage de la chambre d’agriculture des Bouches du Rhône

Bulletin technique
Tech&Bio; 2017

avec les «Talents Tech&Bio;» opération et foire organisés les années impaires par la chambre régionale d’agriculture Auvergne Rhône-Alpes).

Participation du Biau Jardin de Grannod aux

Conclusion, mais provisoire…

Tout ceci leur vaut parfois quelques inimitiés du coté de certains agriculteurs bio ou consommateurs progressistes adeptes d’un purisme ou d’un entre soi qui serait garant de leur…de quoi au juste ?…

 

Une ferme transmise

Les Biaux Jardiniers «canal historique» ont pris leur retraite au 1er janvier 2016, et c’est leur fils Matthieu qui s’est installé par reprise de la ferme. Il s’était depuis quelques années «autoconstruit» le CV adéquat…

CV de Matthieu.

Bac STAV.

(Sciences et Technologies de l’Agronomie et du Vivant) obtenu en 2012

Salariat.

Apprenti en alternance près de deux ans dans l’Est lyonnais, dans un GAEC de 3 maraîchers bio (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun) vendant à la ferme, qui s’est dissous, Matthieu a donc cherché un autre emploi formateur. Il a travaillé en CDI deux ans au Sud de Lyon, à l’earl Gontel, chez Christiane et Guillaume, des maraîchers bio «historiques» associés à leur fils Alexis.

Maraîchage au pied de la Côte Rotie

Ils produisent une magnifique gamme très diversifée sur une vingtaine d’hectares de plein champ et trois de tunnels : une «grosse boite» avec une dizaine de salariés.  Ils vendent leur production en grosse partie au détail (paniers, marchés) et aussi en gros. Ils n’hésitent pas à «dépanner» leurs collègues.

Matthieu y a notamment acquis de solides compétences en entretien mécanique des cultures.

Parcelle de chou "dans la plaine"

Tour de France 2015.

Matthieu a consacré l’année 2015 à un «tour de France» de maraîchers bio pour compléter sa formation par la connaissance d’autres climats, d’autres pratiques de production, d’autres manières de penser, de gérer et vivre sa ferme. Et pour cultiver son ouverture d’esprit grâce à ces compagnonnages. Il a utilisé son Kangoo rallongé pour faire face à toutes les situations :

Les sessions chez l’un ou l’autre étaient séparées par quelques semaines au Biau Jardin de Grannod dans une optique de «tuilage». Et le retour en Bresse aura été accompagné non seulement de compétences, de souvenirs, mais aussi de belles relations et d’un «carnet d’adresses» !

En Mayenne.

chez nos amis Agnès et Christophe (quelques détails par ce LIEN 1 puis par ce LIEN 2) qui vendent  des paniers en amap, des commandes par internet et sutout sur un marché de la banlieue résidentielle de Rennes.

Un joli banc de marché !

On peut visiter leur site «des clics au potager». Ils travaillent en planches permanentes

depuis leur visite chez nous, avec une rotation lente à base d’engrais verts pluri-annuels sur lesquels ils font paturer une vache et un âne.

Cohabitation, mais avec un fil entre !

Ils sont très motivés par l’ergonomie des postes de travail, l’organisation de la production respectueuse des travailleurs. Matthieu a aussi pu découvrir chez eux les charmes des abris «multi-tunnels».

Dans le Morbihan.

au Gaec Le Jeloux, des paysans bio «historiques de la deuxième génération» (celle des Biaux Jardiniers «canal historique») produisant notamment du plant de pomme de terre vendu dans le cadre de la structure collective qu’ils ont créée avec plusieurs collègues : l’association «Paysons Ferme !» Ils sont, avec notamment Goulven Thomin, de cette petite bande des pionniers du plant de pomme de terre et d’échalote paysanne bio. Pour accéder au site de «payzons ferme !», connaître leur histoire, leurs engagements, leurs produits, cliquer sur la page d’accueil de leur site ci-dessous :

CLIQUER pour visiter le site PAYZONS FERME ! association de producteurs de plant de pomme de terre et échalote.

Pour faire un peu connaissance avec Gilbert, suivre ce lien.

La ferme Le Jeloux fait une quarantaine d’hectares. Pour une rotation fermière, ils produisent aussi haricot vert, céréales, maïs, vendus en gros. Et prairie temporaire. Parce que Gilbert et Catherine travaillent en association avec leur fils Yann, installé depuis quelques années, Matthieu a pu se familiariser avec ce que peut apporter le compagnonnage avec «les anciens», tout en cultivant son autonomie. Et bien sûr acquérir de solides compétences dans la culture de la pomme de terre.

Sur une île bretonne.

Matthieu a pu renouer avec l’élevage de moutons, activité qu’il avait pratiquée en montagne lors de deux étés en estive.

Ces quelques semaines lui ont aussi apporté la confirmation concrète de ce que la réflexion lui suggérait : les méthodes de maraîchage biologiques présentées comme miraculeusement hyper rentables dans les vidéos à succès faisant le buzz sur Internet, ne le sont que dans des «fermes» à activité principalement touristique ou pédagogique très lucratives grâce à la vente de «stages de formation». Mais dans «la vraie vie», professionnelle et agricole, celle du paysan qui doit nourrir pour se nourrir, la survie économique peut alors n’être assurée que grâce à la main d’oeuvre gratuite fournie, lors de journées au long cours, par des personnes non payées.

Dans la Loire.

en zone de coteaux, à 600 m  d’altitude, chez un Gaec de deux maraîchers : Marc et Joffrey. Ils vendent à des amap, sur les marchés, à des restaurants et en demi-gros. Matthieu a pu s’y familiariser avec le travail sur terrain pentu

ainsi qu’à l’intérêt agronomique d’un troupeau de moutons.

Dans le Maine et Loire.

Matthieu a travaillé chez Gérard, Violaine et Christelle. Ils vendent notamment dans le cadre d’une organisation qu’ils ont grandement contribué à créer (LIEN), des légumes pour le circuit de gros ou la plateforme de Biocoop,  pour des paniers confectionnés par un jardin d’insertion à partir des légumes fournis en concertation par plusieurs producteurs organisés collectivement. Champion de mécanique, Gérard a adapté deux vieux enjambeurs viticoles pour en faire un seul, mais adapté au maraîchage… Il a poussé l’auto-construction jusqu’à couder des arceaux particuliers pour raccorder à sa façon deux abris du commerce :

Matthieu s’y est aussi formé à la parité homme / femme dans le travail paysan. Ils produisent sous tunnels chapelle,

comme en plein champ

Cette étape a aussi été l’occasion de participer à une journée-réunion de Kaol Koz, collectif de paysans producteurs de semence de variétés rustiques adaptées à la bio. Kaol Koz çà veut dire «vieux chou» en breton et «bien commun» en russe… Le doc de présentation de Kaol Koz :

Cette journée a aussi été l’occasion de visiter les parcelles de Malou et René Léna :

Pour mieux connaître René Léa, c’est par ICI

L’expé carotte menée par Biobreizh c’est par  ICI

Des projets plein la tête…et les bras !

De nouveaux tunnels.

…ce qui est parfaitement nécessaire.
Proportionnellement à la surface cultivée en plein champ, celle disponible sous tunnels au Biau Jardin de Grannod en 2015 est insuffisante. C’est un des ratios les plus faibles parmi les maraîchers bio équivalents de nos régions. Ce qui amène des difficultés pour y faire régulièrement des engrais verts pour prévenir les maladies du sol. Et qui limite la diversité des légumes dans les paniers de printemps. Les vieux Biaux Jardiniers étaient bien conscients du problème, mais l’âge aidant, ils avaient reculé devant cet investissement et surtout devant la somme de travail physique nécessaire au montage de ces nouveaux abris puis à leur  culture.
Le jeune Biau Jardinier a donc installé des tunnels plus modernes, à la fois plus efficaces pour la conduite des cultures et plus confortables pour le travail du paysan :

Pour suivre le détail de ce chantier : LIEN

Modifier, calmement.

…  en harmonie comme en  lien avec le développement de l’Amap. Ce qui signifie introduire la rotation légumière avec engrais verts pluri-annuels type prairie temporaire sur une parcelle déja aménagée (LIEN) mais qui n’a jusque là été que très partiellement cultivée en légume. L’objectif est de mener trois autres projets en parallèle.

Le pré verger.

Là aussi, l’objectif est de pouvoir y introduire aussi quelques carrés de la rotation légume / prairie temporaire. Mais sans précipitation. Et en essayant de pratiquer toujours une bonne agronomie. On peut suivre ce chantier par ce LIEN.

La conservation.

des légumes demande plusiurs aadaptations de locaux et principalement pour le séchage / stockage des oignons et pour la conservation des légumes-racine d’hiver. On peut suivre ces chantiers par ce LIEN.

Salle de préparation.

La salle de préparation conditionnement des légumes sera elle aussi modifiéee et mieux équipée, pour permettre de gagner autant en confort de travail qu’en efficacité.

Le GFA les Jardins qui Chantent.

sera donc amené à porter quelques agrandissements et modifications du bâtiment. De nouveau associés pourront  y investir… avis aux amateurs donc !

Remise en contexte local.

Souvenons nous que dans ce traditionnel bassin maraîcher du louhannais, précisément sur la commune maraîchère de Sornay, les Biaux Jardiniers ont été les derniers à s’installer pour produire y des légumes.  Il y a 20 ans !  Dans un contexte… (?)   …   (!)
Depuis 20 ans, nombreux sont les maraîchers locaux qui ont arrêté leur activité en cours de carrière, au point que la surface arrosée a été divisée par plus de 2 en 25 ans malgré l’augmentation de la surface en pépinière ornementale
Depuis 20 ans, aucun départ en retraite de maraîcher n’a été suivi d’une installation de jeune maraîcher.
Depuis 20 ans, souvent les parcelles maraîchères de retraités ont perdu leur vocation maraîchère sous le béton et / ou la pelouse lors d’opérations immobilières.

«La bio, c’est pas sérieux, y’a pas d’avenir là d’dans. Et pis d’abord, çà march’pas»

Alors, comme le dit Tintin à chaque fin d’album : «Allez, en route pour de nouvelles aventures !»

Matthieu a du talent !!!

Et oui, Matthieu a du talent…

C’est pas les biaux jardiniers qui le disent : ils sont modestes  :-)

C’est pas les heureux mangeurs de ses biaux légumes qui le disent : ils ont la bouche pleine  :-))

Personne n’en doutait.. évidemment… mais, attention : c’est officiel… of - fi - ciel :-)))

C’est Tech&Bio, le salon professionnel organisé les années impaires près de Valence par la Chambre Régionale d’Agriculture Auvergne Rhône-Alpes (mazette…) qui le dit.

«Parce que l’agriculture biologique a su faire ses preuves en innovation, en technicité et en performance, les organisateurs de Tech&Bio ont souhaité mettre à l’honneur des agriculteurs qui se démarquent par leur savoir-faire, leurs résultats technico-économiques et socio-environnementaux : ce sont les Talents Tech&Bio de la performance durable» (texte de présentation des organisateurs).