Le vibroplanche est, comme son nom l’indique on ne peut plus clairement, un vibroculteur conçu pour travailler en planche permanente.
Comme le cultibutte, le vibroplanche est principalement constitué de 4 parties qui en font 3 travaillant chacune indépendamment des deux autres :
Avec un rouleau de barres plates, il affine
Avec un rouleau plein, il assure le rappui de la terre de la planche.

Dans tous les cas, il participe au réglage aisé de la profondeur de travail des dents de vibro grâce à son vérin hydraulique (la sécurisation est assurée par la lumière de fixation).
La vocation du vibroplanche est de remplacer les outils rotatifs pour la préparation du lit de semence. Il y réussit le plus souvent très bien. Et beaucoup plus rapidement : sa vitesse de travail est alors de 2 ou 3 km/heure. Là encore, cet outil se distingue des rotatifs par sa sobriété: les dents s’usent bien moins vite que les lames d’un outil rotatif, le tracteur consomme beaucoup moins qu’avec un outil entrainé par la prise de force, le paysan gagne du temps en restant moins longtemps sur un tracteur qui travaille beaucoup plus vite.
De plus, le vibroplanche est très utile pour la maitrise de l’herbe sur les planches en attente de culture, la destruction de faux semis. Dans ce cas, le travail encore plus superficiel peut se faire à 5 ou 6 km/heure.
La destruction d’un engrais vert jeune est tout à fait possible (on peut éviter le bourrage en remplaçant les dents d’étrille par des outils roulants non animés). L’enfouissement est alors effectué par un passage de butteuse.
Les diverses lumières sur les éléments de liaison et les articulations facilitent les réglages selon les travaux à effectuer ; la conduite de l’outil est confortable.
Comme pour le vibro «à plat», la limite est dans les risques de bourrage : les dents de vibro, comme les dents d’étrille, traînent les végétaux trop grands. Il faut donc broyer soigneusement avant d’utiliser le vibroplanche. Mais la vocation du vibroplanche, comme des classiques vibroculteurs, n’est pas l’incorporation des engrais verts, en général. Mieux vaut enfouir correctement les engrais verts par un passage final de butteuse et laisser le temps aux micro-organismes de digérer cette matière végétale.
Le vibroplanche sera à son affaire pour préparer un bon lit de semence. Et là est une de ses limites aussi : la tentation est forte de faire travailler l’outil trop en profondeur ( çà va tellement bien… ! ). Mais un affinement excessif sur 12/20 cm n’apportera que des inconvénients. Cela n’est pas propre au vibroplanche : on peut tout aussi bien faire du mauvais travail, déstructurant la couche superficielle, avec un vibro classique !
En fonction des terres travaillées, des objectifs recherchés, et des vieilleries métalliquesque le paysan peut prendre le temps de trouver à bas prix «dans les tas d’ortie» riches de vieux outils abandonnés dans la campagne environnante, différents rouleaux de finition peuvent être adaptés,
la herse étrille. Les manuels d’agriculture (dont ceux de Dominique Soltner) en présentent un bel inventaire. Ne reste plus qu’à mettre l’imagination (et l’auto-construction) au pouvoir !!!
Les dents coudées «classiques» avec socs patte d’oie peuvent être remplacées par des dents droites (type efface trace de semoir) dont la partie travaillante (surtout si elle est droite) remonte moins la terre et les graines d’adventices.
La destruction d’une levée d’herbe n’en sera donc que plus efficace, surtout si on utilise un rouleau lisse : les graines inévitablement remises en germination lèveront mieux grâce à un bon contact terre/graine, et le semis de l’engrais vert qui suivra, avec son passage de herse étrille pour le recouvrir, garantira une culture très propre.