Nous sommes passés progressivement à la culture en planche permanente depuis les premières années de ce millénaire. C’est un système agronomique qui repose sur des bases très simples, pour ne pas dire évidentes, tellement simples et évidentes que je me demande encore maintenant pourquoi nous n’y avons pas pensé plus tôt…

L’agronomie des planches permanentes consiste à réserver, en permanence, d’une année sur l’autre, les allées au passage des roues de tracteur ou des pieds des maraîchers pour le tassement, et les planches exclusivement à la culture des légumes pour la qualité de sol. Les outils sont donc choisis ou modifiés pour d’une part ne plus faire de travail de sol profond derrière les roues, et d’autre part profiter de chaque travail de la planche permanente pour faire un léger binage de surface de l’allée dans le but d’en éviter l’enherbement.
Le travail en planches permanentes limite énormément tous les problèmes de tassement, qui sont reportés en dehors de la zone de culture, et en même temps, la portance de l’allée est augmentée d’autant. Parallèlement, comme la planche de culture est mieux structurée, elle réssuie beaucoup mieux après les périodes pluvieuses. Sachant que les conséquences du passage des roues du tracteur ne se feront pas sentir dans la planche de culture, la liberté d’intervention du paysan augmente d’autant.
Le travail en planches permanentes facilite énormément l’organisation : comme le travail devient possible planche par planche puisque plus n’est besoin que l’ensemble d’un carré soit disponible pour sa reprise (comme avec le labour ou le bêchage) la méthode apporte énormément de souplesse : tous les travaux peuvent être «individualisés à la planche» : repise d’une planche de légume après récolte, préparation de sol, occultation, semis ou incorporation d’engrais vert, etc… peuvent se faire sans attendre

La démarche s’accompagne d’une volonté d’évitement des outils rotatifs :
bien évidemment pour la finition. Le fait est que le besoin de passer un outil du type rotovator juste avant le semis n’est le plus souvent que le signe d’une mauvaise préparation de sol par les outils utilisés antérieurement, le plus fréquemment dans de mauvaises conditions.
mais aussi pour la reprise des cultures ou l’incorporation des engrais verts. Nombreux sont ceux qui tentent de mettre au point d’autres itinéraires techniques avec des outils tirés, reprochant aux outils rotatifs d’être :
Au tout début du troisième millénaire, Roger, technicien maraîcher de chambre d’agriculture (sans doute dans le but de couronner sa proche fin de carrière par des actions bio d’éclat) organise des voyages de maraîchers dans quelques pays d’Europe, et quelques sessions de formation dont une «travail du sol» de 3 journées avec ce que le milieu de la bio compte d’agronomes chevronnés ( de ceux qui, après être passés dans les placards officiels, figurent maintenant dans les documentaires sur l’agriculture qui se diffusent ces dernières années).

De plus, chez quelques collègues, des problèmes récurrents de structure de sol (compaction, semelles, etc…) apparaissent dans certaines parcelles à rotation intensive, peut-être accentués par l’emploi fréquent d’outils rotatifs.
De tout ceci, il ressort plusieurs conclusions qui peuvent sembler maintenant des évidences, mais que jusqu’alors à peu près personne n’avait mises en oeuvre ensemble et systématiquement sur sa ferme :
- pour protéger au mieux la structure du sol dans lequel poussent nos légumes, essayons d’éviter l’agressivité des outils rotatifs, et arrêtons de planter ou de semer là où la roue d’un tracteur a auparavant tassé le sol en menant l’outil utilisé dans le but de le préparer. Chaque chose à sa place :
- les légumes dans la terre souple de la planche, qui a été correctement travaillée,
- les roues du tracteur dans des allées tassées par les passages répétés de tracteur, mais chacun toujours exactement au même endroit année après année.
- pour protéger au mieux la faune auxiliaire dans des jardins maraîchers, plutôt intensifs et surtout où la plupart des légumes sont récoltés avant d’avoir eu le temps de fleurir et parvenir à complète maturité, consacrons des espaces «improductifs» spécialement fleuris et aménagés pour héberger les divers auxiliaires à l’abri des tracteurs, bineuses, et autres passages répétés et dérangeants, mécaniques et humains.
Avec l’appui des structures professionnelles de l’agriculture, les premiers essais ont aussitôt été mis en place, chez des agriculteurs comme en station.
C’est ainsi, qu’au début des années 2000, s’est créé le «groupe de travail planches permanentes» réunion à peu près tous les 18 mois des maraîchers qui se sont lancés dans cette aventure, des techniciens qui suivent le processus : nous échangions, en salle avec photos et sur le terrain, sur nos méthodes, nos résultats, nos projets, nos échecs, etc…
Pour avoir la certitude que les planches restent toujours exactement au même endroit au fil des ans, plusieurs solutions différentes ont été mises en oeuvre sur les fermes : installation de «bornes» régulièrement réparties, de bandes fleuries pluri-annuelles, etc…
Et puis il a fallu modifier nos matériels, bien évidemment pas adaptés à cette nouvelle technique puisque travaillant tous à l’origine la largeur du tracteur voire plus, donc la planche de culture et aussi le passage de roues, chacun tentant de l’adapter à ses propres conditions et objectifs : type de terre, avec ou sans cailloux, largeur des planches, hauteur souhaitée de la butte, etc… Le tout bien sûr en fonction de la qualité de son atelier et de ses compétences de bricoleur.
La conversion au travail en planches permanentes a été facilitée par l’implantation des bandes fleuries qui nous ont permis, du jour au lendemain, de «figer définitivement» la place de chaque planche permanente : plus de risque de les «glisser». Et modification de l’ordre de travail des planches en abandonnant le «travail à la suite» au bénéfice de la «logique symétrique» pour minimiser au mieux les glissements.
N’ayant jamais labouré de sa vie, le Biau Jardinier pas eu besoin de sevrage ni de revendre une charrue. Il a commencé l’aventure de la conversion en planches permanentes plutôt simplement : en supprimant les pelles extérieures de la bêcheuse alternative, qui travaillaient le passage de roues. Cette simple modification a permis d’avoir de meilleures allées permanentes : stables, donc fiables. Mais pour ce qui concerne la fabrication des outils nécessaires, le début a été très très très laborieux. Gravement incompétent en mécanique, il a pas mal souffert.
Il a aussi utlisé de vieux outils, facilement trouvés d’occasion, qui avaient été utilisés un peu partout à une époque pas si lointaine :
parfois appelé «cadre Gard» (du nom de son fabricant), ou «barbentane», outil répandu dans le Sud, tant chez pas mal de maraîchers que chez ceux qui cultivaient des légumes entre des rangs d’arbres fruitiers - prune par ex - (çà ne s’appelait pas encore «agroforesterie» ou «permaculture» parce que les marchands de communication n’avaient pas encore senti le filon) et bien sûr chez les viticulteurs qui buttaient, débuttaient et griffaient leurs vignes toute l’année avec cet outil simple et polyvalent. Il a un buttoir central et 2 voire 3 paires de charrues. C’est en intervertissant leurs places que les vignerons du Midi chaussent leurs vignes, puis les déchaussent.
Cet outil a l’inconvénient d’être une charrue. Mais comme les socs sont de petite taille et souvent sans versoir ça ne bouleverse pas trop le sol. À noter que sur une charrue, si un versoir n’est pas boulonné d’origne pour un démontage facile, une meuleuse est très capable de le supprimer sans frais en cas de nécessité !. Dans ce cas, ne pas oublier de ranger le bout de ferraille ainsi récupéré dans le stock de «minerai de bricolage». Par contre, l’avantage du cadre est qu’il peut servir à d’autres usages si on remplace les charrues par des dents - existantes - de divers modèles : à ailettes, cotes de melon, etc… Un outil donc assez polyvalent que les jeunes maraîchers en cours d’installation auraient grand bénéfice à aller chercher dans les zones où ces outils étaient très communs il y a seulement 20 ou 30 ans. Mais il faut se déplacer, ce qui est bien abordable quand on est équipé d’un fourgon pour vendre sur ses marchés. Mais le Biau Jardinier a eu souvent la tristesse de constater que les jeunes installés étaient parfaitement convaincus qu’ils n’avaient pas le temps de se déplacer ailleurs pour s’y former, se renseigner, s’équiper, échanger avec des collègues. Et cela lui semble dommageable. Ma foi…
outil anciennement utilisé par les producteurs spécialisés du département, notamment dans les sables de Sassenay, à l’époque où ils étaient nombreux, c’est à dire avant le grignotage par les maisons individuelles.
Ce modèle correspondait bien à notre objectif de ne pas monter de buttes trop hautes parce que nos sols de Val de Seille n’en ont pas besoin. et il avait le mérite d’exister (il avait suffi d’aller le chercher chez son ancien propriétaire), de n’avoir pas coûté grand chose, et d’avoir permis la rencontre d’un professionnel avec qui les échanges ont, comme le plus souvent dans ce genre de circonstances, été fructueux.
Les inconvénients de ce modèle étaient : des disques de trop petit diamètre, et matériel conçu pour du plus petit travail dans des terres plus légères. L’arrivée du nouveau tracteur, plus puissant lui a été fatale… (à force de casse, de pièces tordues).
Le biau jardinier a aussi modifié quelque vieil outil existant dans sa cour pour en faire un ovni à planche permanente.
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À partir du chassis monopoutre d’une vieille «fouilleuse» de la première génération, la fameuse bêcheuse alternative a pu enfin être remisée quasi définitivement sous l’auvent, tout au fond. Tranquille.
Cette fouilleuse, le biau jardinier l’avait achetée d’occasion dans la fin des années 70 à un agriculteur bio en fin de carrière qui n’en avait plus l’usage. L’outil disposait d’un jeu de dents rigides avec soc (dites dents «déchaumeuses») ,
et un jeu de dents rigides sans soc (dites dents «sous soleuses»).
Pour la petite histoire, ou pour les amateurs d’archéologie humaine et/ou mécanique, on peut voir par ce LIEN quel fut le succès de la descendance mécanique de la fouilleuse.
Pour l’adapter à notre projet de planches permanentes, il a donc fallu :
- ajouter des poutres pour espacer assez les dents et limiter le bourrage
- ajouter des disques de buttage pour le travail superficiel des allées, remonter la terre fine de l’allée, et former le bord de planche,
- installer des réglages fiables :
roues de jauge avec leur réglage vissant repris d’une ancienne effeuilleuse à betterave fourragère,
chandelle pour le réglage du rouleau arrière qui permet de tarer la profondeur de travail sur la planche.
Mais faute de compétences, les réglages en question étaient trop laborieux pour que la solution soit viable à long terme : il fallait modifier le réglage par boulons de chaque disque d’allée lors de chaque modification du réglage de la profondeur du travail des dents droites ou de l’utilisation avec les dents à ailettes.
De plus, le Biau Jardinier savait bien d’expérience que les dents rigides ne sont pas les mieux adaptées au type de travail que nos sols demandent. Elles étaient disponibles sur la ferme et ont donc été utilisées, mais faute de mieux ; raison qui ne suffisait pas à en justifier agronomiquement l’utilisation…
Bref, les dents souples manquaient cruellement pour ameublir la planche en apportant la garantie de travail seulement en surface dans les allées aussi !
C’est le charme de l’expérimentation : on se rend très bien compte de ce qui ne va pas…
Et cela nous a permis de démarrer le travail en planche permanente ; et de profiter précocément de beaucoup des avantages de cette pratique. C’était déjà pas mal !
Mais le Biau Jardinier était bien incapable de concevoir et réaliser seul les modifications nécessaires, et bien que tout cela ait quand même permis d’avance dans la pratique des planches permanentes, cela a aussi confirmé qu’il avait vraiment besoin de se former en conception de plan, soudure, perçage, etc…
Une fois la planche montée à la butteuse, puis ameublie sur tout son profil par la fouilleuse, la finition se faisait au vibro.
Le modèle dispo sur la ferme, très classique, a d’abord été réduit en largeur pour s’adapter au format de la planche,ainsi que en longueur pour éviter de trop «pulvériser» la surface de la planche. Des disques réglables par boulon ont été fixés à l’avant du bâti pour remonter la terre. Pour limiter les retombées de terre fine dans l’allée, le Biau Jardinier avait fait avec ses «compétences» en soudure : une planche fixée aux dents du bord avec 2 bouts de fil de fer ! Quelques années plus tard, investisement dans deux toles pliées soudées aux dents extérieures (et miracle, çà tenait environ la saison !).
L’ajout d’un vérin hydraulique au rouleau arrière de finitiion a facilité le réglage.
Toujours les même inconvénients : difficulté à modifier le réglage de profondeur des disques avant et problèmes pour maîtriser le binage de l’allée.
C’est cet outil qui a ensuite été complété par un bâti support à l’avant et une herse étrille à la fin de l’outil pour servir aussi au semis des engrais verts. Et quand le Biau Jardinier a suivi la première formation à l’autoconstruction d’un vibroplanche, il a pu :
adapter le semoir à engrais vert sur un outil spécifique qui a été auto-construit en stage
donner ce vibro bricolé à un collègue que cet outil séduisait : recyclage.
C’est bien évidemment Joseph qui a été le plus performant dans cette aventure… Associé avec Régine et Denis, «bricoleur» polyvalent et maraîcher compétent donc paysan efficace, il a très vite construit à partir d’un vieux chassis et avec différentes pièces de récupération un premier outil qu’il a amélioré au fil des saisons.Le coup de génie ayant été de concevoir un outil double, la deuxième partie dédiée exclusivement au travail des allées et à la finition étant articulée, donc ses régages de profondeur complètement indépendants de ceux de la partie travaillant la planche.
Puis dans le cadre de l› ADABIO (LIEN) a été mis en route un projet de diffusion de ce matériel, bientôt élargi aux autres «inventions» que chacun peut réaliser «dans son coin». Un technicien machinisme, Thibault, a été embauché pour les besoins de la cause : éditer les plans précis des divers matériels que les maraîchers ont mis au point chez eux pour répondre aux différents besoins (travail du sol, confort de travail, etc…) qui ne sont pas satisfaits par l’offre de matériel existant proposé par les différents fournisseurs.
C’est ainsi qu’a été mis sur pied pendant l’hiver 2010 / 2011 le premier stage de formation technique à l’auto-construction. Il s’agissait d’apporter aux paysans une formation technique suffisante pour construire les outils dont ils ont besoin.
Auto-construire comment ?
en réalisant collectivement et avec l’aide de Joseph et Thibault des «cultibutte» sur le modèle de celui que Joseph a entièrement refabriqué à partir de son «original» dans le but d’en faire un outil reproductible.

Une commande groupée de ferraille, vérins, boulonnerie, etc a été organisée pour que chacun des stagiaires qui le souhaitait puisse repartir avec un outill entièrement construit.
C’était ensuite un stage programmé sur 5 jours consécutifs dans l’atelier de mécanique d’une maison familiale de l’Isère. La cantine de l’internat nous a fourni pour les repas de midi, une nourriture… que les maraîchers bio n’ont pas vraiment l’habitude de consommer…

Nous y avons eu accès à des conditions de travail que chacun n’a pas forcément chez soi.


Et même à quelques rayons de soleil pour admirer un magnifique platane, quand les maraîchers, qui sont gens de plein air, avaient le besoin de sortir quelques instants de «l’usine»… et pas tous pour fumer.

A partir des plans que Thibault avait faits, les paysans ont réalisé les séries de pièces nécessaires, sous l’oeil attentif (et patient!) des encadrants.

Bien sûr, les premières soudures, les premières coupes n’étaient pas superbes, il a fallu retoucher, meuler pour recommencer parfois…

Mais en général, à force de conseils et d’obstination, il est bien rare que chacun n’arrive pas à acquérir de nouvelles compétences !
…surtout avec le parrainage du père du cultibutte, très heureux de voir son enfant reproduit dans une telle ambiance d’autogestion collective, aussi studieuse et efficace que bio et chaleureuse. Parce que franchement, vous en connaisez un qui peut continuer à souder de travers quand l’oeil de Joseph, avec son masque de soudure «tuné» observe le boulot par dessus son épaule et que la voix commente et conseille au creux de son oreille ???

Les premiers éléments complets ont rapidement vu le jour. Mais il fallait tenir le planning de ces 5 journées, ce qui fit naitre une inquiétude devenue rapidement «jingle» quasi traditionnel : «putain les mecs, on est mals !!!»

C’était un peu le stress de la production industrielle ; et il fallait pourtant ne pas oublier de travailler en sécurité, et mettre toutes les protections, notamment les gants…
Mais le vendredi dans l’après midi, le contrat était rempli :

restait assez de temps pour le nettoyage de l’atelier et le bilan de la formation. Le soir, chacun a pu repartir sur sa ferme avec de nouveaux savoir-faire, et toutes les pièces pour monter son cultibutte…

…avec les ultimes éclaircissements de montage et conseils d’utilisation issus de la pratique de Joseph. Conseils qui faisaient fonction, et au delà, de guide de montage de meuble à désign scandinave et production délocalisée.


Ce premier stage d’autoconstruction fut une belle semaine, riche de réalisations et de rencontres, agréables et enrichissantes. Une semaine valorisante pour tous les participants. Le constat à nouveau que chacun peut se prendre en charge et que l’action collective fait progresser.
Une semaine à laquelle le biau jardinier n’aurait pas eu le plaisir de participer sans la compréhension et le soutien des abonnés qui se sont vus privés de leur panier de légumes !

Le groupe des premiers cultibutteurs auto-constructeurs a bien évidemment immortalisé le souvenir de ce tout premier stage d’auto-construction de cultibutte, se promettant que ce serait gâcher qu’une aussi belle aventure ne se diffuse pas plus largement. Une manière de prendre date.
De tous les points de vue donc, le cultibutte, c’est une belle aventure humaine ! Et sous la houlette des animateurs locaux du réseau bio a donc pris corps l’idée de la création d’une association de préfiguration d’une coopérative d’auto-construction.
Ce n’est qu’un début…
Passer au travail en planche permanente de façon confortable, c’est au fond maintenant assez facile. Il suffit de disposer de la gamme des 4 outils ; et ils peuvent tous se construire - à peu de frais - dans le cadre des formations de 5 jours qui sont organisées par l’Atelier Paysan ( ex adabio auto-construction) :
la butteuse à planche, pour «monter» la planche
le cultibutte, pour structurer tout le profil de la planche
le vibroplanche, pour obtenir un bon lit de semence.
Évidemment tous équipés du triangle d’attelage (bien sûr amélioré par sa bascule) pour gagner en confort et rapidité.
Financièrement, il en coûtera dans ces conditions, et pour le total, largement moins cher que d’acheter un seul de ces outils du commerce qui prétendent à l’universalité d’emploi, voire à préparer une planche prête à planter à partir d’une prairie en un seul passage… Restera même largement, pour le même budget, de quoi investir, par exemple, dans broyeur et semoir pour engrais vert.
Pour atteler les outils au tracteur avec efficacité, rapidité, sécurité et ergonomie, bref avec le confort dû à tout travailleur, le système d’attelage rapide par triangle peut-être qualifié d’incontournable. Mais avec la bascule (ex «appendice Pigneret»), c’est encore super mieux…

C’est au millénaire précédent, sous l’amicale pression de Roger, technicien maraîchage très éclairé de l’époque, que les Biaux Jardiniers ont été sensibilisés au confort du triangle d’attelage. Rappel : l’attelage 3 points classique (à broches) est en effet très fastidieux. Il est le plus souvent long, générateur de risque d’accident autant que de travail en position torturante. Ce système mécanique n’est de plus pas du tout adapté au maraîchage diversifié, tel que pratiqué par ex chez nous, pour une raison supplémentaire : pour être correctement fait, le travail au jardin demande fréquemment l’utilisation de plusieurs outils différents chaque jour ; et chacun pour des utilisations assez courtes. Et rares sont les petits maraîchers diversifiés à disposer de plusieurs tracteurs. Il n’est donc pas rare de devoir changer 4 ou 6 fois d’outillage dans la même journée. Voire plus ! Alors le fastideux se multiplie…
Et quand il faut marier 3 pitons dans 3 perçages - qui tombent rarement parfaitement en face - à chaque attelage d’outil, puis une fois le premier travail effectué belote au dételage, puis, rebelote à l’utlisation de l’outil suivant… GALÈRE … (ici, le langage imagé du capitaine Haddock !)
La solution est donc le système d’attelage rapide par triangle, proposé dans le commerce depuis le millénaire précédent mais peu répandu en France. Le triangle mâle est installé une fois pour toutes au tracteur.
Et quand, avec son triangle mâle, le tracteur approche d’un outil équipé du triangle femelle, l’attelage devient un jeu d’enfant. Même plus besoin d’être complètement en face ! Même plus besoin de descendre du tracteur ! BONHEUR et SÉRÉNITÉ…
Le fabricant du système en expliquait la conception et ses avantages dans le document quadragénaire illustré, retrouvé dans les archives des Biaux Jardiniers de Grannod et reproduit ci dessous : (on peut cliquer dessus pour l’agrandir)
C’est tellement facile, simple d’usage, que pour convaincre qu’atteler une fois équipé en triangle est à la portée de vraiment «n’importe qui», les communicants de l’époque n’avaient pas hésité à utiliser… des photos féminisées… (particulièrement rare dans une pub de mécanique, en tout cas avec un modèle habillé…).

Donc, l’attelage par triangle, c’est bonheur et sérénnité. Mais…car
en installant le triangle mâle à demeure sur le tracteur, on supprime ipso facto la possibilité que tracteur et outil puissent s’articuler quand ils ne travaillent pas dans le même plan. Alors que cela est possible en attelage classique par piton en attelant la barre de poussée dans une lumière (oblongue) plutôt que dans un perçage (rond). Plus d’articulation possible ? Rigidité obligatoire ? Certains outils qui demandent à pouvoir s’articuler par rapport au tracteur pendant le travail deviendraient donc inutilisables ?
consiste à fixer le triangle femelle de l’outil de manière articulée, ce qui revient à articuler l’outil lui-même. Solution réalisée lors des stages de formation organisés par Adabio Auto-Construction (puis devenu Atelier Paysan) lors de ses premières années d’existence. Solution d’une grande intelligence mécanique, et très formatrice en stage, mais parfaitement illogique : il faut concevoir, financer et réaliser un système complexe d’articulation en plusieurs points… et pour chaque outil !!!
C’est ce que, devant la complexité du système et la nécessité de le multiplier par autant d’outils, certains des cofondateurs de l’Atelier Paysan s’étaient amusés à baptiser, «les montages pervers de Joseph» (qui a bien heureusement de l’humour).
en fait, c’était tout simplement ce que les Biaux Jardiniers pratiquaient depuis la conversion de tout leur parc de matériel au système triangle :
une seule et unique pièce basculante, mais installée à demeure entre le tracteur et le triangle, donc une seule petite pièce (toute simplette) par tracteur, au lieu d’un «montage pervers» par outil.

C’est ce que, devant la simplicité «biblique» et l’évidence du système, certains des cofondateurs (surpris ?) de l’Atelier Paysan s’étaient amusés à baptiser «l’appendice Pigneret» (qui a bien heureusement de l’humour). Appendice bricolé-merdouilloux qui remplissait fort bien son usage :

Le Biau Jardinier avait aussi prévu un rangement de la broche d’immobilisation de l’appendice près du troisième point,

de façon à l’avoir toujours à portée de main quand on attelle un outil que l’on souhaite utiliser non flottant. Ce système offre «pour le même prix» l’avantage de ne pas avoir besoin de modifier la position d’attelage du bras de poussée : il suffit de bloquer la pièce avec la broche rangée à portée de main.
Quelques années plus tard, ce système basculant fût enfin adopté par l’Atelier Paysan. L’outil a été amélioré en dimensionnement et universalité d’emploi par les techniciens de la structure. Et un nom plus vendeur lui fut bien évidemment trouvé : la bascule. L’appendice 0.0 (double zéro) est donc devenu la bascule 1.1.

Un plan a été publié sur le site de l’Atelier Paysan pour diffusion :
Et tout çà a bien simplifié les plans et la réalisation des outils proposés en stage :
Adabio Auto-construction avait tourné une vidéo lors d’une formation organisée au Biau Jardin de Grannod il y a quelques années. Elle est «brut de décoffrage»
Le Biau Jardinier a enregistré 6 ans de suite l’usage de chacun des outils sur sa ferme, puis estimé le gain de temps apporté par le système d’attelage rapide par triangle. Il en avait été écrit quelques années plus tard un compte rendu pour publication sur le site de l’Atelier Paysan :
Avec l’attelage avec le triangle, plus de risque d’accident, coincé entre tracteur et outil, plus de position acrobatique, plus d’effort humain (et cependant inhumain) face à du matériel lourd, etc… Attelage comme dételage, on reste sur le siège. À moins de s’équiper de triangles complètement automatiques (lien) et (lien), il reste la prise de force ou l’hydraulique à descendre raccorder. Cela permet de se rappeler le «bon» vieux temps, où on descendait se brutaliser pour mettre les broches.
Il reste cependant impératif, quand on dételle l’outil concerné, de penser à débrancher prise de force et hydraulique !!!!
L’attelage facile, on ne recule pas devant. Avec l’attelage par broches, le travailleur a tendance à regrouper les travaux avec chaque outil pour limiter les opérations d’attelage / dételage; donc à remettre un petit travail à quand il y en aura plusieurs à faire…quite à prendre le risque de laisser passer le bon moment. Avec le triangle, on n’hésite pas à atteler l’outil nécessaire au moment donné. Une fois le travail réalisé au bon moment, on comprend qu’on a gagné en qualité de travail. Donc en efficacité.
Atteler les outils quand on est en système triangle est tellement rapide que çà en devient un vrai plaisir… au point qu’on peut systématiser le rangement des outils les uns devant les autres : quel gain de place ! On peut ranger sans peine beaucoup plus d’outils sous la même surface d’abri : quelle économie !
vidéo
Adapter tout son parc de matériel peut être long et aventureux si on s’y prend seul. Adabio Auto-Construction avait organisé en 2012 des chantiers collectifs amicaux pour aider ceux de ses premiers administrateurs qui avaient lancé l’aventure de l’auto-construction et n’avaient pas encore équipé en triangle leur parc de matériel. Cela avait donné lieu à quelques journées aussi studieuses que conviviales lien et lien
Maintenant société coopérative, l’Atelier Paysan continue de proposer son appui lors de formations / chantiers de groupes à la ferme avec cette activité modification des matériels en attelage triangle comme support.
Alors Ya Ka !
Cet outil permet de créer rapidement une planche de culture surélevée, de la hauteur désirée.
Il remplace avantageusement la charrue pour l’enfouissement des déchets de cultures et des engrais verts, avec évidemment l’avantage de ne pas déplacer la terre des planches. Il permet d’exposer le sol au gel en cas de besoin. On peut aussi façonner les planches avec plus de «bombé» de telle façon qu’elles réssuient mieux en période pluvieuse.
La butteuse permet aussi, après une culture, de remonter une planche aplanie par les passages d’outils à dents type herse étrille, bineuse, voire celui de l’arracheuse.

Ce modèle de butteuse à 3 paires de disques a été préféré pour limiter la profondeur de travail tout en permettant le façonnage d’une butte, relativement applanie, de possiblement 40cm de hauteur.
Les disques ainsi répartis couvrent facilement toute la surface d’une planche.

Les matières organiques (destruction d’engrais verts ou d’adventices) sont enfouies dans le volume de la butte, permettant une dégradation optimale (aération), contrairement à un enfouissement en fond de labour. Des conditions trop sèches peuvent par contre être un handicap pour l’évolution de la matière organique, mais ce n’est pas dû à «l’outil-butteuse» en tant que tel, mais à la situation de la ferme, et les maraîchers, pour être pérennes, ont de bonnes conditions d’arrosage.
Les modèles de butteuse à asperges du marché ont été adaptés pour répondre aux exigences du travail en planches permanentes. Ont ainsi été rajoutés :
- des pattes d’oie sur dent double spires pour le binage superficiel des allées permanentes, des roues de jauge pour le contrôle sécurisé de la profondeur,
- un buttoir central pour la reprise de buttes déjà formées
- et bien sûr un triangle d’attelage auomatique, type Accord, pour faciliter l’accrochage et le décrochage de l’outil.
Si on a pris soin d’installer à demeure une «bascule» (LIEN) sur son attelage de triangle automatique coté tracteur et qu’on la laisse libre, tout est en place sans autre bricolage pour faciliter la conduite en début et fin de planche.
La butteuse ainsi équipée permet des économies de temps et de matière appréciables par rapport à une charrue à deux ou trois socs, encore souvent utilisée en maraîchage. En effet, la butteuse travaille une largeur de 1,80m à une vitesse de 3 ou 4 km/heure. Les idsques, puisqu’ils tournent, s’usent beaucoup moins par frottement que les pièces fixes d’une charrue, d’où un coût d’entretien beaucoup plus faible.
Et bIen sûr, dès qu’une seule planche est libérée en milieu de parcelle, celle-ci peut être buttée sans gêne pour ses voisines,
ce qui facilitera la maîtrise de l’enherbement éventuel, la mise en place d’une autre culture, ou l’implantatioon d’un engras vert qui pourra se développer sans attendre que les autres planches voisines se libèrent.

Gros gain de temps… comme d’organisation et de fertilité.
Il est bien sûr nécessaire d’effectuer un broyage avant le passage de la butteuse afin de faciliter l’incorporation des végétaux par les disques. Mais très rares sont les outils non rotatifs qui peuvent s’en passer par système.
Le buttoir central peut parfois provoquer le bourrage, en présence de beaucoup de matière, ou de matière peu broyée, ou en cas de transformation de la planche en butte haute. En fonction de la conformation des bras de relevage du tracteur, il peut être possible de déplacer un peu ce buttoir pour y remédier.
La conduite de l’outil est délicate, surtout en situation de dévers. Les roues de jauge réduisent beaucoup ce problème en maintenant une symétrie dans la profondeur de travail entre les deux cotés de l’outil. Mais bien évidemment, il faut aussi, quand le cas se présente, travailer un ensemble de planches, procéder non pas au fur et à mesure en passant de l’une à sa voisine, mais en alternant pour ne pas créer soi-même un dévers !

Le cultibutte a été baptisé ainsi car les principaux organes de travail sont des socs «pattes d’oie» montés sur des dents de cultivateur. Cinq dents «queue de cochon» double spire sont prévuves d’origine.
Une paire des disques remonte la terre superficielle de l’allée, en même temps qu’elle effectue un petit travail très superficiel de désherbage. Ces disques d’allée sont montés sur un chassis articulé. Travailler la planche plus ou moins en profondeur ne changera donc pas la façon de travailler les allées. La profondeur de travail des disques d’allée est réglée une fois pour toutes par l’ajout d’une petite cale, qui sert de pièce d’usure, sur la butée de profondeur. En fin, une herse à dents vibrantes gère nivelage et finition. Sur ses cotés sont fixées des flasques qui maintiennent le bord de la planche travaillée. Cette herse articulée est réglable hydrauliquement.
Le cultibutte permet la reprise d’une planche déja «montée» par un passage de butteuse.
Évidemment, ce type de dents ne permet pas l’incorporation d’une grosse masse de végétaux, type engrais vert. Mais cela n’est pas vraiment sa vocation : la butteuse est là pour çà ! Par contre, l’évolution dans le sol des matières organiques précédemment incorporées par la butteuse s’en trouve facilitée car on obtient un milieu aéré et à l’humidité bien drainée.
La profondeur de travail peut se régler de 0 à 30 cm par rapport au niveau des allées permanentes. Le réglage s’effectue facilement en ajustant la hauteur de travail des roues de jauge prévues à cet effet.
Chez la plupart des maraîchers en planche permanente, ce réglage est fait à maximum 10 cm en dessous du niveau des allées : dans une terre préservée du tassement comme ce peut être le cas en planche permanente, le décompactage en profondeur n’est plus indispensable. Cela peut même être nocif dans certains cas. Les résultats des cultures et des profils de sols le prouvent. Diminution du nombre de dents, de la profondeur de travail… ce respect du sol apporte en plus bien des économies : d’usure de matériel, d’énergie ( faible consommation du tracteur ), de temps de tracteur (par la vitesse de travail permise de 2 à plus de 4 km / heure). Le rendement de chantier est multipié par 4 à 6 comparativement à la bêcheuse alternative). Et le résultat est meilleur car la structure du sol n’est pas brisée violemment et artificiellement, ce qui limite les phénomènes de battance et les risques de reprise en masse. Sans parler de l’état de la faune du sol quand elle est brutalement malaxée par de la ferraille animée…
En fin, plus généralement et à long terme, l’usage du cultibutte impose d’alterner systématiquement le sens de travail des planches, pour ne pas tirer la terre toujours dans le même sens ; les bouts de planche sont ainsi mieux travaillés. Mais c’est une précaution valable avec tous les outils à dents ou à disques, et souvent avec les rotatifs aussi.
Avec des socs appropriés (plus larges) et un réglage modifié (plus superficiel) le cultibutte peut faire un travail de déchaumeur (pour «casser» un engrais vert), ou de sarcleuse (pour détruire une levée d’herbe trop avancée pour être reprise au vibroplanche). Ces utilisations possibles sont une raison supplémentaire de choisir dès le départ le système de fixation rapide des socs sur les dents : un investissement qui peut sembler à première vue «luxueux»… mais seulement tant qu’on n’en a pas eu besoin ! et que l’on regrette de ne pas avoir fait dès qu’on s’est trouvé dans l’obligation de changer de socs ! Raison supplémentaire aussi de posséder 2 dents de plus pour travailler en surface (car on utilise souvent deux de moins pour travailler en profondeur).
Il peut être très intéressant de pouvoir remplacer la herse (qui par système, a tendance à ratisser les éléments végétaux et les accumuler en bout de plkanche) par un rouleau (adapté à ses propres conditions, la gamme est vaste !) dans le but d’éviter les bourrages (de terre, de résidus de récolte, de fumier, etc…). Il serait très intéressant aussi parfois de pouvoir utiliser le cultibutte sans la herse. C’est ce point qui a été beaucoup travaillé par nos collègues Québécois qui ont fait franchir au cultibutte un pas décisif dans son évolution en modifiant le bâti arrière d’origine. Alors que dans la version originelle du cultibutte la herse est fixée par des boulons à l’ossature qui en permet le relevage, l’idée est de remplacer ce système «définitif» par un second attelage par triangle : le bâti de finition devient ainsi amovible.

Par choix de rationalisation (économie de matière, de poids), l’Atelier Paysan propose dans ses stages de construire ce deuxième triangle avec du carré plutôt que d’installer un triangle mâle du commerce, lourd, trop à cet endroit en porte à faux.
Ce triangle reste bien sûr commandé par le vérin d’origine qui réglait la herse niveleuse.
Ainsi modifié, le cultibutte peut donc être complété par tout bâti qui convient. Ces bâtis de finition interchangeables, permettent de mieux s’adapter aux différentes situations rencontrées ; et grâce au triangle, il devient possible de les utiliser seuls si besoin. Les possibilités sont multiples! Chacun adapte les vieux outils locaux qui conviennent à son sol et à sa façon de travailler. Des cas d’adaptation sont sur le site de l’Atelier Paysan.
Les Biaux Jardiniers utilisent principalement deux bricolages :
Dans cette configuration de bogie vibro, plus agressif que la herse, on peut souvent planter directement, sans autre travail de finition. Ou bien réaliser ce seul passage dans les cas où il est sage de s’en contenter : ici en reprise rapide, à l’annonce de pluies, de planches butées pour l’incorporation de l’engrais vert pluriannuel avant de semer un petit engrais vert hivernant de protection, avant légumes de printemps.
Et dans certains cas de reprise après une récolte de légume, si les résidus végétaux ne sont pas trop abondants, la combinaison cultibutte + rouleau de vibro double donne une finition suffisante pour semer un engrais vert. Avec l’avantage d’éliminer à peu près tout risque de bourrage.
Les Biaux Jardiniers, pour leur part, sont, en temps que bressans, depuis longtemps utilisateurs de la houe, outil autrefois très répandu en Bresse. Et souvent appelé «train de bêches roulantes».

Ils ont donc récupéré quelques éléments sur un de ces anciens outils restant dans le stock de minerai, pour en faire un rouleau combinable à leur cultibutte de la première génération, lors de la remise à niveau en stage auto-construction idoine (LIEN vers détails sur cet outil).
Ce rouleau peut évidemment lui aussi s’utiliser seul, ce qui est bien pratique - et suffisant - pour par exemple reprendre une planche derrière un passage de cultibutte victime d’un orage ou pour la destruction d’une levée d’adventices en cours (au stade filament blanc, ce stade idéal pour intervenir vite et bien!)
D’autres photos et infos sur ces modifs, ainsi que des détails sur l’utilisation traditionnelle de la «houe», ou «train de bêches roulantes» sont dispos ICI.
Le vibroplanche est, comme son nom l’indique on ne peut plus clairement, un vibroculteur conçu pour travailler en planche permanente. Comme le cultibutte, le vibroplanche est principalement constitué de 4 parties qui en font 3 travaillant chacune indépendamment des deux autres :
- le bâti travaillant la planche est classiquement constitué de socs (pattes d’oie, doigts droits, etc…) montés sur dents souples (courbes ou droites).
- un ensemble d’entretien de l’allée : du coté gauche comme du droit, un système de parallélogramme articulé permet de faire travailler un disque qui remonte la terre superficielle de l’allée, une ou deux dents de binage d’allées qui sont fixées sur une flasque empêchant la terre fine de la planche de redescendre dans l’allée. C’est la longueur de la flasque qui joue le rôle de butée de profondeur. Un système de réglage de hauteur des dents d’entretien des allées permet de faire face à quasi toutes les éventualités. L’allée sera travaillée à la faible profondeur choisie, indépendamment du réglage de profondeur choisi pour la planche elle-même.
- une herse à dents vibrantes pour la finition de la planche est montée solidaire de ces flasques. La profondeur de travail de la herse est donc indépendante du réglage des dents qui affinent la planche elle-meme : il déterminé par le choix de hauteur de planche.
- en fin, un rouleau (à barres rondes ou plates, plein, grillagé, etc…). De forme agressive, il complète la finition de surface.
Plein, il assure le rappui de la terre de la planche.

Dans tous les acs, il participe au réglage aisé de la profondeur de travail des dents de vibro grâce à son vérin hydraulique (la sécurisation est assurée par la lumière de fixation).
La vocation du vibroplanche est de remplacer les outils rotatifs pour la préparation du lit de semence. Il y réussit le plus souvent très bien. Et beaucoup plus rapidement : sa vitesse de travail est alors de 2 ou 3 km/heure.
De plus, le vibroplanche est très utile pour la maitrise de l’herbe sur les planches en attente de culture, la destruction de faux semis. Dans ce cas, le travail encore plus superficiel peut se faire à 5 ou 6 km/heure.
Là encore, cet outil se distingue des outils rotatifs par sa sobriété: les dents s’usent bien moins vite que les lames d’un outil rotatif, le tracteur consomme beaucoup moins qu’avec un outil entrainé par la prise de force, le paysan gagne du temps en restant moins longtemps sur un tracteur qui travaille beaucoup plus vite.
La destruction d’une levée d’herbe, voire d’un engrais vert jeune est tout à fait possible (on peut éviter le bourrage en remplaçant les dents d’étrille par des outils roulants non animés). L’enfouissement est alors effectué par un passage de butteuse.
Les diverses lumières sur les éléments de liaison et les articulations facilitent les réglages selon les travaux à effectuer ; la conduite de l’outil est confortable.
Comme pour le vibro «à plat», la limite est dans les risques de bourrage : les dents de vibro, comme les dents d’étrille, traînent les végétaux trop grands. Il faut donc broyer soigneusement avant d’utiliser le vibroplanche. Mais la vocation du vibroplanche, comme des classiques vibroculteurs, n’est pas l’incorporation des engrais verts, en général. Mieux vaut enfouir correctement les engrais verts par un passage final de butteuse et laisser le temps aux micro-organismes de digérer cette matière végétale.
Le vibroplanche sera à son affaire pour préparer un bon lit de semence. Et là est une de ses limites aussi : la tentation est forte de faire travailler l’outil trop en profondeur ( çà va tellement bien… ! ). Mais un affinement excessif sur 12/20 cm n’apportera que des inconvénients. Cela n’est pas propre au vibroplanche : on peut tout aussi bien faire du mauvais travail, déstructurant la couche superficielle, avec un vibro classique !
En fonction des terres travaillées, des objectifs recherchés, et des vieilleries que le paysan peut prendre le temps de trouver à bas prix «dans les tas d’ortie» riches de vieux outils abandonnés dans la campagne environnante, différents rouleaux de finition peuvent être adaptés, soit à la place, soit derrière la herse étrille. Les manuels d’agriculture (dont ceux de Dominique Soltner) en présentent un bel inventaire. Ne reste plus qu’à mettre l’imagination (et l’auto-construction) au pouvoir !!!
Les dents coudées «classiques» avec socs patte d’oie peuvent être remplacées par des dents droites (type efface trace de semoir) dont la partie travaillante (surtout si elle est droite) remonte moins la terre et les graines d’adventices.
La destruction d’une levée d’herbe n’en sera donc que plus efficace, surtout si on utilise un rouleau lisse : les graines remises en germination lèveront mieux grâce à un bon contact terre/graine, et le semis d’un engrais vert qui suivra, avec son passage de herse étrille pour le recouvrir, garantira une culture très propre.
Pour en savoir (encore) plus…
chapitre pour les paysans actuels ou futurs qui passeraient sur ce site.
que les documents proposés à la lecture ci dessous le sont bien évidemment avec l’accord de leurs auteurs.
A noter que le responsable de la Station d’Expérimentation Rhône Alpes Information Légumes a demandé au Biau Jardinier de mettre un lien avec le site de la station en guise de remerciement : ce que le Biau Jardinier (qui y pense habituellement sans qu’on le lui demande) fait bien volontiers ici-meme A noter que le Biau Jardinier se réjouit que cette structure officielle, tolérante, efficace (et très appréciée par lui-même) de l’agriculture Rhône-Alpes se soucie à juste titre que tout utilistateur de document respecte le travail fourni par l’auteur en citant la source. Et le Biau Jardinier s’étonne donc que ce genre de savoir vivre ne soit pas généralisé dans les toutes structures professionnelles de la région Rhône-Alpes, comme l’atteste le document ci-joint diffusé lors de la journée bilan de 15 années d’essai matière organique qui a eu lieu à l’agropole de Lyon en 2009.
On y voit en (très) bonne place (en couverture de ce qui semble un diaporama) une photo du fils et du salarié-remplaçant du Biau Jardnier qui a été piquée sur le site du Biau Jardin de Granod, comme on peut le constater par le lien ici sans l’en informer ni lui demander la moindre autorisation, ni lui proposer de mettre le moindre lien vers le site du Biau Jardin de Grannod sur le site de la chambre d’agriculture…
Quel lecteur voudra bien expliquer cette différence de «traitement» ?
Lien pour voir le beau panneau couleur résumant l’ensemble de l’aventure : ici
Le compte-rendu de l’essai suivi par Jackie et Dominique pendant 6 ans au Gaec des Jardins du Temple. ici
A noter qu’un des grands mérites de cet essai est d’être » décentralisé», c’est à dire implanté chez un producteur et non pas en station. Ce qui signifie notamment que la réalisation du travail est entièrement confiée au producteur. Chacun pourra se rendre compte en «cherchant sur le net» que ceci n’est pas un détail, y compris dans les résultats !
Journée profil cultural organisée par l’adabio au Gaec des Jardins du Temple avec Yvan Gautronneau LIEN vers l’article et le compte-rendu rédigé par Anne.