
En se réinstallant à Sornay, le but des Biaux Jardiniers était de créer une ferme maraîchère biologique, et dans un démarche cohérente construire un bâtiment agricole qui soit :
Pour mener à bien ce projet, nous avons pris le temps de la réflexion, et à plusieurs. Nous partions de plusieurs apports :
Nous avons bénéficié des compétences d’amis avec qui nous avions déjà mené à bien quelques chantiers, principalement la conception et l’auto-construction d’une serre solaire autonome en énergie pour la production de tous nos plants et de plants pour la vente aux amateurs sur notre ancienne ferme de Cercot en 1983 :
Nous avons pris le temps nécessaire au mûrissement, notamment par des réunions en couple, pour bien cerner nos besoins exacts, personnels, familiaux, professionnels, et les hiérarchiser. Nous avions auparavant eu « tout le temps » de mûrir les aspects «généraux» de notre projet puisque çà n’est qu’après l’échec de quatre années de recherche de terrain dans les Monts du Lyonnais sans résultat, que nous avons visé la Bresse, et trouvé à Sornay ce qui nous convenait… et que s’est donc profilée la réalité précise du projet de bâtiment.
Nous avions choisi d’être maîtres de l’affaire (création de l’ensemble ferme = jardin + bâtiment),



Pour des raisons de logique, d’efficacité, et évidemment d’ergonomie, nous avons choisi un système qui ressemble à la «marche en avant». Les légumes récoltés suivent un trajet logique depuis leur arrivée du jardin, à l’Ouest. Un grand couloir droit dessert les locaux de stockage, puis de préparation conditionnement, avant chargement dans le fourgon.
Des locaux de stockage ont été prévus à l’étage aussi pour « économiser » de la charpente / couverture et limiter l’impact du bâtiment tant au sol (il nous semble que la terre agricole est précieuse) que au point de vue visuel. Pouvoir se passer à l’intérieur du bâtiment de l’usage du gros engin de manutention que le stockage en hautes piles impose permet de réduire les surfaces «inutiles» (= de circulation seule).
L’atelier, avec sa grande entrée autonome, est la pièce la plus extérieure coté Ouest.
Ce bâtiment est entré au musée du vivant même des ses concepteurs et constructeurs…(!)… lors de la création de la galerie d’architecture bressane à l’écomusée de Pierre de Bresse depuis le 25 octobre 2008.
le système traditionnel bressan, terre cuite et bois, revisité par l’architecture de Marc, la vie et l’écologie contemporaines


comme pour les aménagements ultérieurs,



Locaux de stockage et travail :
soit en structure bois avec isolation laine de bois

soit avec des matériaux autoportants, tous systèmes facilement modulables et modifiables si le besoin change : bien malin le paysan qui peut être certain de ce qu’il devra produire, comment, avec quels outils, et comment le stocker dans 20 ans ! Et s’il ne veut pas raser son bâtiment devenu «obsolète» grâce à tous ses murs intérieurs et porteurs… C’est pourquoi nous avons essayé d’éviter de reproduire chez nous, paysans-maraîchers, la «fixation définitive» du bâtiment à laquelle cèdent souvent les éleveurs qui terminent par la chaîne de curage et installent la plateforme à fumier au seul endroit où ils pourraient agrandir l’écurie.
l’énergie la moins chère, celle qui pollue le moins, est celle que l’on ne consomme pas ! Donc choix de l’isolation renforcée,

et parallèlement d’une forte
(qui apporte de plus un grand confort d’été). Choix parallèle de l’
Évidemment, le bâtiment est exposé au soleil du Sud,

et fermé au Nord, dont un vaste auvent à matériel le protège.


Les fondations sont isolées par l’intérieur sur toute leur hauteur
puisque le sol profond sert de stockage de chaleur, ce qui nous semblait une bonne solution pour valoriser les calories produites par les capteurs mais en grande partie inutilisées en été ; les environ 2000 tonnes de terre sous le bâtiment offrent leur inertie gratuitement…

pour la production de chaleur, mais 100% du renouvelable :
40 m² de capteurs thermiques (sécurisés par le système de stockage inter-saisonnier des surchauffes estivales en profondeur)

par chaudière automatique à plaquettes bocagère de marque Hargassner (LIEN),

chaudière alimentée par plaquette forestière, une technique «au point», voire «qui roule» comme l’a écrit avec à propos, et le 1er avril 2001 le JSL (journal de Saône et Loire) à l’occasion de l’inauguration de la chaufferie d’un collègue :
«Avantage» écologique supplémentaire, la plaquette est produite sur la ferme (LIEN) ce qui au delà de l’autonomie, permet de valoriser le maillage bocager et «rentabiliser» son entretien.

Nous n’imaginions pas construire fin du XXème siècle une ferme bio chauffée au gaz !!
Il n’était, par choix écologiques, évidemment pas question de prévoir la « fée électricité » pour d’autres applications que les usages «nobles» (moteur, éclairage) sachant que nous ne serions jamais indépendants du réseau de distribution d’électricité, malgré nos 20 m2 de photopiles. Évidemment pas question donc de chauffer nos endives bio ou tempérer le local des courges au nucléaire !!
Nous n’imaginions pas non plus subir la contrainte pluri-journalière de l’entretien d’une combustion du bois. De même pour notre vie privée, nous souahitions éviter l’obligation du retour de vacances dans une maison froide pour cause de poêle éteint…
La chaudière automatique était la solution à tous ces choix, et la plaquette forestière le combustible adapté à notre activité paysanne.

Nous avons donc installé du plancher chauffant à basse température (solaire + plaquette bocagère) dans tous les sols des locaux qui n’étaient pas frigos (dans ceux-ci nous avons, par sécurité, installé des attentes de distribution, en regard isolé, sous dalle, au cas où…).

Pour la rationalité thermique, nous avons « coupé » les dalles des divers locaux par de l’isolant, de façon à supprimer tous ces ponts thermiques, donc, pas de grande dalle béton d’un seul tenant sur tout le bâtiment qui relie thermiquement par le sol locaux chauffés et locaux refroidis, et sur laquelle sont ensuite posés cote cote des locaux en panneaux sandwich avec chaud à coté du froid, et cette belle dalle en béton (un très bon conducteur) qui emmène chaque jour, une bonne partie de toutes les calories produites pour la chambre chaude des courges vers la chambre froide des carottes, ou le froid du frigo vers le local chauffé des endives…

Pas non plus de «nez de dalle» non isolé qui va jusqu’au dehors se gorger tout l’été de la chaleur du Sud ou de l’Ouest tout en servant de support aux cloisons de la chambre froide qui a été posée telle quelle dessus (et vice versa possible du local froid au local chaud bien sûr, ou du froid du Nord vers le chaud des courges ou endives, voire celui du local de lavage).

Comme écologistes et comme paysans maraîchers en bio, nous n’imaginions pas chauffer notre logement aux énergies fossiles ; l’habitation est donc elle aussi raccordée à la chaufferie solaire/plaquette bocagère.
Une serre solaire, adossée aux 30 mètres du grand mur sud du bâtiment permet la production des plants dont le jardin a besoin. Les mottes sont posées à hauteur d’homme (ou de femme…) sur des tablettes dans lesquelles sont installés des tuyaux chauffants raccordés au système solaire/plaquettes.
Les travailleurs que nous sommes ont droit à des conditions de travail qui respectent leur corps : «l’Homme est le capital le plus précieux» disait…Joseph Staline (!) qui était donc croyant, mais pas pratiquant :-))
Nous avons donc fait des choix ergonomiques :
au diable pour transporter les cagettes

empilées sur planchons auto-construits avec les chutes de bardage ou autres chantiers «bois».

au transpalette

ou au petit gerbeur électrique accompagné à pied (ce dernier uniquement au RdC pour limiter le dimensionnement de la dalle d’étage) pour économiser le dos des producteurs/trices
Nous avons installé le nettoyage conditionnement des légumes dans un local fermé, à l’abri du vent, tempéré par l’inertie du bâtiment et son stockage inter-saisonnier, avec une large ouverture à la lumière du Sud. Et plancher chauffant en cas de besoin (et à ce jour jamais nécessaire).
Pour un nettoyage facile du sol, nous avons confié à une entreprise spécialisée la réalisation comme dalle de sol d’un béton dit « ciré », surcoût financier que nous ne regrettons pas.
Nous avons essayé de favoriser la lumière du jour venant du Sud, et en complément - indispensable - nous avons choisi des sources de qualité, évidemment pas de lampe halogène (le mode de chauffage qui éclaire le mieux ! dirait Jean-Paul) et surtout pas d’halogène dans la cour (vous savez, ce projecteur à allumage automatique qui vous fait regretter d’avoir oublié vos lunettes de soleil, ce soir de décembre…).
Donc réglettes fluo dans les grands locaux, et ampoules fluocompactes dans les petits (remplacement par led au fur et à mesure de l’usure).
ont été prévus, notamment dans le dimensionnement du ferraillage de la dalle, des anneaux de levage qui facilitent énormément les bricolages sur les gros outils, le tracteur, etc.

On peut par ce LIEN accéder à l’article «atelier et facteur humain» que le Biau Jardinier avait écrit pour le guide de l’auto-construction, réalisé en 2011 par Adabio auto-construction, l’association qui allait plus tard devenir l’Atelier Paysan (acheter ce guide ? ici !)
Ce choix initial a pu être assumé facilement avec, à l’extérieur du bâtiment notre vieux chariot élévateur essence, bientôt quinquagénaire et toujours « performant », et à l’intérieur, un transpalette à demeure en «altitude».

Pour le stockage et la conservation des différents légumes d’hiver nous avons auto-construit plusieurs locaux avec différentes conditions et températures adaptées.

Des chambres froides pour principalement les différents légumes-racine d’hiver, de façon à pouvoir disposer de températures adaptées à chacun,

plus d’infos par ce LIEN et par ce LIEN
Un local pour le séchage des échalotes et oignons par ventilation dirigée :

plus d’infos ici LIEN puis ici LIEN
Un local pour la conservation des courges

Fin des années 90 début des années 2000, ce bâtiment a été beaucoup visité, tant en cours de chantier qu’une fois opérationnel, lors de journées à destination des professionnels du bâtiment (certaines organisées par l’ADEME - Agence de l’Environnememnt et de la Maîtrise de l’Énergie - et le Conseil Régional de Bourgogne) et de professionnels de l’agriculture (certaines organisée par les chambres d’agriculture ou le réseau bio), mais aussi de particuliers, voire des groupes de scolaires, d’adultes en formation, de techniciens régionaux de développement de Pays, etc…
La CRARA (Chambre Régionale d’Agriculture Rhône-Alpes) a organisé une visite de notre bâtiment (et du jardin avec les premiers essais de ses bandes fleuries) en septembre 2003 dans le cadre de la journée technique régionale maraîchage bio qu’elle organisait un an sur deux avant la mise en orbite de «Tech&Bio;». À la demande de Dominique Berry, le technicien qui avait la charge d’organiser ces journées, le Biau Jardinier avait réactualisé la présentation rédigée précdemment (cliquer pour agrandir).
Ce bâtiment a été construit grâce au soutien :
qui ont étoffé le capital initial investi par les Biaux Jardiniers.

À l’usage, un bâtiment «souple» où il est agréable de vivre ET travailler.