La soudure...


Une fois par an, le gros problème du maraîcher, c’est «faire la soudure»… Selon les rigueurs de l’hiver, la douceur du printemps, c’est plus ou moins tôt, plus ou moins tard, c’est selon… Bref ce n’est pas tous les ans à la même époque, mais la soudure, ça revient tous les printemps.

Il y a un bon moment que des abonnés aux paniers me demandent une définition simple de la soudure…
Premier réflexe : chercher une définition de «faire la soudure» dans le dictionnaire. Le mien est  vieux mais se tient encore bien, il a juste quarante ans et c’est paraît il la dernière édition dans laquelle si on cherche une définition du mot » bavure» on ne trouve aucune allusion à la bavure policière : heureux temps !!!!

Donc si je cherche dans mon vieux dictionnaire, je trouve : faire la soudure (fig) satisfaire à la demande, aux besoins des consommateurs, au moment où l’offre est la plus faible (avant une récolte, une importation, une rentrée).

Très juste !

Et chez le biau jardinier, comment ça se passe, la soudure ?

Au début du printemps, la chambre froide se vide : le stock de légumes racine d’hiver a été mangé régulièrement chaque semaine des 5 ou 6 mois froids; carottes, betteraves rouges, etc… commencent à se faire rares… La plupart des variétés de courges ne se conservent plus…
Au début du printemps, les légumes qui passent l’hiver au jardin manifestent très clairement leur instinct de survie (!…) ils cherchent à se reproduire en entamant le processus de la montée à graine : les poireaux initient leur hampe florale comme le panais; et ils deviennent immangeables.
Sous tunnel, mâche, chicorées scarole ou frisée, claytone, toutes ces braves salades résistantes au froid qui nous ont régulièrement fourni en belle verdure quand le sol était gelé, elles aussi, montent à graine.

Les quelques primeurs qui ont passé l’hiver sous tunnel ont plus ou moins subi les rigueurs du froid, il n’y en a pas toujours assez.

Les premiers semis ou repiquages printaniers sous tunnel poussent, mais toujours plus lentement que la demande ne le souhaite : des carottes nouvelles par exemple on ne voit que les feuilles.  Et ces fameux tunnels, à qui chacun reproche d’ailleurs souvent d’être couverts de plastique, de ne pas être «naturels», sont toujours trop petits au printemps, il faut donc vite songer à planter en plein champ, même si les conditions météo ne sont pas assez favorables.
 

Dans le travail du jardnier, la soudure, c’est la période où l’on sème (pour l’été voire pour l’hiver prochain) , où l’on repique beaucoup, mais où l’on récolte peu.
Dans la composition des paniers, la soudure, le pessimiste peut la définir comme : pas beaucoup de vieux légumes, et encore moins de nouveaux.

Pour savoir si le panier est à moitié vide ou à moitié plein, voir les menus des semaines qui viennent !
Bon appétit !

 

 

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