Physalis

Dans les livres …

«Groseille du cap» : c’est sous ce nom que dans la fin des années 80, un  visiteur britannique de notre ferme jardinière m’a donné un petit sachet de graines. Prune de terre, coqueret, alkékenge..sont quelques uns des noms répandus. Comme souvent, le grand nombre de noms communs recouvre aussi la grande diversité des espèces. Revenons en donc aux bases : la botanique.
Les physalis sont des solanacées, en compagnie notamment de la tomate, l’aubergine, la pomme de terre, mais aussi piments doux ou brûlants, tabac…

Dans son guide des plantes potagères publié en 1883, Vilmorin fait une page sur l’alkékenge jaune doux, (physalis pubescent ) dont il donne comme synonyme : coqueret comestible.


C’est une plante originaire d’Amérique du Sud, à graine minuscule ( 1000 au gramme ). Mais quand elle commence à fructifier, la plante fait, selon les espèces de 80 cm à 1 m 50 de haut, et forme, avec des tiges assez molles, une touffe d’un bon mètre de diamètre . Les fleurs petites ont de belles couleurs jaune pale marqué au centre de brun mauve. Le calice, d’abord vert, jaunit puis sèche : il renferme, en lui laissant une place confortable,  un petit fruit juteux, orange, format cerise mais sans noyau. Et avant d’y perde notre latin, aprenons sur le dictionnaire que physalis vient du grec «phusan» qui signifie gonfler.
Plusieurs espèces sont mentionnées dans la littérature professionnelle : Physalis péruviana, mais aussi ixocarpa, pubescens, pruinosa. Sans oublier que, écoutons Vilmorin : «L’alkékenge officinal, espèce vivace, se cultive quelquefois comme plante ornementale sous le nom de Cerise d’hiver,  Amour en cage.»

Au jardin…

Les livres techniques contemporains mentionnent en premier Physalis péruviana : le coqueret du Pérou.
Je me souviens ( puisque nous en cultivions depuis quelques temps déja pour des restaurateurs haut de gamme ) que des cultures d’essai en ont été entreprises il y a une vingtaine d’années à la SERAIL, la station d’expérimentation à coté de Lyon, pour étudier le comportement et le rendement de cette plante.
Mais nous avons fini par abandonner ce fruit à maturation trop tardive pour nos climats bourguigons ( donc trop peu de récolte) , au profit de Physalis pruinosa, plus précoce, mais aussi plus doux en bouche, au goût moins original peut être, mais moins camphré, qui fait plus facilement le plaisir de ceux qui l’essaient. Bref, à notre avis très savoureux, avec un petit goût d’ananas ( en pleine Bresse… ).
Le Physalis pruinosa prend au jardin bien plus de place que la courgette, et comme son fruit n’en a ni  le gabarit ni le poids, c’est une culture bien loin d’être rentable, qu’il n’est agréable de faire que pour le plaisir des abonnés à nos paniers de biau jardin !





A la cuisine…

Fruit très agréable, le physalis pruinosa se prête certainement à plusieurs excellentes préparations. Mais fruit minuscule,d’une plante qui produit assez peu au mètre carré, nous préférons le manger cru » à la main». Tant qu’il est au sec et au calme dans son calice, il se conserve assez facilement.