Claytone de Cuba

Dans les livres …

Fin XIX ème sciècle, mrs Pailleux (membre de la société d’acclimatation) et Bois (de la chaire du muséum d’histoire naturelle) font paraître leur livre «le potager d’un curieux» sous titré : histoire, culture et usages de 200 plantes comestibles peu connues ou inconnues.  ( Il y a eu un fac similé de cet ouvrage aux éditions Jeanne Laffite, de Marseille )

Citation :

« Nous avons cultivé la claytone pour avoir le droit d’exprimer sur son compte une opinion personnelle. …elle a été rapportée par Mr de Humboldt en 1804 et donnée au jardin des plantes, où elle s’est presque acclimatée puisqu’elle y lève toute seule en plusieurs endroits. Elle avait été considérée jusqu’ici comme une plante inutile, ou plutôt, on avait négligé de l’examiner, quoique sa succulence et sa tendreté eussent dû la faire soupçonner d’être bonne à manger, d’autant plus qu’elle appartient à la famille innocente des pourpiers. Néanmoins, depuis vingt six ans que les botanistes l’avaient vue reparaître à chaque printemps, l’idée ne leur en était pas venue de la soumettre à aucune expérience. Il est vrai que l’utilité des plantes ne les intéresse guère; leur science se borne à en compter et en mesurer les parties. Heureusement il y a aussi des hommes qui examinent  les plantes sous d’autres rapports, qui cherchent à les appliquer à nos besoins, sans toutefois négliger la science un peu aride des botanistes.  De ce nombre est Mr Madiot, directeur de la pépinière de naturalisation du département du Rhone, à Lyon. Il a expérimenté que la claytone à feuilles perfoliées est bonne à manger crue en salade, et, cuite, comme les épinards, sous un fricandeau »
(Comme quoi la critique ironique des hommes de sciences par les hommes de terrain n’est pas une nouveauté !)

La claytone est de la famille des portulacées. Son nom botanique est Claytonia perfoliata.

La claytone de Cuba est connue aussi sous le nom de pourpier d’hiver.

On connait d’autres pourpiers : le pourpier d’été avec ses petites feuilles rondes vert jaune excellentes en salade (Portulaca sativa); il est  traditionnel dans le mesclun;  et aussi le pourpier sauvage (Portulaca oléracéa) «mauvaise» herbe car envahissant le jardin par les fortes chaleurs… et concurrençant donc les cultures.

Les diététiciens contemporains conseillent la claytone pour sa richesse en omégas 3.

Au jardin …

Le semis est particulièrement délicat puisque la graine est minuscule : 2500 au gramme ! Mieux vaut avoir la main légère ! Ou un bon semoir : les chanceux qui possèdent un semoir «Pourey» (du nom de son inventeur et fabricant, maraîcher du chalonnais spécialisé en radis) ont la petite plaque de sitribution adaptée à ce calibre de graine et s’en sorte pas mal avec très peu de moyens.

Nous cultivons la claytone de Cuba sous tunnels pour une récolte tout l’hiver. La claytone pousse en petits bouquets, chaque feuille au bout d’une tige, laquelle n’est pas filandreuse.

Quant arrive la fin de l’hiver, elle monte : ses fleurs sont blanches et sortent au centre de feuilles en forme d’entonnoirs.

C’est une très jolie plante.

 

A la cuisine …

Crue

La claytone se mange surtout crue en salade. Cest crue que sa consistance succulente est le mùeiux valorisée.

Il suffit de la couper, sans rien en retrancher, en petits tronçons : feuilles et tiges se consomment avec autant de plaisir. On eput faire une sauce un peu relevée, comme une sauce douce avec vinaigre de cidre et levure maltée.

Cuite

Elle peut aussi se rajouter, mais juste en fin de cuisson, à quelques pommes de terre avant de les mouliner pour en faire une de ces belles purées vertes.