Visiter les coulisses des buzz !

Précision fondamentale.

En guise d’introduction.

«L’usage qui peut être fait des données doit nécessairement faire référence au contexte dans lequel elles ont été établies, sans quoi l’interprétation en sera probablement erronée» dixit fort justement Dominique Berry, tête de réseau maraichage bio Rhône-Alpes et ancien technicien d’essai de la Sérail (à ce titre responsable 15 années durant de l’essai «matière organiques»).

Buzz sur petite surface.

BTM enquêtes pro et +

D’abord l’ensemble du travail mené sur le terrain par le Bureau Technique des Maraîchers du Rhône depuis 2005 : des chiffres précis, venant d’une production réelle (pas d’un potentiel estimé). Sur la durée. Chez un bon nombre de maraîchers professionnels vendant au détail. Et acceptant le travail en groupe sur leurs chiffres.

Méthodologie

1/ Enquête

La méthodologie des enquêtes est celle mise au point sur le terrain il y a plus d’une dizaine d’années par le BTM / CER France / CA 69 / AFOCG. La collecte des données (comptabilité, enregistrement des temps de travaux, surfaces exactes mises en oeuvre, etc…) est réalisée lors d’une réunion physique entre le technicien, le comptable, et le maraîcher participant.

2/ Étude

La méthode, utilisée depuis 2005, permet de ramener - pour comparaison - les chiffres aux 1 000 m2 de surface pondérée. (Surface pondérée = surface réelle [planche + allée]  multipliée par nombre de récoltes sur cette surface dans l’année). Ou bien à l’unité de travailleur, ou à l’heure de travail.

3/ Rendu

Ce travail est mis en commun lors d’une réunion dite «de rendu» aux participants de l’année, en groupe. Les résultats d’ensemble sont diffusés.

BTM Audit 2005 / 2011

Il s’agit du travail réalisé en Rhône-Alpes chez 26 maraîchers volontaires (16 en conventionnel, 10 en AB) adhérents du BTM (Bureau Technique des Maraîchers du Rhône). Il comprend aussi un parallèle conventionnel / bio. Cliquer sur l’image pour télécharger la fiche 24 pages «approche technico-économique des systèmes de productions maraîchères diversifiées en Rhône-Alpes».

Fortier Tech et Bio 2015

L’évènement médiatique 2015 ! la tournée française des conférences de JM Fortier était passée en Drôme par Tech&Bio. Les Biaux Jardiniers y ont assisté et en avaient fait un petit compte rendu sur le site

BTM petites surfaces 2016

Journée technique organisée  en 2016 par Corabio, le réseau Bio Rhône-Alpes : « Produire des légumes biologiques sur petites surfaces : références, facteurs de réussite et points de vigilance.» Lors de cette journée , Dominique Berry a diffusé, par une présentation de 45 pages, le résultat de 3 études :

  1. présentation de références régionales sur structures de 2 à 4 ha : un des intérêts de cette étude réalisée avec la méthode décrite plus haut, est que, au delà de la présentation de chiffres mini, maxi et moyen du groupe (qui décrivent donc une situation collective), sont extraits les chiffres d’une ferme dite «de référence» (FR), ce qui dessine un portrait d’un cas paysan réel parmi d’autres.
  2. produire sur petite surface : l’expérience de Jacques Brochier maraîcher bio depuis 30 ans. Rapide présentation des résultats de son jardin de petite surface.
  3. analyse des données diffusées du bec hellouin. Ce travail d’analyse des données du bec hellouin tente, en ramenant à une base comparable les données brillamment diffusées par leurs auteurs, d’éclaircir quelques uns des points par eux laissés «dans l’ombre» de façon à rendre possible des comparaisons devenues sans cela difficiles par la «brillance» des quelques points montés en épingle. Encore (1) une étude professionnelle concluant sur le «message trop simpliste porté par la communication du bec hellouin appuyée par la caution de l‹Inra».(2)

Cliquer sur l’image pour télécharger la présentation complète de ces 3 chapitres en 45 pages.

BTM 2017

Cette étude «données technico-économiques de systèmes maraîchers diversifiés sur moins de 1 ha», a été réalisée par la chambre d’agriculture du Rhône sur 13 structures Bio de la région Rhône-Alpes selon la méthode BTM / CER France /CA69 / AFOCG  décrite en tête de cette page. Elle a été présentée lors d’une conférence au salon Tech&Bio 2017. Cliquer sur l’image pour télécharger cette étude :

ARDAB BTM 2019

La journée portes ouvertes organisée le 14 octobre 2019 au Biau Jardin de Grannod par l’ARDAB et le BTM a été l’occasion de la présentation «en salle» par Dominique Berry (tête de réseau maraîchage Bio Rhône-Alpes) de l’audit du Biau Jardin de Grannod réactualisé avec les chiffres 2018 par l’Ardab et le BTM.

Avec les commentaires «de terrain» du Biau Jardinier.

100 professionnels s’y sont déplacés et ont eu le privilège d’en bénéficier.  Il y a eu un petit compte rendu sur le site.

L’ARDAB et le BTM organisent régulièrement des journées de ce type, ouvertes sur inscription. Adhésion Ardab =>

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(1) voir plus bas le chapitre «permaculture»

(2) cette «vénérable» institution aurait elle quelque chose à se faire pardonner du coté de la Bio ? ou bien cette goutte d’eau financière aurait elle été judicieusement placée en enfumage des braves esprits qui souhaitent absolument croire que «çà évolue» ? (note du claviste).

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Buzz permacole.

Compte rendu de visite

En introduction, le compte rendu de la visite organisée par le GAB 72 (Groupement des Agriculteurs Bio de la Sarthe) au Bec hellouin. Cliquer sur les images pour agrandir

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Deux études belges

de Catherine Stevens sur le sujet, publiées en 2015 chez barricade.be

1  -  La permaculture, nouveau Graal agricole (ou la permaculture peut elle nourrir l’humanité ?). Pour lire, cliquer sur l’image titre :

2  -  Permaculture et maraîchage biologique, un choix économiquement intéressant ? (analyse et critique de l’étude menée par la ferme biologique du bec hellouin). Pour lire, cliquer sur l’image titre :

Le bec est loin… du miracle !

Les Biaux Jardiniers ont publié dans le chapitre précédent («petite surface») au paragraphe «petites surfaces 2016» le document de la journée technique Corabio 2016. Il contient aux pages 21 à 44 sous le titre «analyse des données du bec hellouin», le travail de Dominique Berry listant les divers «biais» de l’étude portée par la comm› bec hellouin avec la caution de l’Inra et réalisant un comparatif avec des données régionales. Cette présentation est aussi accessible ICI

Buzz… et Bio.

car le viral se répand

Face à toute cette comm› qui, sauf exception, n’aboutit pas significativement à l’installation - en tout cas durable - de paysans producteurs de légumes bio vivant de la production agricole de leur ferme, les acteurs institutionnels de la Bio sont restés bien longtemps muets (peut-être même figés par le constat du risque de perte de leur «clientèle» potentielle ?)

Guide maraîchage ITAB

Le «guide» produire des légumes bio édité par l’ITAB (Institut Technique de l’Agriculture Biologique) il y a quelques années est en ce sens éclairant : suite au choix «politique» de construire cette publication de manière «léniniste» (=en choisissant de ne pas la baser sur la coordination souple et horizontale des résultats des nombreux paysans de terrain efficaces au cours d’une «enquête-mobilisation» des paysans-maraîchers eux-mêmes) sans action collective, et le peu fait en ce sens ayant omis tout regard extérieur, on aboutit à l’édition d’un manuel d’institut (bio) ressemblant terriblement aux manuels des instituts (non bio) l’ayant précédé il y a quand même pas mal de décades… à l’époque de feu le «développement agricole». (**) Mais c’est parfaitement logique : les mêmes causes produisent les mêmes effet.

Et peut-être mentalement paralysés par le succès viral de ces buzz, sont alors diffusées - sans aucune note explicative ni éclairage complémentaire ou remise en perspective - sous le titre :

des choses comme :

Simplement prendre le temps de tapoter sur une calculette éclaire ce que les auteurs ont donc de fait laissé dans l’ombre pour le lecteur démuni du «réflexe calculette».  Exercice de calcul niveau primaire : soit un SMIC annuel à environ 25 000 euros cotisations sociales comprises, on a pour 4 plein temps sur l’année = 100 000 euros + pour 3 saisonniers sur 3 ou 4 mois = environ 20 000 euros minimum. Soit total coût de main d’oeuvre 120 000 euros, générant avec cette miraculeuse méthode hyper-productive un chiffre d’affaire de… environ 90 000 euros de vente de légumes. (…) sur cet exemplaire jardin médiatique ! (avec moitié de la surface sous serre… utilisation systématique de «serre mobile»… etc… Preuve supplémentaire que un peu de réflexion permet au lecteur de distinguer piège médiatique et production paysanne Bio ? de séparer «représentant des professionnels» et «professionnels de la représentation» ? … puisque c’est le cas précis ici cité ! (Si Si Si Si !).

La banque bien connue serait elle seule fondée à mettre en avant le «bon sens» paysan ??? Dommage !

Revue jardinage

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Dans cette page de la revue «les 4 saisons du jardin bio», pas besoin même d’allumer la calculette pour comprendre que le lecteur est pris pour un(e) âne :  il suffit de lire avec les neurones en éveil, et rapprocher deux affirmations qui nous paraissent contraditoires :

  1. le micromaraîchage à l’écolieu vanté en arrive, sur 1000 m2 et 600 m2 de serre à… 300 tonnes de production (bravo !)
  2. le micromaraîchage à l’écolieu vanté n’est «pas rentable au sens économique du terme» (bizarre vu le pharaonique rendement !).

Comme quoi être ingénieur agroparistech, enfant de paysagiste et avoir des amis fils d’agriculteurs peut suffire à valider des c… dans certain buzz…

La banque bien connue serait elle seule fondée à mettre en avant le «bon sens» paysan ??? Dommage !

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(*) ce revenu peut alors parfois consister en vente de stages de «formation» … au maraîchage permacole sur petite surface arborico forestière, voire en vacations d’enseignement de la technique maraîchère dans des structures de formation agricole pour adultes, à l’écriture de livres sur le jardinage, à l’animation associative, etc… : il y a de la clientèle solvable !  Ce peut être une des illustrations possibles de cette «sentence» d’un pédagogue anglais, reprise par Claude Duneton dans son livre «Je suis comme une truie qui doute» : «il y a ceux qui savent, et ceux qui enseignent».

(**) nous en sommes actuellement au «service conseil aux entreprises»…