Un maillage bocager.

Plus personne ne conteste actuellement l’importance fondamentale du maillage bocager en agriculture, que ce soit du point de vue agronomique, environnemental, énergétique, écologique, climatique, biodiversité, érosion, fixation de carbone, esthétique, etc… etc… Évidemment, pas mal d’agro-productivistes parlent encore de perte de récolte en bord de parcelle, de gêne au travail, mais plutôt «en privé», ou en tout cas ne l’osent plus ouvertement «au milieu» de la société. La meilleure preuve en est que même les aides financières annuelles de la PAC (qui forment l’essentiel du revenu agricole de plusieurs de ses professions) ne pénalisent plus les surfaces «immobilisées» en haies dans le calcul du montant des surfaces primables.

Pour les paysans-maraîchers en bio, les haies sont, dans un premier temps,et bien évidemment, indispensables pour limiter les éventuelles dérives des traitements mal maîtrisés du voisinage subventionné. Et donc éviter les risques de pertes : tout paysan bio sait que dans ce genre de cas, on se heurte très facilement au principe fondateur de l’actuelle politique agricole: le principe du pollué payeur !

Loin de la haie de thuya de lotissement (véritable mur végétal issu de mono culture) ou même de maraîchage péri-urbain, la haie bocagère est par définition un ensemble varié d’espèces feuillues, de pays, en mélange, à plusieurs étages.

arbres feuillus de pays en mélange et étagés : haut jet + taillis recépé + arbustes de bourrage = haie bocagère

Les haies bocagères permettent de limiter les conséquences néfastes du vent en ralentissant sa force et en diminuant les dégâts qui vont avec. Elles fournissent un lieu propice à l’installation des insectes et mammifères auxliaires, tant pour leur nourriture, leur abri, leur repoduction que pour leurs déplacements (corridor écologique). Leur entretien fournit de l’énergie utilisable directement sur la ferme si elle choisit de fuir autant les énergies fossiles que les fissiles.
Les haies bocagères augmentent donc l’autonomie du paysan.


Elles inscrivent la pratique agricole bio dans le paysage et y favorisent une forme de tourisme «doux».

Les biaux jardiniers conseillent à ceux qui veulent mieux comprendre le rôle agronomique des haies et leurs techniques faciles de plantation, la lecture de Dominique Soltner (LIEN), qui a mené dans les années 70, l’écriture de sa collection de livres d’agriculture, particulièrement clairs et didactiques, illustrés de très nombreux dessins, photos et exemples.

un exemple de la pédagogie Soltner

Pour TOUT savoir sur le bocage et son entretien, lire «l’arbre et la haie», encore trouvable mais d’occasion

couverture d'une édition "récente" de l'arbre et la haie"

Et pour la réalisation proprement dite, le petit manuel pratique «planter des haies» (LIEN) du même Dominique Soltner.

Les biaux jardiniers proposent aussi la lecture du «référentiel sur une typologie nationale des haies» document de travail édité en 2017 et qui donne un panorama du bocage français enrichi de magnifiques photos.