2 hectares de prairie humide

Le bassin du Louhannais a une vocation maraîchère par la qualité de ses sols limono-sableux et le potentiel d’arrosage que fournit la Seille, rivière qui prend sa source dans le Jura. La prairie de Seille sert de bassin d’expansion lors des crues hivernales régulières : quand elle sort de son lit (une ou plusieurs fois chaque hiver) elle recouvre tout ou partie de la prairie.

La prairie de Seille au dessous du Biau Jardin de Grannod

Ces grandes parcelles plates jouent le rôle de régulateur puisque si ces surfaces n’étaient pas disponibles aux crues, les villes en aval se trouveraient inondées.

En prairie, parcelles traditionnellement destinées au paturage tardif ou à la fauche tardive

Hélas, certaines parcelles ont été plantées en monoculture de peupliers, toutes les communes n’ayant pas fait le choix d’imposer de limltes à ces cultures qui, dans ces zones, aggravent les problèmes de crues par les embacles et le ralentissement que les troncs provoquent.

 

Les biefs qui collectent les eaux des fossés de la commune marquent la limite de la prairie.

Les parcelles moins fréquemment inondées, qui bordent la prairie, sont riches de biodiversité, notamment grâce à la présence de plusieurs espèces d’arbres ( aulne glutineux, chêne…).

Notre jardin  est séparé  de la prairie par 2 hectares de prés inondables. Il est fréquent que la Seille soit haute et donc ralentisse le débit des biefs qui débordent alors que la Seille n’inonde pas. Ceci rend incultivables bien des parcelles en bordure de prairie. Et le foin est délicat à y faire. Nous avons donc fait le choix de gérer nos deux hectares de prairie inondable plutôt comme une source de diversité biologique naturelle : bassin de rétention des eaux de notre drainage, fauche tardive, entretien léger, etc… favorisent l’implantation ou le passage de très nombreux oiseaux qui sans cela ne fréquenteraient probablement pas notre jardin !

Les batraciens qui s’y installent aident à peupler le jardin de ces auxiliaires mangeurs de limaces. Les crues de la Seille ensemencent souvent le bassin en poisson qui attire le héron cendré, etc…

Milieu favorable aux saules et aulnes glutineux, leur entretien par coupe sélective environ tous les 10 à 15 ans permet de produire du bois de chauffage. Une fois transformé en plaquette forestière, cela nous permet de subvenir de manière autonome et écologique aux besoins de chaleur de ceux des locaux du bâtiment professionnel agricole qui en ont besoin, et de la maison des fermiers. Détails sur ce mode de chauffage par ICI !

Aulne glutineux autour du bassin de rétention des eaux du drainage

Un grand nombre de végétaux (fritillaire pintade, orchidée, lèche, etc…) s’y multiplient, qui ne trouveraient pas leur place ailleurs sans ce mode «improductif» de gestion de ces parcelles.

Nous prenons soin d’y laisser se développer quelques chênes qui s’y sont implantés de façon spontanée, mais le but n’est évidemment pas de transformer cette zone de prairie humide ouverte en bois.

Nous travaillons à respecter les caractéristiques propres de ces parcelles ouvertes,  riches de la biodiversité de ces lieux humides situés juste en dessous du jardin.

Il nous semble que cela apporte une ambiance bénéfique pour le jardin, pour ses cultures. Et pour les Biaux Jardiniers aussi, qui sont très attachés à la qualité de leur cadre de vie.