2 hectares de prairie humide

Le bassin du Louhannais a une vocation maraîchère par la qualité de ses sols limono-sableux et le potentiel d’arrosage que fournit la Seille, rivière qui prend sa source dans le Jura et se jette dans la Saône entre Tournus et Macon : à La Truchère.

La Seille attire les pêcheurs et les promeneurs. Les Biaux Jardiniers y apprécient le calme de ces ballades comtemplatives de proximité à tendance ornito.

Notre Biau Jardin est séparé de la Seille par «la prairie».

"La brume du matin n'arrête pas le pèlerin"...

Les Biaux Jardiniers ont fait le choix de vivre dans ce milieu campagnard plutôt que près d’une ville avec sa voie de bonne circulation ou tout autre rond point facilitant la vente directe. Ce sont donc leurs tunnels qu’on aperçoit entre les arbres : «c’est pas écologique !» disent Grincheux et Prof. «Sûr sûr ??» répond le Biau.

Des bords de Seille, on aperçoit les tunnels entre les arbres.

La prairie sert de bassin d’expansion lors des crues hivernales régulières, quand la Seille sort de son lit (une ou plusieurs fois chaque hiver) elle recouvre tout ou partie de la prairie. Sa flore est typique des lieux humides.

La prairie de Seille au dessous du Biau Jardin de Grannod

Ces grandes parcelles plates jouent le rôle de régulateur de crues : elles permettent de ne pas ralentir l’eau d’amont tout en limitant la pression sur les zones habitées en aval.

En prairie, parcelles traditionnellement destinées au paturage tardif ou à la fauche tardive

La prairie est entretenue par l’activité agricole : paturage de fin de printemps, et surtout fauche tardive. C’est une zone «Natura 2000».

Pendant tout hiver et printemps, la prairie sert «d’éponge»…

un des avantages étant que les foins d’été y craignent bien moins la sécheresse.

Hélas, certaines parcelles moins fréquemment innondées ont été plantées en monoculture de peupliers, toutes les communes n’ayant pas fait le choix d’imposer de limltes à ces cultures qui, dans ces zones inondables, aggravent les conséquences des crues par les embâcles et ralentissements que les troncs provoquent.

Les biefs qui collectent les eaux des fossés de la commune marquent la limite de la prairie.

C’est par eux que s’évacue (un peu, beaucoup, ou pas vite du tout) la pluviométrie locale.

Les parcelles moins fréquemment inondées, qui bordent la prairie, sont elles aussi riches de biodiversité, notamment grâce à la présence de plusieurs espèces d’arbres (aulne glutineux, chêne…).

Notre jardin  est séparé  de la prairie par 2 hectares de prés inondables que les fermiers précédents faisaient pâturer en été jusqu’à il y a une quarantaine d’années. Il est fréquent que la Seille soit haute et donc ralentisse le débit des biefs qui débordent alors que la Seille n’inonde pas. Ceci rend incultivables ces parcelles en bordure de prairie. Et le foin est délicat à y faire. Nous avons donc fait le choix de gérer nos deux hectares de prairie inondable plutôt comme une source de diversité biologique naturelle. Bassin de rétention des eaux de notre drainage (LIEN), fauche tardive, entretien léger, etc… favorisent l’implantation ou le passage de très nombreux oiseaux qui sans cela ne fréquenteraient probablement pas notre jardin !

Les batraciens qui s’y installent aident à peupler le jardin de ces auxiliaires mangeurs de limaces. Les crues de la Seille ensemencent régulièrement le bassin en poisson qui attire le héron cendré, etc…

Milieu favorable aux saules et aulnes glutineux, leur entretien par coupe sélective environ tous les 12 à 15 ans permet de produire du bois de chauffage. Une fois transformé en plaquette forestière, cela permet de subvenir de manière autonome et écologique aux besoins de chaleur de ceux des locaux du bâtiment professionnel agricole qui en ont besoin, et de la maison des fermiers. Explications sur le cycle vertueux de ce mode de chauffage par ICI !

Aulne glutineux autour du bassin de rétention des eaux du drainage

Un grand nombre de végétaux (fritillaire pintade, orchidée, lèche, etc…) s’y multiplient, qui sans ce mode «improductif» de gestion de ces parcelles ne trouveraient pas leur place ailleurs.

Nous prenons soin d’y laisser se développer quelques chênes qui s’y sont implantés spontanément, mais le but n’est évidemment pas de transformer cette zone de prairie humide ouverte en bois.

Nous travaillons à respecter les caractéristiques propres de ces parcelles ouvertes, riches de la biodiversité des lieux humides situés juste en dessous du jardin.

Il nous semble que cela apporte une ambiance bénéfique pour le jardin, pour ses cultures. Et pour les Biaux Jardiniers aussi, qui sont très attachés à la qualité de leur cadre de vie.