Petit résumé des motivations

Au tout début du troisième millénaire, Roger, technicien maraîcher de chambre d’agriculture (sans doute dans le but de couronner sa proche fin de carrière  par des actions bio d’éclat) organise des voyages de maraîchers dans quelques pays d’Europe, et quelques sessions de formation dont une «travail du sol» de 3 journées avec ce que le milieu de la bio compte d’agronomes chevronnés ( de ceux qui, après être passés dans les placards officiels, figurent maintenant dans les documentaires sur l’agriculture qui se diffusent ces dernières années).

De plus, chez quelques collègues, des problèmes récurrents de structure de sol (compaction, semelles, etc…) apparaissent dans certaines parcelles à rotation intensive, peut-être accentués par l’emploi fréquent d’outils rotatifs.

De tout ceci, il ressort plusieurs conclusions qui peuvent sembler maintenant des évidences, mais que jusqu’alors à peu près personne n’avait mises en oeuvre ensemble et systématiquement sur sa ferme :

- pour protéger au mieux la structure du sol dans lequel poussent nos légumes, essayons d’éviter l’agressivité des outils rotatifs, et arrêtons de planter ou de semer là où la roue d’un tracteur a auparavant tassé le sol en menant l’outil utilisé dans le but de le préparer. Chaque chose à sa place :

     - les légumes dans la terre souple de la planche, qui a été correctement travaillée,

     - les roues du tracteur dans des allées tassées par les passages répétés de tracteur, mais chacun toujours exactement au même endroit année après année.

- pour protéger au mieux la faune auxiliaire dans des jardins maraîchers, plutôt intensifs et surtout où la plupart des légumes sont récoltés avant d’avoir eu le temps de fleurir et parvenir à complète maturité, consacrons des espaces «improductifs» spécialement fleuris et aménagés pour héberger les divers auxiliaires à l’abri des tracteurs, bineuses, et autres passages répétés et dérangeants, mécaniques et humains.

Avec l’appui des structures professionnelles de l’agriculture, les premiers essais ont aussitôt été mis en place, chez des agriculteurs comme en station.