5 nouveaux tunnels : saison 1

En haut du Biau Jardin de Grannod, deux des 3 blocs en maraîchage ont des tunnels.(plus de détails : LIEN)

En haut d'une des parcelles de jardin, de la place pour de nouveaux tunnels

C’est donc tout logiquement en haut de la parcelle qui n’en comportait pas que Matthieu, le jeune biau jardinier repreneur, avait décidé qu’il monterait les 5 tunnels dont il avait besoin pour diversifier et augmenter la gamme de légumes de printemps et de plein hiver tout en pérénisant une place dans la rotation pour cultiver régulièrement des engrais verts sous tunnel.

L’aventure s’est déroulée en plusieurs épisodes.

Dans un premier temps incorporation de l’engrais vert pluri annuel qui était en place, puis préparation de sol et finition suffisamment soigneuse pour faciliter l’alignement et l’installation d’aplomb des arceaux grâce au vibroculteur large.

finition au vibroculteur large

Les cultures sous tunnels étant visités par tous les temps, il était sage de prévenir la formation des ornières :

sécurisation du chemin d'accès aux nouveaux tunnels

Le jour de la livraison,

livraison

il a fallu tout décharger rapidement

et stocker  provisoirement au plus près du camion.

Et «bien sûr» comme le semi remorque a dû reculer en montée une fois vidé, il patinait. Il n’y a pas eu besoin de grand chose : une sangle,

de l'utilité d'une sangle...

un tracteur de maraîcher…

small is beautiful...

Une fois le camion de livraison reparti sur les routes, l’étape suivante a consisté à approvisionner rationnellement le chantier en répatissant les différentes pièces au plus près des futurs besoins.

À noter que lors de l’aménagement de la parcelle, les chênes ont été conservés :

agroforesterie ???

Si ils étaient mieux dans l’air du temps de la comm›, les biaux jardiniers feraient de beaux discours promotionnels avec les mots «agroforesterie», ou bien «agroécologie», voire «agriculture écologiquement intensive sur petite surface», vocables très en cours (ou bien en cour ???) dans certains cabinets ministériels et milieux «associatifs».

C’est pour nous «simplement» la pratique de l’agriculture biologique : une agriculture biologique qui refuse de remplacer les moteurs par les «stagiaires bénévoles»

Déja pour ce premier temps du chantier donc, l’engin de manutention des Ets Grebert (lien) a été super efficace ! Quelques litres de GNR 0 au lieu d’une demi douzaine de personnes quelques heures. Merci Charlie !

 

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5 nouveaux tunnels : saison 2

Pour monter les tunnels, l’étape suivante consiste à tracer sur le sol l’emplacement exact de chacun d’eux. Il vaut mieux faire çà avec soin si on souhaite que le tunnel ait la même largeur partout et soit d’équerre. On applique donc la formule magique dite du 3/4/5, incontestable depuis que le nommé Pythagore a établi la démonstration de son théorème une quinzaine de siècles avant l’invention du tunnel plastique :  quelle clairvoyance…

Une fois les cordeaux bien placés, les pied amarres peuvent être distribués,

distribution des amarres le long des cordeaux

Ils doivent être enfoncés à 70 cm de profondeur avec l’aide d’une tarière hydraulique :

et de quelques outils simples qui facilitent bien la vie :

pige, barre à mine, douille de maintien \"autoconstruite\"

Pour tenir les amarres avec précision pendant le début de la rotation, les biaux jardiniers ont fait un petit bricolage maison : un bout de tube avec 2 «poignées» issues d’un vieux pique botte et assez longues pour utiliser l’effet de levier ; çà s’est avéré très effcace. Le travail consiste donc à marquer l’emplacement, repéré à la pige et vérifié au décamètre

poser le pied amarre entouré par la douille de maintien,

souvent les petits bricolages rendent de grands services

passer l’axe d’entrainement de la tarière en haut du pied

et en route pour l’effort !

C’est «plutôt physique» ! Surtout qu’il a fallu faire çà 170 fois.

Et vu d’un peu loin, on dirait qu’il n’y a pas grand chose de fait… Il y a pourtant de quoi «commencer» !

 

 

 

 

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5 nouveaux tunnels : saison 3

Pour installer l’ossature des tunnels, le biau jardinier a commencé par assembler chacun des arceaux «au sol»  avant de le dresser et l’emmancher sur les pieds à vrille. Pour travailler en confort, il avait installé avec précision des pallox servant de tréteaux, une table avec à portée de main les différentes quincailleries et outils nécessaires, ainsi que des verres pour se rafraîchir de ce qui était stocké dans la glacière rangée au pied d’un des chênes (vive l’agroforesterie !).

montage et pose des arceaux

Ensuite, pose des faîtages de façon à commencer à lutter contre un éventuel «effet domino».

Le biau jardinier a ensuite réglé et boulonné tous les raidisseurs et contreventements d’extrémité après avoir identifié toutes les pièces nécessaires de ce grand jeu de mécano :  première victoire !!!

Le biau jardinier perché est content que çà avance bien !

Cela a permis ensuite de fixer définitivement la faitière avec chaque arceau en en surveillant la verticalité.

De même boulonner définitivement les bracons de chaque arceau à sa bonne place a permis d’ajuster la verticalité des pieds droits. Nous avons toujours vérifié au niveau, et le plus souvent, il y avait peu à corriger. Parfois les trois participants à cet épisode du chantier ont eu recours au soutien de la mécanique :

Toutes ces opérations ont consommé bon nombre de boites de boulons, et bien sollicité les poignets de qui tient la boulonneuse ou de qui maintient le boulon qui fait face (le biau jardinier avait embauché Vincent pour tous ces  chantiers d’installation).

Dernière étape nécessaire avant le bâchage : la fixation définitive avec des vis autoforeuses des profils de clipsage du film de couverture dans le long pan. Ces profils sont vissés sur un tube carré encore un peu mobile à ce stade du montage puisque leur réglage permet de dégauchir le milieu de chaque arceau et ensuite leur déplacement vers le bas assurera la mise en tension du film de couverture.

Aux extrémités, le jeu consiste à visser un profil aluminium droit en suivant très précisément la courbe d’un arceau …

Comme l’affirme le proverbe maraîcher bien connu : «l’oignon fait la force».

Unr fois la charpente terminée, et comme de vrais charpentiers, nous avons posé le bouquet en fleur de topinambour qui a eu bien du mal à résister à la chaleur estivale.

Moralité de cette saison 3 en forme de question concours avec réponse en bas de page :

entre la première photo du haut de cet article celle du bas, quelle différence ???

 

Réponse :

À l’oeil nu, pas vraiment grand chose.

Sur le terrain, plusieurs dizaines de journées de travail.

 

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5 nouveaux tunnels : saison 4

Une fois l’armature complètement installée, ainsi que les près de 700 mètres de profils pour le clipsage des films, l’étape suivante, c’est la couverture.
Et quand on veut dérouler la couverture, il faut bien penser à installer provisoirement une couverture pour éviter d’abîmer la couverture quand on la tire…
Dit comme cela, çà n’est pas très clair ?
Explication :

couverture pour éviter de percer la couverture

Les fourches du chariot élévateur ont été équipées d’une adaptation permettant de dérouler les bâches de couverture. Le Biau Jardinier s’est adressé à Rémy maraîcher de la commune en face, pour lui emprunter  l’ustensile qu’il s’était fabriqué pour faire face au remplacement des films de couverture de ses nombreux tunnels et serres-chapelles. Merci à lui !

Et comme depuis le début du chantier, le chariot venait de chez Grebert.

Il faut ensuite dérouler, écarter la bâche et la clipser en place sur les profils.

Il vaut mieux faire appel aux collègues (à 3 «çà se fait», à 5 c’est confortable)

bâchage de tunnels : épisode collectif puis festif

et à un nombre suffisant d’échelles et quelques plateaux d’échaffaudage pour faciliter le travail. Et même en groupe, l’incident climatique n’est jamais loin : un coup de vent inattendu a fait s’envoler une bâche qui était en cours de clipsage. Déchirée, elle est devenue inutilisable sur ce tunnel et il a fallu en commander une autre. Chance dans la malchance : il sera possible de l’utiliser pour la couverture de la serre à plants qui est plus petite.

Ensuite, une fois toutes les bavettes basses installées,

il faut s’atteler aux cotés : installer  le mécanisme  d’enroulement des aérations latérales, ainsi que le filet brise vent installé par dessus, matériau choisi pour avoir une meilleure ambiance dans le tunnel ; et le portillon d’accès qui permettra de limiter le refroidissement lors des visites des cultures l’hiver.

Fixer les tubes qui limitent le battement dû au vent, butter le bas des films avec de la terre.

Sans oublier de fixer le filet sur les demi-lunes d’extrémité, solution choisie pour assainir le climat sous les abris.

Puis les portes à enroulement des extrémités. Le biau jardinier a choisi un modèle à enroulement par le milieu (ce qui permet de mieux résister au vent et donc une durée de vie du film plus longue)  et une manoeuvre avec poignée à cardan pour le confort de travail car les interventions sont fréquentes. Un petit bricolage est en cours de réflexion pour améliorer l’ergonomie du système.

pignons à enroulement par le milieu avec cardan

Et bien sûr, parallèlement, le jardin continuait à vivre : d’ailleurs l’engrais vert broyé avant le début du chantier a bien repoussé alors que la couverture n’est pas terminée (à comparer avec la photo de l’article saison 3)

Heureusement qu’après la mi-août la pression de travail au jardin diminue un peu… mais la mise en place, lors de la première année de reprise de la ferme, d’un tel lot de tunnels tout en faisant face à la production pour garantir de beaux paniers aux nombreux abonnés implique un «planning serré»…

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5 nouveaux tunnels : saison 5

Après ces longs épisodes «mécaniques» de la culture sous abri, il faut songer à revenir à l’agriculture…pour pouvoir cultiver sous ces magnifiques tunnels. Et s’occuper de tous les problèmes que pose l’eau parce que c’est bien connu les paysans ne sont jamais contents : de l’eau, soit «y’en a pas assez» soit «y’en a trop». Donc il faut faire en sorte de pouvoir en amener quand il en manque, et en enlever quand il y en a trop. Élementaire mon cher Watson !

Les biaux jardiniers ont donc installé un circuit d’arrosage pour irriguer les nouveaux tunnels. Ils ont creusé quelques tranchées; mais attention, en Bresse, quand on creuse, on attire de l’eau ; mieux vaut donc pouvoir l’évacuer. Dans ce but, les biaux jardiniers posent, en fond de tranchée, à coté du réseau d’irrigation, un tuyau de drainage.

Le tout est ensuite recouvert d’un peu de terre,

puis d’un filet d’alarme de façon à ce que les «générations suivantes» évitent de prendre une douche le jour où elles interviendraient dans le secteur avec un engin.

pose d'un filet d'alarme pour éviter les rencontres inopinées

Les assemblages ne sont pas recouverts de terre immédiatement de façon à avoir le temps de vérifier que le réseau une fois installé, les différentes connexions faites et la pression mise (ce qui prend largement plus de temps qu’un passage de mini-pelle !) ne comporte pas de fuite.

les points stratégiques seront bouchés une fois vérifiés

Dans les tunnels, paradoxalement, l’eau en excès ne manque pas : toute la pluie concentrée par la couverture plastique entre les tunnels a tendance à rentrer dans l’abri si rien n’est prévu car  notre bande de 2 m 50 entre tunnels reçoit au total 5 fois plus d’eau. Dès la pose de la couverture, les biaux jardiniers ont donc fait un petit fossé pour évacuer les coups d’eau.

pour canaliser l'eau concentrée entre tunnels : fossé écolo

Et pour lutter contre l’érosion inévitable à cet endroit, les biaux jardiniers ont choisi : pas de béton, pas de plastqiue, pas d’enherbement parasite plus ou moins spontanné et souvent mal contrôlé, mais la solution écolo. Ils ont donc dans un premier temps ameubli la terre en surface avec le rateau le long de chaque tunnel, puis semé un mélange de plusieurs végétaux, sur les bords comme en fond de fossé.

préparation manuelle du sol avant semis d'engrais vert de couverture

Pour que les graines lèvent tranquilement et ne soient pas emportées par les pluies, les biaux jardiniers ont recouvert le tout par un filet 100% végétal qui limite l’érosion.

Une fois déroulé, le filet est réparti correctement

et fixé sur les bords comme en fond de fossé par des agrafes métalliques. Les premières plantes semées devraient passer lentement à travers le filet et se développer un petit peu avant le printemps, période à laquelle les biaux jardiniers sèmeront en complément un nouveau mélange fleuri pour les auxiliaires.

Et vient enfin le moment tant attendu : le premier passage d’outil pour niveler et réameublir en surface après tous les piétinements des personnes et des outils, avant de monter les planches permanentes.

Pendant tout le temps de ce chantier, la vie continuait au jardin : les engrais verts semés début d’automne jouent gaillardement leur rôle contre les lesssivages et l’érosion ; les poireaux poussent ; plus loin, les engrais verts semés en toute fin de saison commencent à s’implanter correctement, leur végétation prête à «exploser» dès les premiers beaux jours. À l’ouest, la haie plantée il y a une dizaine d’années commence à bien marquer le paysage, la vie continue.

sol couvert par les légumes ou les engrais verts au Biau Jardin de Grannod

 

 

 

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