Un jardin de fleurs ???

Bien que paysans maraîchers, donc producteurs de légumes, les biaux jardiniers cultivent aussi pas mal de fleurs. Et oui ! Mais pas pour vendre en bouquets. Et non !

Pour la vie des petites bêbêtes.
Cette biodiversité permet d’attirer et héberger de très nombreux insectes auxiliaires. Cette faune participe grandement à la pollinisation des cultures. Elle maintient ainsi sans traitements bio complémentaires le taux de parasites à un seuil suffisamment faible  pour être acceptable.

Pour la vie des paysans maraîchers.
Parce que ne pas voir que des rangs de légumes quand on est au jardin, pouvoir se changer les yeux en ayant toujours des fleurs à portée de vue, c’est drôlement agréable !

Les bandes fleuries, comme leur nom le revendique, fournissent beaucoup de fleurs. Mais les engrais verts aussi.
Voici quelques photos de l’état des fleurs au Biau Jardin de Grannod cette période mi juillet / mi août.

Dans les bandes fleuries qui séparent les carrés de légumes

Dans les bordures sous tunnel :

Dans les engrais verts annuels

Dans les engrais verts pluri annuels


Au dela de la pratique des bandes fleuries et des engrais verts, les biaux jardiniers commencent à systématiser l’implantation d’engrais verts multi espèces à double fin. Ils avaient expérimenté les engrais verts en mélanges complexes aux premières années du millénaire en collaboration avec Roger Raffin, leur technicien maraîcher de l’époque. C’est Roger qui avait organisé le fameux voyage chez Agrilatina (ceux qui ne craignent pas de s’informer en italien sur les GROSSES fermes bio peuvent suivre le LIEN).

Il s’agissait à l’époque de semer comme engrais vert annuel des mélanges très diversifiés de plusieurs dizaines d’espèces puis de les enfouir comme engrais vert annuel classique; le but était une diversité maximale des plantes, odeurs, racines, etc…

La technique que nous essayons de mettre au point depuis quelques temps a pour objectif, sur une beaucoup plus longue durée puisque la rotation du Biau Jardin de Grannod est basée ssur les engrais verts en place pour plusieurs années, de semer un mélange composé de telle façon que le choix des plantes semées permette de ne pas se priver des avantages de l’engrais vert annuel fleuri multi espèces tout en gardant le principe de l’engrais vert pluriannuel.
Un essai d’application au jardin du bon vieux proverbe shadock : «pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué» ?

Peut-être !!! Mais pas que !!!

L’objectif est donc d’obtenir
l’année 1 une grande variété de floraisons, avec un objectif fleurs pour auxiliaires et odeurs pour diversité, avec pendant ce temps une bonne implantation du mélange prairial pluriannuel,
l’année 2 un début de diminution des fleurs au bénéfice du démarrage de l’engrais vert pluri annuel et de son broyage fréquent,
l’année 3 enfin l’engrais vert pluriannuel seul ou presque, avec son action ameublissement de tout le profil, enracinement et fissuration profonds, avec toujours la persistance d’une bonne proportion de légumineuses fixatrices d’azote atmosphérique.

Après quelques tâtonnements, il semble que les biaux jardiniers commencent à trouver un mélange qui satisfasse à leurs objectif et qui soit adapté à leurs conditions de sol comme de climat.

C’est un «mix» de plusieurs mélanges assez classiques du commerce bio, agrémenté d’une bonne proportion de mélanges plus originaux, complété par l’ajout de quelques productions locales et en fin pimenté de quelques graines maison.

Pour l’nstant, c’est bien joli. Rendez vous pour les conclusions (bien évidemment provisoires…) les années suivantes.

Mais une grave question se pose :

Comment nommer çà ?

les petits malins communiquants, ceux qui, pour vendre un bon prix, du rêve, du stage de resourcement, de la bonne combine tranquilisante, de l’arbre qui veut cacher la forêt, de la visite guidée, etc…etc… ont inventé les termes vendeurs de vidéo sur internet ou les discours des officiels comme : agroécologie, permaculture, agriculture durable (de lapin), microferme, équilibre durable (de …), agriculture urbaine (oxymore), aquaponie écologique (ah ah, le retour en cour du bac hors sol !), agroforesterie, culture en bac de terreau (donc hors sol) écologique, maraîchage écologique sur les toits (sans terre et avec apport de substrat artificiel sur béton) on peut encore en chercher et encore en trouver, il suffit d’écouter parler (quelle punition !!!) un ministre, un marchand de stage naturel, un responsable comm› de chambre ou école d’agriculture ou entreprise de chimie, voire d’animateur socioculturel en recherche de subvention.

Bref !

Comment appeler çà ?

haies, arbres isolés, maraîchage, engrais verts pluriannuels, fleurs pour les auxiliaires, 6 fois plus de surface en plein champ que sous tunnel, tous les travailleurs correctement rémunérés  : est ce que çà ne serait pas DE LA BIO ???

Nous, paysans maraîchers bio, on appelle çà , tout bêtement, avec des termes benêts de péquenots : l’agriculture biologique.

 

 

 

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