Mars, c'est la saison du blanc...

Belles journées ensoleillées + nuits de gel + repiquages… c’est donc encore la «saison du blanc» surtout en plein champ

 pour protéger d’un joli voile blanc non tissé les plantations réalisées ces derniers jours.

Repiquages sur paillage.

En début de saison où il n’est pas possible, sous nos climats continentaux, de réussir des «faux semis» pour lutter préventivement contre les adventices des cultures, les Biaux Jardiniers pratiquent souvent la culture des légumes repiqués sur planche filmée, prioritairement sur paillage biodégradable. Mode d’emploi illustré.

Pose du film.

  • Le paillage est mis en place 1/ à la dérouleuse 2/ à incorporation directe.
  1. Dérouleuse ? La dérouleuse permet de mécaniser un travail «pas particulièrement épanouissant» (on va dire) tout en étant «assez sollicitant» (on va dire) pour le dos du travailleur surtout si on souhaite le réaliser dans des conditions économiques compatibles avec le prix de vente des légumes (on va dire).
  2. À incorporation directe ? Ce système enterre verticalement le bord du film par l’intermédiaire d’un disque, dans un sillon fin creusé par un soc étroit. Contrairement au classique système de dérouleuse à deux versoirs type charrue qui couche le film horizontalement. Et le cache sous la terre que le premier soc avait versée. L’incorporation directe permet ainsi de ne pas «aller chercher» la terre de l’allée permanente. Ensuite, lors de l’entretien des allées en cours de culture, l’incorporation verticale permet logiquement que les outils de binage approchent de très près le film, sans risquer de le déchirer, tout en détruisant les herbes indésirables proches du paillage.
  • Grâce à la pelle rangée en permanence sur la dérouleuse, et au travail manuel du Biau Jardinier dérouleur (…), des pelletées de terre sont immédiatement jetées sur le film pour contrer les effets du soulèvement du film par le vent, qui a tendance à cacher les jeunes plants sous le paillage (et il faut alors passer manuellement les dégager…)

Les Biaux Jardiniers tiennent ici à apporter quelques précisions supplémentaires à destination de ceux des écologistes qui pourraient être choqués par ce point de l’utilisation paysanne de films de paillage biodégradables, en notant l’ensemble du contexte de notre ferme présent sur la photo ci dessus : bandes fleuries, engrais verts hivernés, plantations bocagères entretenues (d’ailleurs pas forcément subventionnées par les politiques «écologistes» régionales…), etc… D’autres éléments de contexte facilitant une compréhension globale du fonctionnement de notre ferme maraîchère diversifée 100% en Bio certifiée sont visibles sur les photos ci-dessous… notamment travailleurs qualifiés rémunérés décemment.

Perçage du film.

Le film de paillage est ensuite percé de trous régulièrement espacés, sur des rangs à écartement fixe. Avec un rouleau perceur de fabrication locale qui a, pour le travailleur qui le mène, l’avantage d’être léger malgré sa solidité, donc confortable à utiliser. La pièce marquant l’empreinte du trou de plantation est du format des mottes cubiques de nos plants, ce qui rend très agréable la plantation sur planche nue. Ces pièces cubiques ont été complétées par la soudure d’un petit plat métallique dont l’extrémité avait été meulée en angle suffisamment pointu pour couper franchement le film de paillage (mais pas assez pour blesser le paysan !). Un outil paysan ! perforant / performant !! bressan !!! et à traction animale !!!! BREF : é-co-lo-gi-que.

Plantation des mottes.

Ensuite ? Et bien ensuite, il reste à poser les mottes. Manuellement. C’est encore assez vite fait : épinard, salade, chou-rave, chou pointu, etc.. début mars, çà n’est pas encore la saison des «grosses» mises en place, qui sont chez nous faites à la planteuse. Les premières plantations, il y en a «un peu mais partout»… dans le carré de chénopodiacées,

dans un carré d’astéracées, etc…

Engrais verts.

Du côté des engrais verts, çà va pas mal. Ceux qui devaient être incorporés l’ont été à temps et dans de bonnes conditions semaine précédente, les autres poussent joliment. La vesce d’hiver démarre «fond de train»

et cette année encore, nous avons confirmation que la phacélie, selon son stade de développement, n’est pas si sensible au gel que l’affirme souvent la littérature.

Dans les grandes parcelles en fin de conversion Bio, où une coupe du mélange fourrager pluriannuel de fabacées et poacées avait été récoltée en foin l’année dernière, la pousse est belle : le trèfle commence à vraiment bien couvrir.

Atelier.

Une agriculture sans casse de ferraille, ce ne serait plus de l’agriculture… Y paraît… Ma foi, ça doit être vrai : semaine dernière, les Biaux Jardiniers y ont eu droit lors de la récolte du panais. C’est bien sûr contrariant : c’est comme une panne de batterie ou de démarreur de voiture ça lâche… juste quand on s’en sert… parce que on en a vraiment besoin… Mais bon… fabriquée il y a tout juste trente années et achetée d’occasion au millénaire précedent, depuis utilisée chaque année assez intensivement lors des récoltes de légumes-racine, on ne peut décemment pas trop lui en vouloir de ce petit séjour à l’atelier.

C’est le support du panier secoueur du devant qui avait cassé. Pour expliquer le phénomène par l’image, le chargé de comm› publie ci dessous la photo d’un support non cassé…

et celle du support cassé… il suffit de comparer !

Le Biau Jardinier s’est donc aussitôt lancé dans l’activité démontage / réparation avec l’aide professionnelle de Jean-Charles, réparateur/vendeur de motoculteurs installé à deux pas. Comme à son habitude, il a répondu présent à l’appel au secours du Biau Jardinier. Et l’opération a été rondement menée : disques et baguettes dignes d’une symphonie «électro» çà flashait en rythme dans tous les coins de l’atelier : l’un à la meuleuse pour préparer les ferrailles nécesssaires, l’autre avec le poste à souder (et vice versa).

Ça a fumé… La pièce fautive ayant semblé faiblement dimensionnée à cet endroit particulièrement sollicité pendant le travail d’arrachage, des renforts ont été installés, avec une motivation moins esthétique que pratique :

pour tenter que la prochaine casse ne soit programmée que dans pas mal de dizaines d’années d’arrachages !

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